DEUX BANDITS FAMEUX ET LEURS FICHES ANTHROPOMÉTRIQUES
CAMILLE HANKS. fameux pilleur de trains. Il fut tué en se défendant contre la police chargée de L'arrêter.
WILLIAM STANLEY, jeune bandit plus connu sous le nom de S t. -Paul Tip, assassina plusieurs agents de police.
UN FAUX DE 22.000 DOLLARS (120.000 frs.). -- Celle traite, de 12 dollars en réalité, fut transformée par Charlie Becker en une valeur de 22000 dollars. Ce fui l'agence Pinkerlon qui découvrit el arrêta le faussaire.
CHARLIE BECKER, à qui son habileté Fragment d'un faux bank- TOPEKA JOE, qui se sert d'explosifs poui a valu le surnom de roi des faussaires. noie de vinfft millions. faire sauter le coiTre-forl des banques.
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à lettres, on prend l'empreinte de la serrure, et l'on fait forger des clefs avec lesquelles il devient possible d'ouvrir un grand nombre de boîtes qui ont la même fermeture.
« Ou bien, une personne, dans une banque, compte l'argent qu'elle vient de toucher en billets ; son attention est distraite un instant par un complice, elle tourne la tête : plus de billets ; et ainsi de suite, avec des variations à l'infini.
« Ou bien encore : X ouvre un compte dans une certaine banque à New- York.
Son complice, Z, ouvre un compte dans une banque de Chicago. Pendant un certain temps, ils déposent de l'argent, ils en retirent : -la confiance s'établit dans la banque ; ils semblent être parfaitement honnêtes et personne ne les soupçonne.
Un beau jour, X se rend à sa banque à New- York, prétendant avoir à faire une remise à un créditeur quelconque demeurant à Chicago. Il achète une traite de 200 dollars. Cette traite est payable à l'ordre de Z ; elle est tirée par la banque de New- York sur ses correspondants de Chicago. X, en ajoutant seulement deux zéros, en fait une traite de 20.000 dollars. Il l'envoie à Z, qui la dépose à sa banque, où on le crédite des 20.000 dollars. Un jour ou deux se passent ; X et Z ferment leurs comptes à leurs banques respectives et disparaissent. Le vol n'est découvert que lorsque la traite, ayant passé par le Clearing House, est retournée à la banque de New- York, qui l'a émise, — et X et Z sont déjà au Canada. »
M. Bangs me conduit dans un petit bureau spécial, le bureau des faux, où il me montre la plus complète collection de
falsifications de chèques et de titres qu'il soit possible de voir : des faux complets, des faux partiels, les grattages, les peinturages des papiers de couleur, les surcharges, les décalquages, que sais- je encore ! Il y a là les calques de tous les faux que l'agence a pu se procurer, même en dehors de sa clientèle. Sitôt qu'un faux est connu, l'agence demande à la banque, ou au particulier qui en est la victime, de lui laisser prendre un calque de la pièce falsifiée. Rapporté à l'agence, ce calque est l'objet d'une étude approfondie de la part des employés spécialistes.
« C'est ainsi, me dit M. Bangs, que, comme je vous le disais tout à l'heure, nous pouvons suivre toutes les pistes des faussaires, et qu'il en est bien peu qui nous soient inconnus ici.
« Ajoutez à cela les photographies, les fiches de renseignements sur les mœurs, les goûts, les habitudes, les relations de six à sept mille criminels, et vous comprendrez que le métier de policier n'est pas aussi romanesque qu'on le croit généralement dans le public, sur la foi des romans- feuilletons.
archives « En effet, nos plus imporde faux tantes découvertes se font chez nous, sans même quitter les bureaux de l'agence. Avec ces portraits et les signalements qu'on nous envoie, avec les doubles de leurs faux antérieurs et les nouveaux faux pour lesquels on les recherche, en étudiant de près leur manière de faire, en procédant par comparaison et par analogie, il nous devient souvent aisé de dire d'avance qui est ou qui peut être l'auteur
de tel ou tel faux, de tel vol, de tel crime.
— Et comment recrutez-vous votre personnel ? Il doit lui falloir des qualités bien spéciales ?
— Nous trouvons nos hommes dans toutes les classes de la société, me répond M. Bangs. Naturellement nous choisissons des gens intelligents et discrets, autant que possible silencieux et réfléchis, alertes et décidés. Mais nous n'acceptons que les sujets sans expérience, afin de les former nous-mêmes. Les chefs doivent tous avoir passé par la filière, commençant au bas de l'échelle et avançant selon leurs aptitudes et leur mérite. »
On me présente à M. Jérôme, le nouvel attorney général, très populaire à New- York, et qui passe pour un réformateur à tous crins, en réaction contre les mœurs déplorables de la justice et de la police américaines, vendues de tout temps, et cyniquement, aux influences politiques.
C'est un homme jeune, rusé, actif comme un business- man. Et comme je lui suis présenté par le rédacteur d'un influent journal, il me reçoit avec cordialité. Nous commençons à parler. Il sonne. Un nègre arrive, lui met un banc sous les pieds et lui cire énergiquement les bottines pendant tout le temps de notre conversation. Je suis tellement distrait par le nègre que je n'en retiens que ceci :
« Les réformes doivent se faire lentement. Il ne faut pas les aborder de front et en bloc : they must grow from
the country itself. Elles doivent pousser du pays lui-même.
C'est toujours cela.
Visité la prison de ville de New- York.
Les bureaux sont au rez-de-chaussée.
On monte en prison dans des ascenseurs confortables et rapides qui n'ouvrent sur les couloirs de la prison que grâce à des serrures très compliquées manœuvrées par l'agent qui gouverne le lift. Toutes les cellules ferment par un système automatique qui les rend solidaires ; il faut, en plus, deux clefs pour ouvrir une porte. Elles sont éclairées à la lumière électrique. Pour ameublement : un lit de fer à ressort. A chaque extrémité de l'étage, quatre appareils à douche avec eau chaude et eau froide, thermomètre pour régler la température de l'eau. Des W.-C. et des lavabos, comme on en rêve pour les hôtels de la province française.
Le régime des prisonniers consiste en deux promenades de deux heures dans les couloirs circulaires, de sept à neuf heures du matin et de deux à quatre heures après-midi.
Un philanthrope vient chaque jour faire des conférences et des exhortations aux détenus, dans une salle garnie de bancs. S'il distingue une bonne nature repentie parmi les détenus, il s'emploie à obtenir sa grâce.
Comme c'est l'heure de la promenade, nous croisons dans les couloirs plusieurs voleurs et quatre assassins qui n'ont pas vingt ans.