‹ L'AmériqueChapitre 95 sur 113 · VALPARAISO · texte numérisé non relu

VALPARAISO

fùr^^ir^.

JiL^

Carte dû Valparaiso.

sombre les hauteurs voisines, et ajoutaient encore îi Taspect désolé du paysage. Sur le rivage s'étendait la ville toute couverte de poussière ; Fuue de ces extrémités escalîKlait trois collines oo cetTos^ Tautre se développait à l'aise dans la plaine. Une rue étranglée serpenttdt à la base de la montagne, établissant comme une artère la cirt'ulation entre la ville haute et la ville basse. Enllu parmi toute sorte de constructions, dont les teintes grises et ronges se confondaient avec celles du sol, deux monuments neufs ^talîiient des murs d'une bbmctieur iminacnlée ; le soleil

faisait étinceler sur le premier une croix, c'était l'église ; un caducée surmontait le second, c'était la douane.

» C'est au Puerto que la ville se montre sous un des

plus étranges et des plus sinistres aspects. Entre les trois cerros^ s'étendent des ravins nommés quehmdas. Rien n'est plus misérable que les habitations entassées dans ces quebradas^ rides profondes de la montagne, où fermentent toutes sortes de débris impurs. Les maisons, basses et hideuses, collées par un côté au sol, soutenues de l'autre par des pieux disposés en béquilles, grimpent désordonnées, sans souci du voisinage. Ici une porte s'ouvre sur un toit ; une cheminée vomit des ton^ents de fumée noire dans une fenêtre ouverte; là, des cordes tendues supportent des haillons, d'affreuses guenilles; enfin des sentiers tortueux, rompus et seulement indiqués par l'usage, quelques planches étroites et vacillantes conduisent à certains bouges oti les chauves-souris et les lazzaroni de Ya^lp^'^raiso peuvent seuls pénétrer la nuit

» Parmi les cerros qui s'élèvent dans le Puerto, deux méritent surtout de nous arrêter. Tous deux sont couverts de fleurs et d'hahilations silencieuses. Une société à part vit sur le premier qu'on nomme le Cerro alegre; le second, nécropole de Valparaiso, s'appelle le Panthéon. A peine a-t-on fait dix pas sur le Cerro aleqre qu'on reconnaît aux maisons coquettement peintes, aux parterres embaumés, aux sentiers bordés de -verdure, cet amour do l'ordre et <iu confortable qui dislingue partout les enfants d'AlbiDn. Ici des liabitalions assez basses pour braver les coups de vent^ assez solides pour résister aux tremblements de terre, recèlent un certain nombre de familles qui ont en quelque sorte transplanté la patrie sur le sol de l'Amérique. Ces familles trouvent en elles-mêmes assez de ressources pour former des réunions où les élrans^ers sont rarement admis. Les joies et les fêtes de Valparaiso retentissent à peine au sein de cette paisible colonie; des intérêts commerciaux nombreux et puissants la rattachent seuls à la ville qui bruit au pied de sa montagne.

Dans son livre Au Chili, M. de Cordemoy r^^marque que, dans les rues Prat et Esmeralda, les beaux mai^asins étalent surtout des marchandises anglaises; on vend des livres anglais, des journaux imprimés en anglais : le principal club est surtout fréquenté par des Anglais. Mais les maisons allemnndes remplacent peu à peu les anglaises, et on peut prévoir que Valparaiso va devenir, comme Valdivia, une cité commerciale allemande.

1. La ville so divise en deux parties: Tune, qui couvre une plaine appelée VAlmendral (lieu des amandiers); l'autre, qui borde la rade du commeree et s'élève en amphithéâtre sur trois cerros, se nomme el Puerto. F.a hauteur inégale des trois ceiros les a fait baptiser de noms anglais qui signifient hune de misaine, grande hune et hune d'artimon. Los Chiliens les appellent Saii- Francisco, San- A in/iistin, San-Antonio.

A Santingo, rélément alkmaml gn^ne du terrain î les ingénieurs, lûs professetirs» les métterins qui vieniienl de Berlin on qui sont diplômés dfiâ Facultés ou écoles germ^miques sont prèréréà aux au Ires.

» Le Panthéon de Valparaiso n'est point, comme on pourrait le croire, un liée de sépuJlure exclusivement léservé aux citoyens illusires; c'est tout simplement un cimelièie où la ville ilépoNC SCS morts les plus vul|?aires, en faisant payer par les unsj un CPrtahi dioit d^nhumalion, en jetant les autres dans des fosses communes, près de la place réservée aux protestants..... Dès rcnhte, une atmosphère cliam^e d'émanations suaves^ surprend et réjouit Toilorat. La rade azurée apjiaraît, couverie de navires et sillonnée de [^eriies Iiarpies; |mis, à travers une rumeur confuse, l'oreille charmée distin^'-ue le chant jivyeuï des Iravail leurs et la plainte incestiante dt-s flots. Rien n'est moins fnnèbre que ce cimetiôie grimpant et fleuri, où jïazouille» voiiii^e et fotàtre timt un monde d'oiseaux, do papillons et d*iu>ectes. Le:^ sentiers, sablés et ratisses avec soin, séparent des plates-bandes cou vertes de tombes coquelles» montrant leurs robes blanches sous les rosiers et les chèvreleuilles; des rameaux vagabonds couronnent les urnes cinéraires» des guirlaîides sont suspendues aux bras des croix. Les cyprè^^, fif au leuillafje sombre, le saule aux rameaux éplnrés, semblent bannis de ce parterre, où les rosit^rs festonnent les arbres^ auxquels ils ont à regret cédé une place. Au milieu de l'allée principale, un cadran solaire, muni d'uu canon de cuivre, semble marquer ironiquement les heures de réternité^.

1) C*esL (Lins l'Almcndrai, c'est sur le marché de la place d'Oré^o qu'on renconlru les campagnards des environs de Valprjraiso* Les vendeurs, abrités par une natte que sontieonent des piquets, étalent sor un lapis des fruits et différents comestibles. Ce sont des melons moins sitcrés que les nôtres^ des sandios^ sorte de nielous verts ao dehors, sanglants à l'intérieur, fort appréciés des

1. A SanLia^o, comme à Valparaîaû, le cimeUèru appdé aussi Pauthêan n'cvûdle pasi d'idéo<t funèbres^ »veo ses ]«jgea nlléBS ombragées el Ûeuneg. M Unti prirLiculiHié iticooDuc en France^ ee sùhI les nichea aci^olé^-^ «or plufi[eur« éUgui^ cLma d'épnhitei miiirailles; on acbèle une niche romm^* une itoqoes» 0 i^ ei \\m y oiiiiËnle \^^ cercuËÎlH. Les êhIl'i remenls ne res.ntjmhlctU nullemenl aux o&tres; la maman mortuaire n'e-^t iniiiiiuè^ par aucun f^iiïQe upparcnl; le CfT'ueii Ir^'s Itixiieux ut plaeé avec usitinration daos un ûoriillnnî vitré» eat enltve au grand g^alr^^i; auadi l{;a parent? et ami», paa les remmea, smvent-il» tous en vuinire. On »« rend ilireotiîtnenl, san» panaer par Tûglisp, au çîineli^re,où eoat dites quelques ripide^ prière,''. Les mi'«=«s mortiisiiroa Mt»ni ré!!i<^rvéev nu x grandi peraonnngei. Pas de bouts de ran* L'oubli. » (Uc Cohdemoy, iiii Chili, p, 130.)

habitants; enfin les oranges, les raisins, les pommes et sur tout les fraises, qui semblent être là dans leur vraie patrie. Parmi les mets nationaux, on remarque le maïs cuit, écrasé et sucré avec le miel, nourriture rafraîchissante et purgative, en grand usage surtout durant l'été ; la charguican^ viande séchée au soleil, hachée même et mélangée avec de la graisse, de Vaji et de l'oignon ; la casuela^ ragoût de poulet assaisonné aussi avec force aji et oignon. Vaji^ cet enragé piment, se glisse partout ; quand on a la bouche à l'épreuve de ce condiment énergique, on peut sans crainte avaler des charbons ardents. La boisson favorite du peuple s'appelle chicha. D y a plusieurs espèces de chichas ; la chicha de aloja^ faite de maïs et de pois ; la chicha de mançana où la pomme broyée entre comme principal ingrédient, enfin la chicha de raisins écrasés et non fermentes. Une écume permanente semblable à un petit dôme neigeux surmonte ordinairement les flacons de chichas et fait croire à première vue qu'on les cacheté avec du coton

» Le climat de Valparaiso est perfide; les tourmentes, les tremblements de terre affligent tour à tour cette partie du Chili. Le vent du sud et le vent du nord y sont redoutés comme d'implacables ennemis. L'un vient de terre et soulève une poussière fine et brûlante qu'il porte an loin comme un brouillard sur les navires ; l'autre vient de la mer et pousse d'énormes vagues vers le rivage. Quand le premier de ces vents souffle (ce qui arrive presque tous les jours durant l'été), la ville se voile d'un nuage doré, la mer se couvre d'écume. Le vent du sud se déclare vers midi, et pendant qu'il règne, le ciel conserve un azur irréprochable ; enfin, quand le soleil abaisse vers les monts du couchant son disque radieux, les rafales deviennent plus rares, puis elles s'a fl*aiblissent avec la lumière décroissante, et la nuit semble faire descendre avec elle le calme le plus profond sur la te^re et sur les flots.

» La baie de Valparaiso est sans abri contre le vent du nord. Pour peu que ce vent souffle avec furie, la houle devient une montagne dont la crête déferle en rugissant. Malheur aux navires assez imprudents pour rester au

mouillage ou pour ne pouvoir le fuir ! En vain ils roîdiront leurs câbles et se cramponnerontaux roches sous-marines de toute la force de leurs ancres ; câbles, chaînes et ancres seront impuissants à les retenir ; ils dériveront avec rapidité et s'en iront à la côte renouveler le drame horrible de 1823, où dix-sept navires furent mis en pièces sans qu'il fût possible de sauver même l'équipage de plusieurs

d'entre eux

)) On peut se garantir des fastidieuses tourmentes du

sud en restant chez soi et en tenant portes et fenêtres closes, mais un fléau qui déjoue toutes les prévisions humaines vient sans cesse crier au Chileno im mémento mori; ce fléau est le tremblement de terre. Les trois éléments s'émeuvent. Les volcans crèvent le sol, soufflent la flamme et vomissent des flots de lave et d'asphalte, parfois môme ils chassent de la mer, en colonnes de fumée noire et empestée, leur haleine infernale qui couvre la grève de poissons asphyxiés. La mer, violemment secouée, s'éloigne des côtes, puis tout à coup, elle revient furieuse et semble pousser ses flots à la conquête de l'ennemi qui la trouble. Il se répand dans l'air certains symptômes mystérieux, alarmants, qui se manifestent par le vol inégal et incertain des oiseaux. Les animaux devinent instinctivement le danger, les chiens font entendre un hurlement plaintif, les rats désertent leurs retraites souterraines, et les chevaux hennissent comme à l'approche d'une bête féroce. Nous avons assisté quelquefois aux scènes de terreur qui suivent ces horribles secousses. Je me souviens d'un tremblement de terre qui troubla ime tertulia des plus animées. On dansait, tout à coup un grondement sourd retentit, les vitres frémirent comme ébranlées parle passage d'un convoi d'artillerie, les lampes vacillèrent et la maison trembla de la base au faîte. Un cri de détresse s'éleva, déchirant, unanime. En un clin d'oeil le salon fut vide. Nous courûmes vers le balcon. La lune éclairait la rue ; une multitude bruyante, éplorée, la remplissait. Les habitants agenouillés dans la poussière, se frappaient la poitrine, Rendaient vers le ciel des bras suppliants, et ces mots : Mtse^ncordia! Ay de mi! répétés par cent voix, dominaient

AMÉRÎOUIÎ DU SUD.

mi

la mmeur. Après dix minutes d'aUenLe, rinquîiUude se calma, le brait s'éteignit, et chacun se hasarda h rentrer dans sa demeure. En voyant pendant ces quelques instants rimpassibililé des hommes faire place à une émotion qui baignait leur front de sueur, nous avons compris que ce danger était îe seul, peut-être, dont î'habitode ne tempérait jamais répouvante. » Max Hadiguet\

Souvenirs de f Amérique E&pagnùie,

[Paris, iQ-S«, 1S75, M. Uvy.)

« Pour bien voir Santiago, il faut se rendre au Cerro Santa* Lucia, moiiticule de Ijasalte qui s'élève au milieu de la villei à une hauteur de 70 mètres. Ce n'était, il y a quelques années, qu'un rochei' ahrupt j on vient de le convertir eo jardin do plîtisance, avec statues, terrasses, cascades, grottes et tunnels. La rnoQtagne a été sculptée, et pour ainsi dire ciselée comme un bijou. On y voit des fortifications en miniature, une chapelle, un caivaii:ei un café- restaurant, un observatoire et jusqu'à une école de natation. De plus, elle est couverte de plantations diverses où dominent les eucalyptus, les orangers, les myrtes, les géraniums, les rosiers, et plusieurs variétés d'agaves, qui dtjà atteignent des proportions considérables. Une statue y a été élevée au fondateur de Santiago, don Pedi-o do Val dl via, qui, le 15 décembre 1540, à la tête de iSO mnqui$tadQret, arriva le premier en cet endroit, qu'il nomma Sainte-Lucie, et y conçut le plan de la cité» Au sommet, on a construit un petit observa^ toire, d'oii l'on découvre ufi panorama splendide sur la grande chaîne des Andes, dont les cimes, d'une blancheur immaculée,

i. M. M&iiiuj.ljeu-Heiiâ HadijfUtit, oé an 1S16 à I>&[iid:eriieaLi, accompagua eu iâ3^fi le» pléuipotentiairei fraocats ohargéd da traiter toe qiiostioiiB d'indsinuité bvcio ta république d'Halli. £d 1S41-45, il ût, fin «{tiaHté da s&cràtaire da raïuîrat du PcUl-Thouara^ la campa ^e de ta Reme-Blanrke dans l'OcéaDiQ, Kl pubtia daD8 divBLa racufiîEt im grutid nombre d'articteA de voyages eL do titti^ ruturu, ISTil&t sooft aon nom, tanldt aoufi deâ p&uudonjmeid. Oulre roa?rAg[B dont DOUi« doonoaa un extrait^ U a éorit lua Derniers jfativageSt «iiuveoirs dea llei Marquise» (18ft€}, et ptiiftiaani ouvrage» d'art.

t. Depuis 1^63,1100 voie ferrée réuait lo port de VatparaJ»o à ta capitale potitic^ae du la Hépubtiqufl, Santiago ; la dlsilancte est de tàS kitomâtrei. A mi •route i« trouva ta statiûo de LIai-LIai. d*où «e détache remtiraochemiînt de Saiota- Rose des Aodes» destiné un jour à rejoindre, à iraver» la Gcrdiltâf«^ te réseau des cbcmins de far argentins, et à établir ainsi une commuaicaUoa rapide eolre Bnenutt Ayres et Valparatsa. Ators od do mettra plus que trois ou quBire Jourt pour un trajet qiiiea demande anjoui'd'bui quinze ou vingt, «tque Ion ce peut acoamplir que peadMit la tiette aaiion. {E^ CoUeau^) Le 7 juillet ISii^ tes jatirnaux ao Buéous-Ayrefl oot annaueé l'iaauguratloD du ehemin de fer trausaudm.

AKÉarQHË.

aj

ressplendisseat sous les rayons du soleil. Grâce à la liiiipiilité de ratrausphère, oo dialiogue sans peine les glaciers suspendus aux flancs de la montagne**. Sur le premier plan s'étenilent Jes innomhraliles ruaisons de la cilé, |>pe!*que toutes basses, mais renSVrniant plusieurs cours ou patios et jardins, de sorte qu'elles orcupent uoe immeuse étendue; elles sont peintes de vives cûuk'urs, parmi lesquelles dominent le blanc, le jaune et le bleu dt- ciel. Les rues se coupent à angles d toits, et sont sillonnées de nombreux tramways. Une foule de elacbers andllcolores se dressent au-dessns des toits ronges; rà et là apparaît le feuillant* sombre de Vtwaufmriti, ou bien TéléiLjant panache du jtibea iipcctabilis, le seul palmier qui ctoît dans les jan lins de Santia^^i. Hors de Tenceinte de la ville, s'étendent^ le long de routes plantées d'arbres, d'interminables faubourgs qui vont se perdie an loin dans ia campagne. » E. Coiteau^

Promenade autour de VAmériqiœ du Sud, (Paris. i873, în-8*.)

La plus belle ave Que de Saiitîîiiro est FAlameda, longue <f ime lient?, large de .'îtl â 80 mèlreài munif iVuuQ allée rei]lral« iprundîrofïent irois rangées d'arbres, et qui t^i réservée auï piéton^. TeUe vuie tritun pluie est ornée deà statues des gninds hommes de hi Répivbli<me : Cairtra, S;iii Martin. Olli^gias, Tabbé Molina, etc., « tous sous rœil de Christiqihe Ct)lomb, dont le bfiste est \\he.e au îïunnnii'l d'uite lifîaLe colonne *'. L'i pi as jûlifî promenade est \r Quinta NormaL rénnion du Jardin 4i3S PUintes, du JîJrdîu d'acLlimalâtioti et de lEnohî d^figricnllnre. Deux Fran- ^m, y\M. Le Feuvre et Hesnard, ont présidé â leurs dévelo[ipenîeiils (iratiques; deux autres, MM. LenietBver H Latasle, y prnf»^^>ei!it la rhiniio aî:ricûleet riiiàtnireaaturelle; unîtvembredenotre Académie des scicntes, M. Clîjude Gay, longtemps pensioanaire du couver ne ment cUUien, a enrichi les collections du Musée.

t^em illiieii ilii Cliill.

M Com tuent n'être pas frappé de la riçbesse minière de celle contrée, oîi le minerai de ctiivre, d'argenl ou d'or est aussi commun que la pierre? Depuis trente ans, le district a donné potir un milliard et demi de produits, et ce qu'il peut Ibumir encore est incaJculable. Mal beiire use ment, la cherté de la nniiii-d'œuvre est telle que les dé|>enses d'exploitation dépassent le plus souvent les prolits des petites entreprises, Nous soiinues ici dans le pays des fortujies ra-

1. Nous avons déjà <:ité de M. CoitGaa un naorcean Rur Wa-^liinprloti (p* 170). Sm Promenades autour dtfn deux Amériques *ont louN** ^ti^ines d'obstTvationa et de peinlarea mlérB»>«ftfiteâ* M. Colleftti & fait en 188U, ûa PariB au Japoo, par ta voie de terre {Sibérie}, une excnrtion de 16 00O kiloptètnis.

604 LECTURES ET ANALÏSES DE GÉOGRAP.HIB.

pides, des coups de chance et des coups de pioche donnant des millions; les habitants se ressentent de ces émotions : ils font un peu l'impression de ces joueurs qu'on rencontre autour du tapis vert. Naturellement on n'entend parler que de mines, de filons, de lingots, des endroits fameux fouillés avec fureur, et puis des déceptions et des revers ! Le terrain lui-même est en rapport avec cette fièvre des chercheurs : partout, dans le désert et dans la montagne, on aperçoit des Irons de deux mètres de diamètre environ, ayant des profondeurs parfois considérables. Le mineur, qui a cru trouver un filon, a fait le puits en s'aidant de la pioche, lentement, car il faut environ un mois à un ouvi»ier seul pour avancer de huit mètres ; il doit porter sur son dos, dans une hotte, le minerai arraché du sol, et remonter à la lumière par les saillies du rocher, sans échelle et souvent sans corde. Quand il a travaillé ainsi pendant plusieurs mois, fréquemment le bénéfice ne se trouve pas suffisamment rémunérateur; il abandonne alors sa mine : un autre la reprend, et c'est parfois le quatrième ou le cinquième propriétaire qui arrive enfin à la richesse, en trouvant une veine bonne à suivre.

)) Je suis allé visiter, dans les environs, une mine de cuivre exploitée d'une fîiçon mieux entendue ; le travail y est des plus simples : une roue, mue par un cheval, retire le minerai du filon dans des galeries à plus de 100 mètres de profondeur : en haut, les blocs sont réduits à coup de pioche en petits morceaux, puis envoyés aux fourneaux. Le rendement de cette mine était assez fructueux ; elle donnait, sur une tonne de minerai, 40 °/o de cuivre. Le propriétaire me dit qu'il traitait à forfait avec ses ouvriers et partageait avec eux tous les bénéfices : ceux-ci peuvent s'élever tout à coup dans des proportions considérables, car on ignore ce que l'on trouvera le lendemain : qui sait? peut-être de l'or.

)) Un peu plus loin, nous visitâmes une mine d'argent. A quelques lieues de Copiapo se trouve un gisement fameux de ce métal, dans un endroit du nom de Chamacillo; cette mine a produit jusqu'à 50000 kilogrammes d'argent pur

AMÉmOUR DU SUD.

n une année, La montfi^ne qui en renferme une si grande abondance est divisée en pins de deux cents propriétés, et la quantité de Irons dont elle est perforée de tontes parts la fait ressembler à nne garenne remplie de terriers. L'argent est dégagé des matières étrangères avec lesquelles il se tronve mêlé par les mêmes procédés que ceux employés pour Tor : pulvérisation, lavages successifs et amalgames. Après ces différentes manipulations, on sort du four des blocs en forme de cônes pesant de 150 à 200 livres.

» Dans le musée du collège provincial, j'ai pu voir réunis tous les spécimens des richesses minérales que renferme la province à*Atacama: ce sont de curieux écbantiDons d'argent natif en barres, en feuilles, en coulées, en filaments enchevêtrés, tels qu'ils ont été trouvés dans le sel ; puis de Tor, du cuivre, des améthystes, des cristaux* J*ai été surpris de trouver là des blocs d'une houille d'excellente qualité qui, me dit-on, se trouve en grande abondance dans un rayon plus étendu; cependant ces mines sont à peine exploitées, chose regrettable dans un pays où Ton a un si grand besoin de ce combustible» On a découvert aussi dans la Cordillère des gisements de borax : encore toute une richesse pour l'avenir, car jusqu'à présent le Pérou est le seul pays, dans l'Amérique du Sud, qui en hvre au commerce.

» Atacama est comptée, pour sa production minière, comme la plus importante des provinces du Cliili, et le chiffre de son exportation s'élevait, *^n 1875, k plus de 68 millions de francs, »

Comte Charles d'Uhsel, Sud- Amérique,

(Paria, ISSO, iti-lS, Pion.)

Le Cbili est le pays du monde qui fournit la plus grande quauHté de cuivre. Ce meta) se trouve pjirtout^ toutes les muntai^nes en recèleot quelques liions : relies de Coquimbo^ d'Aconcsi^ua, dt; Sjrnihigo, d'Aramo, de Cliilog renferuient les dépôts les plus rklies. Atacaaia se disltague surtout par ses gisemeuls d'or et d'argent. Autour de la capitale de cette provincej Copiapn, se groupent des gUea argentirères numbreui^ les uns en exploitaUao, les autres déjA exploités.

Ceui du ChHriiMcillo et û*t Tres-Punlas, découverts en 1832 et 4848^ ont fourni en quarjule-sept mn na millitiu et demi d'argent pnr. Toute-

606 LECTURBS ET ANALYSES DE GÉOGRAPHiR.

fois les gites aujourd*huî exploités sont moins nombreux. En 1863, suivant le docteur rhilippe, on travaillait à 509 mines d'argent, 116 de cuivre et 10 d'or dans la province d'Atacama. En quarante-cinq ans, de 1844 à lftS8, le Chili a exporté Ténurme quantité de 1 401 701 712 kilogr. de cuivre fin d'une valeur de 467394000 pesos (soit 2336970000 francs). Dans !e même temps, Texporlation du minerai d'argent s'est élevée i a[)63941 kilogr. valant 148041792 jjesos (soit 740208960 francs).

On traite I or et le plomb argentifère au Chili; on a exploité quelque temps du mercure à Punilaqui; les minerais de cobalt et de nickel ne sont robjel d'aucune industrie; on les exploite seulement et on les vend à l'état uù ils se présentent en nature pour être exportés en Europe.

On sait qu'à la suite de guerres sanglantes et fratricides qui, sous les présidences de don Annibal Pinto et don Domingo Santa-Maria, ont éclaté entre le Chili et les deux républiques alliées du Pérou et de U Bolivie, le Chili vainaueur s'est fait céder par les traités de 1881 et 1884 les immenses territoires d'Antofagasta, Tarapaca et Tacna. Ces régions désertes et incnlles, parsemées d'immenses dépressions lacustres et de marais salins, fournissent aujourd'hui à la république chilienne d'opulentes sources de revenus. L'exploitation des guauos, des salpêtres, des borax a pris dans les provinces annexées un développement considérable. Les gisements de nitrate de soude sont si abondants que de nombreuses sociétés élran- Rères, presques tontes anglaises, y ont engagé des capitaux énormes Tenviron 190 millions); un Anglais, qui est un des plus gros actionnaires àe ces compagnies salpêtrières, le colonel J. T. Nortb, a été surnommé le roi du nitrate. La province de Tarapaca, qui s'étend sur 50000 kilomètres carrés et compte 46000 habitants, est le centre d'exploitation le plus renommé. Suivant M. Kunz, agent allemand au service du gouvernement chilien, l'exportation du salpêtre, qui s'élevait en 1886 à 453 millions de kilogrammes valant 96 milhons de francs, est montée en 1888 à 784 millions de kilogrammes évalués k 169 millions de francs. En dix ans, il en a été exporté près de 5 millions de tonnes valant pins de 2 milliards 200 millions (Je francs. On estime que la pampa Tamarujral, où se recueille le salpêtre, en contient encore 50 millions de lonnes.

« Le principal port d'expédition est Iquique, ville en bois monotone et désolée, avec une demi-douzaine d'arbres blancs de poussière, piteuse oasis artificielle dans l'immense steppe saline brûlée de soluil. Les maisons sont des baraques; elles consistent en quelques pieux réunis par des hilles transversales, et recouverts de toits en zinc; elles semblent construites provisoirement pour abriter quelques nomades; du reste les tremblements de terre les ont souvent renversées. Iquique est réuni au port de l'isagiia par une ligne de 200 kilomètres de longueur, qui envoie des embranchements vers les principales exploitations. La terre a salpêtre, dite caliche^ se trouve générnlement à un mètre au-dessous de la surface du sol. Sitôt enlevée, elle est transportée à dos de multi, souvent sur 4 ou 5 kilomètres, jusqu'à ta machine qui extrait le salpêtre par la cuisson. Le salpêtre ainsi obtenu est délnté en gâteaux et expédié en grands sacs. Les pays principaux de destination sont l'Angleterre et Hambtuir?. »

Pénible est la vie des ouvriers; sous un climat sec et biiil.mt, l'eau

3u'ils boivent doit être distillée sur place; les lentilles, haricots et mais ont ils se nourrissent leur sont apportés par le chemin de fer et vendus fort cher. Le taux élevé des salaires (10 a 25 francs par jour) seul les attire et les relient. On en compte environ 12000 dans les 50 salnôtreries exploitées, pour la plupart Boliviens et Chiliens; ils oITrenl peu de garanties de moralité : on y compte plus d'un forçat évadé ou d'un déserteur, ou

AMÉRlQUli DU SUD.

d'un criminel recherché parla justice. Un voya^îeiir amérîcaiûi M* Théo-

^^ dore Cbild, qai a \h\lè ieurs campements ea IMUÛ, signale la force et la

^^ résista n<"e de cas travLiiileiir&, les j-ieones, croisés de sang indien, avec qui

^Vtuckin Enropéea ne peuL rivaliser pnor rendurjince et la vigueur corpo^

relie, et qui voient duo iniiuvais œil tes colons des autres pay ri atlirésjiar

les aanooces faJIacieuses dcà agences. (Voy. Nouvelles géograpkiqueif 1891.)

^L M^Sk Terre de Feu.

L'archipel de la Terre de Feu se c<fmpose des ilss comprises entre 52^30' et 5Ct> de laL S. el GG^» et 77" de long* 0. Il a& compose d'un

Igrntid nombre d'îles el dlfots, dont les plus luipoHanta sont : l'Ile des Etats^ file iVavarin. llle llosli, l'ile Gordon, au sud; les iles Clarence^ de fié&ylalion, Dawson, à Touest; en On la grande Me de la Terre de Feu au nord et à Test.

La Terre de Fen est separâe de la Patagonie et de la presqu'île de Brunswick par le détroit de Magellan. Basses et tuarécageuses vers le nofd, 8ur le liMorai, les terres s'élèvent et portent des raontagneR, dont quelmjes-uiies, comme le mont Sarmiento et le Darwin ^ ont plus de 200(3 mètres d'altitiirlc. Klles àunt arrosées par des rui-sscaux rapiJes, courts et sinueux; quelques-uns^ ne trouvant pas d issue vers la mer^ forment des étangs ou lagunes dont les eauï ont une couleur blanc sale et sont désagréables au goiit* Le chraat est rigoureui ; de mai à oclobre, la neige recouvre te Sûlj et d'octobre â janvier, tes gelées blanches couvrent les herbes des

Slaiue^ de cristaujt éclalantâ; de février k mai» le suleil inonde Farchipel eses myons.

La ualuredu sol et les productions ne sont pas les mêmes au nord et au sud* Au nord, oû ne rencontre que de rares birisions formés par le

■ groseillier qui donne le cussis^ el cm arbuste dont la baie est d'uir noir violacé et tacbe tes doigts. Cette baie est appelée cahifaut par les Clîilieas Patagoos qui en sont très friands. L'herbe n atteint jamais la hauteur d'un pied, et die est desséchée par le vent presque avant de fleurir. Cette vaste plaine oiïre Fi mage enlaidie des pampas et de la Patagonie. La ïone méridionale^ au contraire, n'est qu'une « immense foret vierge d'arbres séculaires et déjeunes taitlis verdoyants, eulrtîcoupéed'éclaircies formées par des fonrlrières, dans lesquelles les chevaux entrent jusqu'au poitrail* L'essence uni^jue de ces forêts est le robbte^ espèce d'orme, qui atteint de grandes hauteurs, pousse tout droit, et dont le tronc, à la base, n'a jamais plus de i«',5U de diamèlri*. >* Le bots est employé i Punta-Arenas pour la cooslrnction des maisons,

La faune de ces routrees est très pauvre. Dans la famille des carnassiers, on ne connaît que deux espèces; le renard el le rbieu. Parmi les herbivores, le guanaco, qti'ou rencontre tantôt isalé, ttiuLôt par bandes de sept ou huiL 1! a la tuille d'im cerf, hanle le^ vallées ferhlt-s en pAturaires et, l'hiver, se rapproche de la mer. Les sauv:iges U chassent pour le manger et pour se vèlir de sa pesii. Les rats abondent dans ces sohtudes et sillonnent le sol de leurs galcrtes souterraine*; l'homme et le cheval t;'y cnfonnent jusqu'au genou, presque à chaque pas. Les Fuegiens font a ces rongeurs une guerre acharnée, mangent sa chair et fuut des vêtements de sa peau. Les oiseatix, aigtes» hibouit, cygnes, ores, canards, sarcelles, bécassines, perruches, merles, mouettes, pingotiin^, alh?{tro$, etc., snnt innombrables; les bâties sont remplies de marsouins et de thons, de crabrs, de lunps, lions et éléphant:} marins, de moules et de coquillages de tout** espèce.

« Les indigènes de la Terre de Feu appartiennent à la race rouge de TAmérique méridionale* Moins grands et moins fortement charpentés que les Patagons*, leur taille dépasse cependant la moyenne et peut varier entre 1",75 et 1™,70; leur tète est étroite et longue, le front est déprimé, les pommettes sont saillantes, les yeux noirs et petits ; le nez est bien fait et mince, la bouche grande, les lèvres ne sont pas très grosses, les dents sont blanches, petites et bien rangées, les cheveux abondants, noirs et gros. Hommes et femmes les coupent sur le front, absolument comme nos élégantes actuelles^ pour ne pas en être aveuglés, et non par coquetterie. La poitrine est étroite et bombée, les jambes et les bras sont longs, le buste est court. Ils ont l'habitude de s'épiler tout le corps. Leurs vêtements consistent en une cape de guanaco, assez courte, jetée sur les épaules et retenue aux reins. Les hommes ne portent que ce semblant de vêtement, les femmes portent en outre, quelquefois, un tablier fixé aux reins, très court, et fait en peau de rat, de renard ou de guanaco; ils n'ont ni chaussures, ni coiffure et ne portent aucune espèce d'ornements dans les cheveux; les femmes n'ont ni collier ni bracelet. Les enfants vont tout nus.

» Leurs armes consistent en un arc de 3 pieds de corde environ, sans ornement aucun, et en flèches de 2 pieds à 2 pieds et demi, dont la pointe n'est armée d'aucune espèce de dard.

» Essentiellement nomades, ils voyagent par familles com-

1. o Lorsqu'on parle des Patagons, les premières questions que dicte la

curiosité concernent la gigantesque stature que Ton attribue à ce peuple

La stature moyenne des Tchuelches du Sud dépasse rarement l^.TS, quoique

i'en aie vu plusieurs ayant 1°,83, et quelques-uns même atteignent 1",93. La argeur de leur poitrine et le développement de leurs membres ne peuvent manquer d'attirer Taltention de celui qui les voit pour la première fois. La stature moyenne des femmes varie entre 1"»,50 et l^iSO.

» Aussitôt que les poils de la barbe et de la moustache commencent à

pousser, les Patagons mettent le plus grand soin à les épiler au moyen d'une paire de petites pinces d'argent et d'un fragment de miroir... Le costume des hommes comprend d'abord un vêtement serré autour de la taille, et qui a nom chiripa. Il est fait soit de toile, soit d'un poncho (tunique sans manches), soit d'un vieux pan de drap, ou de peaux de guanacos. Le manteau est retenu au moyen d'un ceinturon fréquemment recouvert d'ornements en argent, et dans lequel le Patagoa met son tabac, son couteau et ses bolas pour la chasse aux autruches.

» Les pieds sont protégés par des bottes àe potro^ faites de peaux provenant des jarrets ou des cuisses du cheval ou du puma (cougiiar). Une seconde chaussure, en peau de guanaco, recouvre quelquefois la première. Comme on l'imagine, les Patagons, lorsqu'ils sont chaussés de la sorte, doivent faire sur le sol des empreintes démesurément grandes, d'où vient leur nom de Patagons^ hommes aux grands pieds. » (J.-C. Muster. Les géants de la Patagonie^ trad. deLancasler; Revue britannique^ février 1873.)

AMÊtnOUE DU SUTI.

posées du père, de la mère et des enfants quand ils sont en liûfi âge. Quelquefois plusieurs familles se réunissent et marchent sous la conduite d'un seul chef, prohablement le plus kgé. On ne les rencontre guère que sur le bord de la mer, près de 1 embouchure d'un cours dVau ou dans le voisinage des lacs. » Quand ils uol Irouvn un endroit ùix les moulas et les coquilltges sont en abondance, ils y sejourneût jusqu'à ce

L« Fuéglen

qulls aient épuisé les provisions que la nature y a rassemblées, occupant leurs journées à chasser le rai, le canard, le guanaco et à préparer les peaux. Puis, quand la contrée ne suffit plus que difticilement à leur nourriture, on plie bagage» #»t Vnn SQ met en mule à la recherche d^un nouveau campement. Bientôt la fainilLe arrive sur le bord d'un ruisseau ; aussitôt on fait balte» on creuse on trou dans la terre, en ayant soia de rejeter les déblai» du côté de Touest pour s'abriter du vent. tes uns s*en vout ensuite ramasser quelques brins d'herbe

sèche qu'ils jettent dans le trou pour faire le lit de toute la famille, tandis que les autres Tont à la recherche de la nourriture. Si le campement est près de la mer, les moules, les oursins, les gros crabes et les coquillages fournissent amplement aux besoins de toute la famille; si au contraire il se trouve à l'intérieur, les canards, les oies et les rats leur assurent un menu plus délicat et plus substantiel. Le feu est ensuite allumé dans le trou môme, ou tout auprès, et Ton jette sur les charbons les moules ou le gibier. Quand le soir est venu, hommes, femmes et eo&nts s'entassent pèle-môle dans le trou pour j passer la nuit.

» Si la famille a dioisi son domicile de passage sur la lisière des forêts et à proximité d'herbes sèches, on en jette quelques brassées sur les plus basses branches pour former une espèce de toit qui abrite de la pluie; d'autres fois, lorsque la forêt est trop épaisse pour qu'on y puisse camper, les sauvages coupent quelques gaules qu'ils fichent en terre verticalement, recourbent en forme de berceau et par-dessus lesquelles ils jettent soit des herbes sèches, soit du feuillage. Ce sont ces constructions plus qu'élémentaires et dans lesquelles il n'y a d'abrité que la tête, qui ont dû faire croire aux navigateurs que les Fuegiens se construisaient des huttes en forme conique. Quand, pour une cause quelconque, on se décide à lever le camp, on part sans s'occuper d'éteindre le feu. Celui-ci, activé par le vent, se communique aux herbes, aux broussailles; un véritable incendie éclate accompagné d'une fumée très épaisse. De là l'origine de ces véritables colonnes de fumée que l'on aperçoit si souvent sur la côte, quelquefois même pendant une quinzaine de jours, et qui ont peut-être fait donner à l'archipel le nom de Terre de Feu. Là où ces feux sont allumés il n'y a jamais d'Indiens.

» Il ne nous fut donné que deux fois de surprendre des campements de Fuegiens. Le premier n'était occupé que par cinq individus; le père, la mère et trois enfants. Le père et le plus âgé des enfants nous échappèrent; nous ne parvînmes à atteindre que la mère et les deux plus jeunes enfants, dont un encore était à la mamelle. Ils étaient tous les trois d'une saleté repoussante; la mère seule portait un semblant de vêtement consistant simplement en une cape de guanaco qui lui tombait à peine jusqu'aux genoux. Le père, que nous aperçûmes au loin, portait une cape beaucoup plus ample : quant aux trois enfants, ils étaient complètement nus. Nous les

AMÉHIOUB DU SUB. 611

avions interrompus probablement dans une grande chasse aux rat4*, car la femme nuus oÏÏni, en échange de petits cadeaux que Dous lui fîmes, un piiquet de peaux de ces intéressants rongeurs ficelé avec une petite lige de jonc, et sur lequel elle 8*élmit assise pour le cacher à nos reg'anis.

)) La population t'sl presque exclusivement composée de ces misérables Peaux-Rouges. Cependant depuis quelques années les Anglais ont un élablissement ou une mission, que le gouvernement chilien ne fait que tolérer. Il est difficile d*évaluer le nombre des Fuegiens; je le crois iafôrieur au chiJfre de i 000 individus. 11 est facile de comprendre, en eli'et, combien, en hiver, la mort doit faire de cruels i-avages parmi les enfants et les adultes sous un climat aussi rigrmretix, et chez des êtres aussi déshérités. » G. Mah^îcin, la Terre de Feu.

[BulUtin de ia Suctéié de Qéngraphk, novenibro 1875.)

Voy» Ramon Lista. Vùije ai pain de. lox Ona^ ; Tierra del Furfjo, Baeaoê- Ayn», 18.S7, 'm-f^*; — PoppEa, Exptiwntimi tU ta Ttrre de Feu, Bull, lift VlusL géo^T. .irp^itlio,1S91 ; — Huot» Aottuttlex fj^(/r.t 1S02* — âiis$iûn du capBùrn^ t. Vil. tSOÎ, ia-4*.

M. Darwin raconte eu ci^s termes l'entrevue qu'eut l'équipage du Ikagîc avec les indigènes Fuegiens :

« Notre principal in le Hoc u te ur, un vieillard, paraissait être le chef de la famille; avec lui se trouvaient trois magnifiques jeunes gens tort vigoureux et ayant environ six pieds; on avait renvoyé les femmes et les enfants. Ces Fuegiens forment un contraste frîippant avec la misérable race rabougrie qui habite plus à l'ouest, et semblent proches parents des farneux Piitfi^muiefis du rlétrnit de Magellan. Leur seul vête EU eut consiste en un îu an tenu fait de la peau d'un gnanaco, le [loil en deliors, ils plkMUcê manteau sur leui^s épaules et leur personne se trouve ainsi aussi sou veut nue que couverte. Leur [jeau a une couleur rouge cuivrée, mais sale»

ï> Le vieillard portait sur la tête un bandeau surmonté de plumes hlancbes, leipiel retenait en p.irtie ses cheveux noirs, grossiers et formant um^ masse impénétrable* Deux bandes titans versales ornaient son visage : Tune, peinte en rouge vif, s'étendait d'une oreille à l'autre en passant par la

lèvre supérieure ; Tautre, blanche comme de la craie, parallèle à la première, passait à la hauteur des yeux et couvrait les paupières. Ses compagnons portaient aussi comme ornements des bandes noircies au charbon. En somme, cette famille ressemblait absolument à ces diables que Ton fait paraître sur la scène dans le Freyschûtz ou dans des pièces analogues.

I) Leur abjection se peignait jusque dans leur altitude, et on pouvait lire sur leurs traits la surprise, Tétonnement et rinquiétude qu'ils ressentaient. Toutefois, dès que nous leur eûmes donné des morceaux d'étofTe écarlate qu'ils attachèrent immédiatement autour de leur cou, ils nous firent mille démonstrations d*amitié. Le vieillard, pour nous prouver cette amitié, nous caressait la poitrine, tout en faisant entendre une espèce de gloussement semblable à celui que poussent certaines personnes pour appeler les poulets. Je fis quelques pas avec le vieillard et il répéta plusieurs fois sur ma personne ces démonstrations amicales, qu'il acheva en me donnant en même temps sur la poitrine et sur le dos trois tapes assez fortes. Puis il se découvrit la poitrine pour que je lui rendisse le compliment, ce que je fis, et ce qui parut le rendre fort heureux. A notre point de vue, le langage de ce peuple mérite à peine le nom de langage articulé. Le capitaine Cook l'a comparé au bruit que ferait un homme en se nettoyant la gorge, mais très certainement aucun Européen n'a jamais fait entendre bruits aussi durs, notes aussi gutturales en se nettoyant la gorge. »

Ch. Darwin',

Voyage d'un naturaliste autour du monde,

Trad. de M. Ed. Barbier.

(Paris, éd., de i875, in-8», Reinwald.) 1. Sur Darwin, V. page 419.

AMÉttlQUE DU SUD. 613

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lii;. '

TABLE ALPHABÉTIQUE ^^^H

DES ÏÎOMS d'états, DE VILLES, FLEDYES, RIVIÈRES, LACS, ETC. ^H

Alleghanya (monts), 1, 4T 62, 121, 134,

AMété, 528.

AblnetoD, 403.

Abraham, 68.

Alliï^bany (riv,j, 121,

Acadie, 32, 33, 49, 54,

Allemagne, 69, 126,

Amérique aii^laisf!, 135. ^^M

AcaJQlla, 280.

Amérique du I^urd, 22, ^^M

Acauti, 344.

Acaraî, 46R, 531.

Alligators (ile des), 362.

Acha^che, 425.

Almaden, 1S7.

AcoDcagiia, 1, 531, SîJi,

Alpes, 161, 265, 563.

Alsace, 412.

AcoQquija, 561.

Afrique, 1, 168, 311,

Altar. 417.

Alton, 137.

Ainîtciira, 389.

Amanbava, 531, 537.

Amérique centrale, 4,

Agaileca, 293.

Amap;ila, 28(1, 231.

Aguablanca, 370.

Amatique, 258, 279,

Apuas-Calientes, 2C(I,

Amaiiténé, 425.

A^uja, 420.

Amazonas, 391, 421,

Amérique russe, 40, 43.

Aii'U-CliapeUe, 62.

Amérique du Sud, 226,

AJabaraa, 187, 254»

Amaione, 1, 2, 33D,

Aiagoas. 49ÎJ, 519.

Alaska, 22, 3«, 39, 40.

H(ilanst, 409.

■âlbany, 48, 130, 134,

Arabalo, 408.

K^iisr

Amérique, 1, 2,3,4,5,

Amiens (traité d'), 2S, i

Ami 1 pas, 279,

Aïuirante, 279.

Amour, 40.

AoistÊrdajn, 525.

Anâtinac^ 10, 15^ 21,

Ancachs, 421.

AnCijD, 33H, 4ST.

AQC<»n de Sardinâi ,

AmU, 591, 594.

Andaeatiua, 449.

AndaJiiuaie, 27C.

Ajïdes.l, 4 §,263, 360, 370, 300, 4*3. 407, 40R, HO, 420, 421, 431, 43a^ 44R, 4^1, 488, 4fi&, 49T, 500, 530, M2, 55e, B57, 561, 562, 563, 564, 565, S66, 567, 5*î&, 590, 591, 595, 603,

Andréa flof (lies), 3S.

Anepada, 29S.

A^glelerre, 2, 2Z, 50, 51, 57. 60, Bl, 93, fl1, tlR, 121, 126, 128, iSS, i4R, 211, 22a, 252, S53, S62, S81, ^B\ 326, 34S, 354, 366, 375, 390, 392, 421, 441, 455.

469, 470, 510, Blï^, 520, 5il, 50, S49,

Ango^turs, 397.

Annap'Ms, 54, 130.

ÂDlcIupe-lsbnd, î^\.

Anlici>sli, 22, 47, 49.

An limita, 299, 614.

ADlilks (mer deâ), 1, 272, 370, 389, 390,

Aûliïlei, 1, S7, âOl, 2m, 297, 299, 30^.

Anlinquii, 371, Sm

latîBana, 408.

ànlonine, 545.

Afltuco, 562, 590.

AmtT^, 1S3, 524, 591.

Apa, 531, 536, A paon a aï, 487.

Ap^naca, 279, Apiîaco, £76, A|)(ilobaiBl)a, 420.

AppylachfiB, 127.

Appalaeliicoïa, 127.

Appalacble, 127. Âpproaague, 46S, 469,

Apuparo, 433.

Apura, 390, 391.

ApuHmac, k2Û, 421.

Aputu, 425, Aqiiidabaa, 531, 632,

ArabJê, 327, 523.

Aracap*, 495.

Araguarij 468, 469.

Aramo, 605.

Araitca, 370, 390, Ajaucajiie, 5B9, 592,

Arauco, 591.

Arctique [archipel], 1,

Areqinpa, 421, 422,

Argentin & (république),

3, 4, 44fi, 487, 494,

570, 576, 5R3, 5*ïl,

613, Atkaosas, 57, 127, 131,

A rie a. 422.

Arizona, 133, 134,187,

Ama, 392. Artibonite, 298.

Artiba, 299, Arve, 73.

Asie, 1, 3T« 39, 211,

Aspiiiwall (V. Colon).

Asâiaiboine, 48, 61, 95, Assomplion (Canada),

Âslûrîa, 134, A.^Qncion. (Paraguay),

AsunciOQ (VeueKuek),

Alacama. 444, 446, 449,

60G, et 3.

Ataro, mi.

Alchatalayab, 145«, Athabafca, 48, 96, 91,

Athènes, 31, Allanta, 131.

Allantique, 1, 4, 43,

AtLtian, 279, Alralo, 342, 343, 344,

Aiij^usLa, 130.

Auliagas, 421, 449.

AusUïi. 131.

Auslratie, 135, 366,

Auto%(}sta, 450, 464,

Aulriclre, 62, 135, 196- A^es, 299,

AyscuclirK, 421, 422.

ktii'à, 298, Atuay, 408, 409,

Batsahftj'o, 40S, 413.

Bach (rivière), 48.

Burle, bR3.

R^llm, 1, 23, 21- B-i^agem, 528, 529.

Babma, 297, 337, Babia, 495, 496, 518,

Baker (mont), 47, B^lize, 142^ 280.

fiallon d'Alsace, 265, BaE7.QS, 259.

Bajtimore, 130, 136,

Banc-à-Vert, 27.

Baiic de Saint - Pierre,

27, Bande Orientale, S41^ Baiiquerean, 27.

Barbacoas, 333, 360.

TABLE ALTnUBÉTIQUE. Ul ^|

Rarbade, 299, 322.

BInmenau, 433.

BrîtaTinîques filet;), 242. ^^M

Barbonde, 299,

Roiîota (rivière), 370.

BrJ 10,344. ^H BriKidway, 170. ^^H

Bart!eJona, 391.

Bogota, 369, 370, 371,

B a ri ego, 53 t.

Brooklyn, 131, 163, ^H

Barinag, 391.

Bamstaple, 127.

Bois {lac des), 48, 61,

Brouage, 56. ^^M

Barquisiraetft, 390. 391 .

Bmwn, 47. ^H

Barra dû Rin-[Vetn:o,

Bmsé-Gîtv, 133.

Bnii^es, 168. ^^1

Buhéme, 65.

Brunswick, 606. ^^1

Bamnquilla, 312, 373,

Bolivar, 369, 370, 37Î,

Buraraman^a, 371. ^^1

Biiei (p:irama), 370. ^^H

BarrcD Gruiitids. 93.

Bolivie, 3, 4, 21, 2m,

Biien-Avre, 390. ^^M

Barmw, 3R.

Bueno (Bîo}, 59i. ^H

Basse-Terre, 302, 333.

Buenos-Ayres, 490, 505, ^^1

BatùD-llimffe, 13i.

Battlefiird, 49.

Bauld, 22.

Baya. 409,

Bityano, 33ft, 363,

Bayrtone, 36.

Boiiapca, 280.

BnETalo, 130. ^H

Beauharnais(catîal),50.

Bonaire, 299.

Burlington, 93. ^^1

Beauséji>ur, 60, 63.

Bonaviï^ta, 25.

BotFer, 183. ^H

Beaver-Harbor, H.

Uoothia, 47.

Buzzard, 127. ^^H

Bfihring, 38, 40.

Bordeaiiï, 99, 413, i37.

Belem, 495, 497.

Bel^que, im, 276.

Bordonc 11 o, 370.

Burgne, 174.

549, 554, SSft.

Bodon, 130, 136, 183.

Cacartca, 362. ^^Ê

Beliîe. 258, 326.

BoQ!o2:ne, 75, 168.

Cachapoyos, 421. ^^M

BelUvista, 536.

Binjrbon, 442, 523.

Cache de la Téte-Janne. ^H

Belle-Isle, 22, 60.

Bourg- la -Reine, 387.

Belle-Rivitie, 63.

Royaca,371, 372.

Cai^^n ms, 105, 106. ^H

Bellevue, 141. ,

Bravo del Norte, 2.

CakDkia, 9. ^H

Béni (Rio), 448.

Britzos, 128.

Ciûmân (lac), 259. ^^1

Béni (province), 449.

Biéda, 57.

Caire, 377. ^H

Benilo, 52K

Brème, 183, 357, 594,

Caiio, 141, 142. ^H

Berbice, 468, 469. '

Brésil, 3, 4, 233, 3G9,

Cajamarca, 421. ^^H

Berlin, 148.

Calabom, 391. ^H

Bernardino, 338.

Calamar, 373. ^H

Berne, 37.

Ca lavera, 149. ^^M

Berlier, 420.

493, 494, 496, SOO,

Caldera, 592. ^H

Beteuci» 365.

Câlirornie, 75. 107,108, ^H

BeUiléem, 19,

lil, 132, 134, 149, ^H

Bk file), 48. ,

Binriloe, 408.

Biabio, 591.

Rîanc (mrmt), 73. i

BJanca (Bahia), 557.

Blarjfhcs (naanlâpes),

Brésil (rivière), 303.

Blan<|mJla. 299.

Bresï, 32,99,486,487.

Bhîuei ( maiiLfignes ) ,

Brévent, 73.

Brie, 563.

Cal i furnie ( Meiîq ne] , ^^1

■|luelîeld« 32d.

Brigus, 23.

Callao, 421, 422, 427,

Callas, 476.

Campa narlo, 421^.

Campkhe. 2B% 360.

CtDada. 3, K 33, 47, 4fï, 49, SO, 5!, 52, ^, 54. 55, &a, 51.

56, 60, il, 62, 64, 65, Ê7, SS, 69, 70, Ti, 7R, 81 1 Râ, 83 S4, 86. 8», 9a, 95,

se, n iia, 15

un, 120, 121, 122,

133, JIÛ, 1R£, 183,

21tf, 223, 255, 257,

Canaries, 233.

Canastra^ 494.

Candelana, 532.

Candiac, 65.

Canelones, 548.

Ganete, 420. Canseau, 27.

Canton, 218, 361.

Cap-à-l'Aigle, 33.

Cap-Breton, 47, 49, 52,

Capilla-Borjas, 533.

Capote, 30l Caqueta, 370.

Carabobo, 391.

Caraca, 496.

Caracas, 389, 390,391,

Caracoles, 463, 464,

Caramanta, 370.

Caraqnes, 414.

Caratal, 476.

Carhet, 303.

Carcarana, 557.

Cardenas, 297.

Gariacu, 390.

Caribou (lac), 48, 49,

Carillon, 50, 68.

Carlisle, 63.

Carmen, 258, 259.

Caroline, 8, 131, 134,

Caroni, 390, 397.

TABLE ALPHABETIQUE.

Carrolton, 172.

Carson-City, 132, 187.

Cartago, 281, 282.

Carthage, 239.

Carthagëne, 326, 371,

Casanare, 371.

Casca, 447.

Cascade (monts), 47.

Casco, 127.

Cassiquiare, 369, 390,

Castille, 270, 450.

Castillos, 547.

CastIe-GardeQ,221,222,

Castro, 545.

CaUmarca, 558, 559,

Catawba, 200.

Catherine, 494.

Catoche, 258.

Catskill, 127, 256.

Cauca, 344, 369, 370,

Caughnawaga, 50.

Cauquenes, 591.

Caura, 390.

Caviana, 494.

Gayambe, 369, 407,

Cayenne, 57, 469, 472.

Ceara, 495. 520.

Cèdres (rapides), 50.

Cenis (mont), 265.

Ceniza, 370.

r.erro-Azui, 590.

Cerro-Cora, 537, 538.

Cerro de Cabras, 338.

Cerro Lar^o, 548.

Cerro de Pasco, 421. Cerro de Pasto, 370.

Cerro de Potosi, 449.

Cerro de Sauta-Lucia,

César (Rio), 370.

Chacarilla, 448.

Chachacomani, 449.

Chaires, 338, 339, 341,

Chaîne-des-Caps, 48.

Chaîne aux Cascades, 105, 127.

Chalco, 15, 259, 268.

Châlons, 186.

Chambira, 408.

Chamoani, 73.

Champagne, 200.

Champlain (lac), 47, 48, 56, 63, 93, 120, 126,

Chanchamayo, 433.

Chapala. 259, 268.

Chapultepec, 269.

Charente-Inféneare,56,

Charles, 408, 416.

Charleslon, 131.

CharIntte-towD, 49.

Charnacillo. 604, 606.

Châtelleraait, 64.

Chatham, 127, 408, 415, 417.

Chaudière, 48, 4C.

Cheptilo, 344.

Cher, 76.

Cherbourg, 487, 572.

Chesapeake, 127, 134.

Chesterûeld, 47.

Chèvre (Ile de la), 48, 73, 78.

Chèvres (îles des), 505.

Cheyennes, 133.

Chiapas, 11, 13, 260,

Chicago, 87, 132, 140.

Chichenitza, 11.

Chidiey, 47.

Chihuahua, 258, 260, 262, 268, 278.

Chiles, 369, 370.

Chili, 3, 4, 233, 421, 444, 448, 449, 464, 466, 542, 545, 556, 557, 561, 563, 566, 590, 592, 593, 594, 598, 605, 613.

Chilibre, 338.

Ch llan, 591.

Chil .ë, 1, 590, 591, 5î)2, 605.

Chilpancingo, 260.

Chimba, 464, 466.

Chimbo, 409.

Chimborazo, 2, 408,

Chimborazo ( Etat ) ,

Chincha, 420, 421, 441,

Chine, 52, 96, 135,

Chippewayan, 99.

Chiqaita, 557.

Chin-Chiri, 344. Chirignelo, 538.

Chiriqui, 4, 279, 369.

Chita (Sierra), 370.

Choapa, 591.

Choco, 339, 343, 369,

Chones, 408.

Chonos, 590.

Chontalès, 4, 281, 293.

Choaaguen, 66.

Christianstadt, 323.

Christophe (Saint), 299,

Chubut, 558.

Chacuito, 420.

Chuquisaca, 449, 455,

Cibao, 298.

Cienfuegos, 297.

Cima dei Gobre, 557.

Cima del Mercedario,

Cinaloa, 259.

Cincinnati, 132, 136,

Cindad- Bolivar, 391,

Clarehce, 606.

Ciarke's Beach, 23.

Clarion, 183.

Cleveland, 132.

CUfton, 74.

Coahuila, 260.

Coapucu, 532.

Coati, 425, 426.

Coazacoalco, 259, 344.

Cobija, 448, 449, 464,

465, 563, 614. Coca, 407.

Cochabamba, 449, 450.

Cocoès, 528.

Cofre de Perote, 258, 265, 268.

Colba, 369.

Coipasa, 449.

Cojedès, 391.

Colchagua, 591.

Colima, 258, 260, 261,

Colombie, 3 4.

Colombie (Etats-Unis), 130, 131.

Colombie brit., 38, 43, 49, 50, 51, 101, 103, 106, 107, 108, 110, 112, 124.

Colombie ou Nouvelle- Grenade, 279, 290, 322, 337, 338, 352, 369, 373, 377, 379, 381, 385, 388, 389, 390, 407, 419, 420, 493 497

GolonJ 338^ 339, 345, 348, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 357, 358, 360, 361, 372.

Golonia (la), 548.

Colorado, 2, 126, 128, 258, 557.

Colorado (Etat), 132, 134, 157, 187, 204, 210, 256.

Columbia, 48, 106, 127, 128, 153, 170.

Golumbas, 132.

Golville, 38.

Gomalcalco, 10, 13.

Gomayagua, 280, 282.

Commerce, 142.

Comstock, 134.

Comté, 491.

Conchos^ 258.

Goncepcion, 532, 535, 558, 562, 591, 594.

Concord, 130.

Connecticut, 126, 127, 130, 187, 253.

Connétables (lies), 468.

Contuta, 19.

Cook, 104.

Copacabana, 423, 425.

Copiapo, 563, 566, 589,

Coppermine, 48, 49.

Coquimbo, 591, 592»

Gordaba, 262, 275.

Cordillera de la Costa,

Cordillera del Medio,

Cordillera de los Andes,

(V. Andes).

Gordova, 557, 558, 559,

Corentyn, 468.

Coretu, 407.

Cork, 220.

Cornwall, 50, 298 Gornouailles, 187.

Coro, 391.

Corocoro, 449.

Goronada, 279.

Coronation, 47.

Corrientes, 258, 558.

Costa-Rica, 3, 4, 279,

Cotana, 451.

Côte (monts de la), 127.

Cotica, 485.

Cotocachi, 408.

Gotopaxi, 408. Cozumel, 258.

Gruces, 338, 339.

Gruz de Peidra, 557.

Guareim, 493, 547.

Guautla, 262.

Cuba, 3, 297, 307, 311,

Gueula, 372.

Guença, 408, 409, 410.

Guernavaca, 261, 262.

Cuivre (monts), 297.

Gulebra, 338, 366 Guliacan, 259, 26 Gumbal, 370, 407 Cumberland, 127.

Gumbre, 557, 562 Gundinamarca,371, 372.

Curaçao, 299, 390,

Ciarico, 551, 562, 591.

Cu^âba, 495.

Cnjo, 559.

CmùQ, 16, n, 19, 420, 421, 422, 426, 431,

Da^aa, 310, Dakota, 133.

Damas (ba), 652.

Daiiâmark/3, 135,242,

298, aH9, 323. Danube, 32.

mrtea, 313, 332, 339,

Darwm (mû ni], 605.

Daule, 413.

Diws4iii, 606.

Dease, 47, 48, DelQware, 121, 130,

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