‹ L'Amérique moderneChapitre 5 sur 46 · chambres, dont 1.200 avec bains · texte numérisé non relu

chambres, dont 1.200 avec bains

La véranda qui sert d'entrée principale aux voitures et aux piétons est faite de douze larges arceaux de fer garnis de feuillages, et que dessine, le soir venu, une véritable voûte de lumière électrique. Le rez-de-chaussée de l'hôtel est composé de plusieurs immenses salles à manger très hautes, décorées chacune d'un style différent et garnies seulement de petites tables, car la table d'hôte est inconnue ici. Les murs sont de pierre sculptée ou de stuc. Du stuc dans les vastes couloirs, du stuc dans les escaliers, du stuc partout, du stuc orné, doré, comme dans une cathédrale byzantine. Partout des canapés de velours, des fauteuils de soie, des sofas, des chaises de cuir. Dans tous les couloirs qui font le tour de ce caravansérail gigantesque, deux rangées de clients ou de passants, assis, causent et fument, — car entre ici qui veut : les salons, les bars, les restaurants, les fumoirs, tout est public. Un orchestre est là, à l'entresol, entre deux couloirs, qui joue du matin au soir pour ceux qui veulent l'entendre. Et je n'essayerai pas de rendre le mouvement incessant de fourmilière qui anime les salles de thé, le palmarium, le café, le bar, les salons de réception, la salle de billard, le salon des dames qui est le salon de Marie- Antoinette exactement restitué, tout en étoffes claires, en meubles délicats et contournés, vernis Martin et imitation de Boule. Tous les coins sont utilisés ; il y a par ici un bureau loué à une maison de banque où se traitent toutes les affaires financières comme au Stock- Exchange ; les cours y sont affichés télégraphiquement, en même temps qu'à la Bourse même.

A côté, voici une vitrine de marchande de fleurs, l'étalage d'un photographe dont l'atelier est au 17e étage; voici un bureau téléphonique pour la ville et l'extérieur, un bureau télégraphique, le bureau du médecin (l'hôtel en a trois, dont un toujours en permanence) ; voici un magasin de journaux, un bureau de location pour les théâtres ; voici le bureau de l'hôtel, avec les 1.500 boîtes numérotées des chambres, la caisse, les coffres- forts immenses. Quand une lettre arrive, elle est aussitôt timbrée de l'heure et de la minute de son arrivée et mise dans la boîte du destinataire. Si quelqu'un demande un client de l'hôtel, la carte du visiteur est envoyée, dans les trente secondes, à l'étage indiqué, au moyen de tubes pneumatiques — un par étage — sous les yeux du visiteur. L'enveloppe qui porte la carte est timbrée à la seconde où on la met dans la gueule du tube et timbrée à sa sortie avec la réponse. Si le destinataire est absent, la mention : Not in room ( Pas dans la chambre) est appliquée sur l'enveloppe.

les ascenseurs De larges et luxueux électriques oo ascenseurs électriques blanc et or, de style Louis XV, où quinze personnes peuvent tenir très facilement, sont accouplés de place en place et font sans cesse la navette. Personne ne monte ni ne descend jamais un escalier. Un signal électrique indique au groom de l'ascenseur l'étage où on l'appelle et où il doit s'arrêter. A chaque étage, — il y a six ou huit ascenseurs par étage, — un cadran muni d'une aiguille montre à quel étage se trouve 1' « elevator »

qu'on veut prendre. On n'attend jamais plus de quelques secondes.

A l'entresol, il n'y a pas de chambres : d'un côté, deux grandes salles de bal, de concert ou de théâtre, avec loges, scène, vestiaires. Ces salles sont d'un luxe inouï : murs de marbre, lourds tapis d'Orient, glaces énormes, plafonds peints par les premiers artistes d'Amérique. Elles se louent 1.000 dollars par soirée ou 1.500 dollars par jour. On y fait des expositions d'art, des ventes de charité; on y donne des bals de fiançailles ou de mariage. De l'autre côté, c'est une infinité de salons et de salles à manger de tous styles et de toutes dimensions, qu'on loue pour des repas de corps ou même que l'on réserve aux clients qui ne veulent pas manger dans les salles communes.

Mais on n'y sert jamais deux personnes seules, à moins que ce ne soit un couple descendu à l'hôtel. Quelques-uns de ces salons sont d'un goût douteux, d'autres sont très beaux ; mais les uns et les autres d'un luxe et d'une richesse extraordinaires. Attenant à ces salons, des vestibules ornés de plantes et de statues de marbre. Après le repas, on peut y recevoir, y fumer, y donner à chanter, à danser. Tout est disposé pour que tout soit possible et pratique. C'est ici que le prince Henri de Prusse, lorsqu'il vint en Amérique, traitait ses invités.

J'ai visité quelques appartements du 1er étage. Il y en a de magnifiques : tentures de soie ou de velours broché, sofas, grands fauteuils dorés, lits incrustés de cuivre ou d'ivoire, pianos de marqueterie, riches tapis, tableaux, vases, petites salles à manger intimes très chic, très élégantes,

boudoirs, cabinets de toilette, salles de bains. Certains de ces appartements, comprenant plusieurs chambres, sont loués jusqu'à 500 dollars par jour (2 500 francs).

A chaque étage, un office avec service complet de vaisselle, de linge, d'argenterie, d'armoires chaudes et de gardemanger froids. Mais tous les repas viennent des cuisines par des ascenseurs spéciaux ; l'ordre est transmis par des tubes pneumatiques et exécuté dans le premier sous- sol. Aussitôt que les mets sont apportés par l'ascenseur, ils sont placés sur de petites tables préparées d'avance, que les domestiques portent toutes servies dans les chambres.

Et c'est ainsi du 1er au 16e étage. Au 17e, c'est le toit de l'hôtel ; on y installe, l'été, sous des tentes, parmi les fleurs, les plantes et les ventilateurs, un restaurant en plein air, d'où l'on voit l'Hudson.

Dans une chambre ordinaire, comme la mienne (5 mètres sur 7), il y a dix lampes électriques, trois au plafond, deux de chaque côté de la glace, une sur la table de nuit, une dans la salle de bains, une dans le cabinet- vestiaire.

Toutes les boiseries sont en acajou, les portes et les plinthes, l'encadrement des fenêtres et des cheminées.

Le mobilier d'une chambre se compose d'un immense lit de cuivre pour deux personnes, d'une table de nuit avec lampe électrique mobile, d'une cheminée avec une pendule qui marche, d'une chaise longue, de deux fauteuils, de trois chaises, d'une vaste commode à psyché, de doubles rideaux, d'un épais tapis, d'un bureau à tiroirs, d'une table. Tous les meubles sont en acajou.

VUE D'UN CARREFOUR DE NEW-YORK, prise du haut d'une de ces maisons appelées « gratte-ciel». — Les voitures cl tramways n'apparaissent plus que comme des insectes, et les passants font des taches à peine perceptibles.

Planche 9.

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UN GRAND HOTEL DE NEW- YORK. — L'hôtel que montre cette photographie ne compte pas moins de 1501) chambres et emploie 1 600 domestiques. lia coûté, comme construction et ameublement, la coquette somme de 40 millions.

Planche 10.

La salle de bains, aux murs de faïence, au carrelage de mosaïque couvert d'un tapis de laine, se compose (naturellement) d'une vaste baignoire de faïence avec eau chaude et eau froide à volonté et, à toute heure du jour et de la nuit, d'un lavabo à eau chaude et eau froide et d'un cabinet inodore. Douze serviettes pendues au mur, appareil électrique à chauffer les fers à friser, des listes tout imprimées pour le linge à blanchir, qu'on peut avoir le jour même. Près de la porte de la chambre, une petite trappe d'acajou avec cette inscription : « Mettez ici vos chaussures pour être nettoyées. » Vous ouvrez cette niche qui est pratiquée dans l'épaisseur du mur, et qui s'ouvre aussi sur le couloir: c'est là que le valet vient les prendre sans bruit, quand vous dormez.

les dessous II nous faut maintenant de L'hotel redescendre dans les soussols, où est la vie même de l'hôtel.

Le premier sous- sol est occupé, d'un côté, par les coiffeurs pour hommes et pour dames, les pédicures, les manucures, les bains russes, de l'autre par le département du steward ou économe de l'hôtel : chambres de réception des marchandises, cuisines, boulangerie, pâtisserie, dépôt des cigares, caves pour le vin en gros et le vin en détail, chambres de conserve, lingerie, dépôts de bagages, réfectoire pour le personnel, que sais- je encore ! Et tout est énorme, prend toute l'étendue souterraine de l'hôtel. Rien qu'à la lingerie, il y a 95 employées -femmes qui ne sont occupées toute la journée qu'à plier les napperons. 7 employés ne font du matin au soir qu'ouvrir des huîtres et des clovisses. Le

chef des huîtres a 500 francs de salaire. La confection du café dans des alambics de métal d'un mètre de hauteur et sa distribution dans les cafetières retiennent 6 hommes. La:vaisselle et l'argenterie sont lavées dans d'immenses cuves chauffées à la vapeur : 165 laveurs y sont occupés du matin au soir.

La cave du gros et celle du détail contiennent ensemble pour un million de francs de vin ! Elles occupent 28 employés.

Le dépôt des cigares renferme pour 300.000 dollars de cigares, tabac et cigarettes. Les cigares les plus chers sont d'un dollar et demi. Ce dépôt est une vaste bibliothèque minutieusement rangée, élégante et parfumée, dont la température est soigneusement entretenue entre le chaud et le froid pour assurer la conservation du tabac.

Mais il y a un deuxième sous- sol, aussi vaste que le premier. Quand vous y arrivez, vous croyez être dans une très grande usine. Des machines, des dynamos aux roues énormes, des chaudières hautes de 8 mètres fabriquent la lumière, la force pour les ascenseurs, pour la ventilation, pour le chauffage, pour la production de la glace. Soit 8 machines pouvant produire 3.000 chevaux- vapeur. 115 ingénieurs, ouvriers électriciens et mécaniciens, sont occupés à ce service de force. Sous les trottoirs de la rue, il y a toujours 20.000 tonnes de charbon en réserve, pour n'être pas pris au dépourvu par une grève.

Plus loin, ce sont des ateliers de menuiserie, de serrurerie, de plomberie, de ferblanterie, pour toutes les réparations à faire dans l'hôtel. Il y a même un atelier

d'horlogerie et un atelier pour la réargenture des couverts.

Une insupportable odeur d'ammoniaque vous monte au nez tout à coup ; elle vient de la fabrique de glace. On y fabrique par jour 50 tonnes de glace artificielle, plus 100 tonnes de force réfrigérante, pour toutes les glacières de l'hôtel. Les 50.000 kilos de glace ne sont pas consommés à l'hôtel, naturellement ; on en vend à différentes industries de la ville.

la lingerie o o o o o La buanderie lave et le garde-manger repasse 60.000 pièces de linge par jour. Comme je m'étonnais tout de même un peu de ce chiffre, on me fit remarquer que tout le linge de près de 3.000 personnes (voyageurs et personnel) passait là! 3.000 draps par jour, 8.000 serviettes de toilette, de table, de cuisine, les torchons, les rideaux, les tabliers, les nappes et les napperons. Chaque fois qu'on demande un verre d'eau, à table ou dans une chambre, on vous l'apporte sur un plateau, avec un napperon plié qui ne doit jamais servir deux fois. Des douzaines de machines automatiques pour le lavage, le séchage et le repassage fonctionnent incessamment.

Dans un coin hermétiquement clos, on me montre une centaine de grands barils remplis de détritus de toute sorte :

viandes, poissons, pain, citrons, coquillages Ce sont les restes de la veille, qu'un entrepreneur vient prendre tous les jours, d'où on tire la graisse, et que l'hôtel vend pour 5.000 dollars par année.

Puis ce sont les caves de conserves.

Il me semble que j'ai bien regardé une cinquantaine de chambres éclairées à

l'électricité, hermétiquement closes par d'épaisses portes de bois, remplies de victuailles à nourrir une ville entière. Des enfilades de jambons pendus aux plafonds, d'énormes pièces de bœuf d'un rouge d'apoplexie, des moutons entiers ouverts, des centaines, des milliers de dindes, de poulets, de pigeons, de canards, de faisans plumés, de cochons de lait et de cochons d'Inde encore roses; une odeur fade et désagréable monte de cet amas de bêtes mortes. Puis ce sont les légumes, haricots, céleris, champignons, pommes de terre, asperges, salades, patates, endives, tomates, en quantité incalculable ; puis ce sont les fruits aux parfums frais, les pommes, les poires, les ananas, les raisins, les citrons, les oranges, les grape- fruits. Des tuyaux de réfrigération traversent toutes ces chambres, et il y fait froid. Ces tuyaux font refroidir l'air par rayonnement.

L'argent qui entre et qui sort comptant d'une telle usine est phénoménal. On a acheté, à l'ouverture de l'hôtel, pour 250.000 dollars d'argenterie, c'est-à-dire pour 1.250.000 francs. Depuis, on en a renouvelé à peu près la moitié. Chaque année, les amateurs de souvenirs, les domestiques en escamotent pour 50.000 francs.

On use par an pour 30.000 dollars de linge (150.000 francs).

Ce mois de décembre, — j'ai passé deux heures dans le bureau de l'économe de l'hôtel et j'ai vu les factures, — on a acheté pour 6.000 dollars de vaisselle et de verrerie. Le mois précédent, — c'était le Concours hippique, — ces achats s'étaient élevés à 11.000 dollars! (55.000 francs!)

En moyenne, on consomme par année

un million de feuilles de papier à lettres. Le savon s'achète à Londres, par 200.000 gâteaux à la fois, ce qui fait à peu près la consommation d'une année. Car chaque nouveau client qui entre dans une chambre trouve deux morceaux de savon neuf, un sur son lavabo et un dans sa baignoire.

ce qu'on consomme Dans un grand dans un grand hôtel hôtel à la mode de New- York, on sert une moyenne de 2.000 repas de chaque sorte par jour, soit 6.000 repas, sans compter les soupers.

Les provisions de victuailles sont énormes. Comme il faut une cinquantaine d'aloyaux par jour, on tue journellement 25 bœufs pour ces hôtels. Ces bœufs, d'abord recueillis dans les prairies, mais trop durs pour être mangés, sont tenus six semaines dans les étables de Chicago, où on les engraisse, puis amenés à New- York et conservés pendant quelques jours avant d'être consommés.

On ne mange presque pas de veaux à New- York. En revanche, cet hôtel absorbe quotidiennement de 20 à 25 agneaux, 25 petits salés, 20 jambons, une centaine de perdreaux, 200 cailles, 100 dindes, 30 douzaines de pigeons, 10 douzaines de canards domestiques, pour 175 dollars de lait, pour 500 francs de champignons frais, 8.000 petits pains — fabriqués à l'hôtel même — et 5.000 pains tendres pour le café au lait du matin.

Cela fait, en moyenne, un total de 7.500 dollars de victuailles par jour (37.500 francs). De plus, chaque mois, il entre pour environ 100.000 dollars de conserves de toute espèce.

On paye à la ville, pour l'eau des bains, de la boisson et de la fabrique de glace, une redevance annuelle de 50.000 dollars (250.000 francs). Toute l'eau est, pour les bains, filtrée avant l'usage, et, pour la table et la glace, elle est, de plus, distillée.

Le personnel se compose de 1.636 employés mâles et femelles de toute sorte : parmi lesquels 96 cuisiniers et marmitons, 18 boulangers, 165 laveurs de vaisselle, 177 pages et grooms, 105 porteurs de bagages et balayeurs, 560 garçons, 175 femmes de chambre, etc., etc. Ce personnel coûte à peu près 65.000 dollars par mois (325.000 francs). Les garçons de salle sont payés 40 dollars par mois (200 francs) ; les garçons d'étage, 50 dollars ; les femmes de chambre, 18 dollars ; les employés des bureaux de 500 à 1.000 francs, selon leur travail. Tous les employés sont nourris ; les femmes sont, en outre, logées et blanchies.

Et quand je vous aurai dit qu'il y a des jours, nombreux dans l'année, où les recettes de l'hôtel montent jusqu'à 100.000 francs, vous comprendrez comment il se fait que les propriétaires de ces immenses et splendides établissements réalisent en quelques années de colossales fortunes et comptent bientôt parmi les hommes les plus riches et les plus considérés du commerce de New- York.

comment mangent Je regarde les gens les américains o o manger au restaurant. Il me semble qu'on n'y a pas l'appétit splendide qui étonne chez les Anglais et surtout chez les Allemands.

L'un des mets préférés des Américains, c'est la thérapine, sorte de tortue de

mer qui devient, dit- on, très rare, et qu'on ne vous sert que pour vous" fêter. C'est le mets national, auquel on finit par s'habituer, et dont il est aussi défendu de médire que de la bouillabaisse à Marseille. On aime aussi beaucoup les sweet potatoes, pommes de terre sucrées, autrement dites : patates — mets fade et écœurant, auquel il m'est impossible de m' accoutumer.

Les Américains se vantent qu'il n'y a que chez eux et à Paris que l'on boive de bon café. Le fait est qu'à New- York il est délicieux.

a clients pressés Un jour, au restaurepas rapides oooo rant à déjeuner,

j'avais remarqué un homme qui se levait de table toutes les deux minutes pour aller consulter les cours de la Bourse qui se dévidaient automatiquement clans un appareil placé dans un coin. Un Américain, à qui j'avais raconté cela, me dit :

« Venez dans Broadway, vous verrez bien autre chose. »

J'étais donc allé, un matin, déjeuner au restaurant, dans le sous- sol d'une « grande banque », où se trouve le centre même des affaires de la grande ville.

Une atmosphère enfumée. Pas une place libre. Une agitation, un mouvement, une fièvre qui sont comme un reflet du dehors. De petites tables où mangent précipitamment des gens pressés. Pourtant ceux-là m' apparaissent comme des sybarites et des flâneurs. Car voici d'autres mangeurs, le chapeau sur la tête, serrés les uns contre les autres et debout devant un long comptoir de bois, avec l'air d'entendre le coup de sifflet

d'un train qu'ils doivent prendre et qui va partir. Ils commandent brièvement, à des garçons vêtus de blanc, un mets qui leur est servi à la minute même. Car tout est prêt d'avance. Le garçon n'a qu'à plonger sa grande cuiller dans une marmite ou sa fourchette dans un tas de viandes à portée de sa main, et le client est servi. Il faut que cela soit ainsi, car ceux qui déjeunent ici n'y demeurent jamais plus de dix minutes, un quart d'heure au plus. Je fais comme eux : il faut bien vivre la vie des pays que l'on visite. Et en un quart d'heure j'ai avalé une assiette de hachis de bœuf, — qui arrive tout préparé de Chicago, — un pudding, un bout de fromage et une tasse de café. A côté de moi, un petit bonhomme mange de sa main droite, tient son pardessus sur son bras gauche et, dans sa main libre, une liste de chiffres qu'il dévore en même temps que son repas.

Je demande à mon guide :

« Quand digèrent- ils, ces gens qui travaillent depuis le matin et travaillent encore en mangeant ?

— Ils digèrent en travaillant. Regardez-les fuir à pas pressés. Ils remontent à leur bureau et, sans s'attarder une seconde à causer ou à flâner sur le trottoir, ils vont se remettre avec frénésie à la besogne jusqu'à six ou sept heures du soir. Après quoi, ils passeront à leur club boire un whisky, ou rentreront chez eux, .prendront un bain, s'habilleront, dîneront, iront sans doute au théâtre, et avant minuit ils seront tous couchés. Demain ils recommenceront, et ce sera ainsi toute leur vie.

Des alambics spéciaux, pour la fabri- LE HALL JARDIN, avec ses larges baies, ses colonnes de marbre, et son double calion du café absorbé à chaque repas,

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étage de balcons, est cl une somptuosité vraimenl incomparable. "i-aml- l.ùiels amnicains

LE BUREAU D'UN GRAND HOTEL est, à New-York, aussi vaste qu'une administration d'Etat en Europe.

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LA SALLE DES FÊTES D'UN GRAND HOTEL. - Colle salle magnifique, dune richesse inouïe, décorée par de grands peintres venus d'Europe, a vu défiler sous ses lambris toute l'aristocratie de l'or.

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UN CAFÉ FRANÇAIS A NEW-YORK. - Ce café est aussi le restaurant le plus apprécie de la ville pour s,,,, confort, la délicatesse de sa cuisine servie à la française, et le luxe de ses salles a manger et de ses salons.

Planche 12.

BROAD STREET. -- Broad street est la rue la plus animée du bas de la ville et le centre clés affaires. Les « sky-scrapers » y abondent, où s'abritent les grands trusts, les grandes banques, les grands journaux et la Bourse.

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Planche |3.

LA BOURSE. — Assez médiocre comme architecture, ce monument joue un rôle prépondérant dans L'existence économique de New- York, el l'on y voit, dans la même journée, s'échafauder ou s'écrouler des fortunes fabuleuses.

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