Les £afuns constituaient les périodes de vingt, ou, dans
certains cas, de vingt-quatre ans, dont les Mayas se servaient dans leure computs chronologiques.
Phéniciens, les Chinois, les Grecs, les Romains ou les Arabes, des bestiaux et des chevaux eussent été transportés de l’autre côté du Pacifique, et, par suite, la civilisation américaine se serait développée dans d'autres conditions !.
Les Péruviens, comme les autres habitants de l'Amérique, paraissent toujours avoir ignoré l’usage du fer. Il était remplacé par le bronze ou le cuivre, et les armes, les outils, les instruments, les ornements, dont on a recueilli des quantités considérables, étaient fabriqués avec l’un ou l’autre de ces métaux. On voit dans les plus vieux tombeaux de la Chaldée, qui ne remontent pas moins haut que les sépultures égyptiennes de l’Ancien Empire, que le métal le plus répandu est le bronze. C'est en bronze que sont faits tous les ustensiles et tous les instruments métalliques. Quant au fer, il est plus rare, et semble avoir alors le caractère d’un métal précieux, par la difficulté de sa production ; au lieu d'en faire des outils, on en forme des bracelets et d’autres parures grossières. Les premiers immigrants ont dû quitter l’Asie pas plus tard qu’à l’âge du bronze, vers l’époque où l’on commençait à élever les palais, les grandes villes murées, les
1. Hyde CLARK, Researches in prehistoric and protohistoric comparative philology, in connection with the origin of culture in America and the Accad or Sumerian families. N. Trübner, London, p. 19-20.
Pyramides à terrasses de la vallée du Tigre, et les grandes nyramides d'Egypte sous les quatre pre. mières dynasties. Comme on vient de le voir quelques pages plus haut, si les Inonuments du Pérou ne sont Pas Contemporains de ceux que la science considère Comme étant les plus anciens de ce qu'on appelle l'Ancien Monde, ils leur sont tout au moins absolument semblables par le caractère. On le sait déjà, aux Indes, en Chaldée et en Egypte, les temples les plus antiques étaient des pyramides; les Pyramides sont le trait dominant de l’ancienne architecture américaine, et je serais
raines de celles du monde oriental, elles n’ont pas dû leur être de beaucoup postérieures, En Orient, comme en Amérique, elles semblent marquer un âge dans la vie nationale des familles kouschites, Seulement, en Amérique, cet âge a persisté à travers le temps, par suite de l'isolement où s’est trouvée cette civilisation primitive ; livrée à ellemême, ne recevant aucun apport de l'étranger, privée d’autres centres de vie progressive, elle ne put évoluer en dehors de formes traditionnelles plus ou moins modifiées.
IMMIGRATIONS ITÉRATIVES
Il est possible qu'il y ait eu en A‘nérique plus d’une arrivée d'immigrants d’origine kouschite. Les édifices dont nous retrouvons les ruines dans les forêts du Mexique, du Yucatan et de l'Amérique centrale, tout en accusaut dans leur ensemble des principes identiques d'art et de civilisation, ne sauraient guère être attribués, en raison même de l- ts différences de caractères et de leur variété d’architecture, ni à un même peuple ni à une même époque. Au Pérou, les monuments Aymaras (les plus anciens, ou du moins antérieurs à ceux de l’époque incassique) sont construits en pierres régulièrement équarries et sont couverts d'inscriptions hiéroglyphiques, tandis que les monuments Qquichuas (période Inca-Péruvienne) sont, la plupart du temps, construits en adobes ou briques crues et ne portent point d'inscriptions, cette dernière race ignorant l’art de l'écriture !,
1. Il n’en aurait pas toujours été ainsi, s’il faut en croire la tradition, transmise par Montesinos. D'après cet auteur, les Qquichuas auraient d’abord connu l'écriture, et peut-être même en auraient-ils fait un usage abusif, A tout événement, un des
334 L’AMÉRIQUE PRÉCOLOMBIENNE
Le mode d'architecture et la céramique du Pérou rappellent plutôt la manière de faire des Egyptiens, tandis que les édifices de l'Amérique du centre, du Yucatan et du Mexique offrent d'étonnantes analogies avec ceux de la Chaldée, de l’Inde et de l’Indo- Chine. Au Congrès international des Orientalistes, tenu en 1897, on signalait les Tapports de conformité qui existent entre les monuments américains et les monuments indous et malais. Mais je ne répéterai pas ici ce que j'ai déjà dit dans une autre partie de mon Ouvrage ; je me contenterai de signaler certaines similitudes dans les arts plastiques et dans les symboles religieux que nous montrent les monuments de l’Inde et les monuments américains,
ceux de la presqu'île yucatèque en particulier, similitudes dont la coexistence chez des peuples aussi éloignés, ne peut s'expliquer que par une
potentats du Pérou, ayant consulté le dieu suprême, aurait déclaré que les lettres étaient la cause de toutes les corruptions, de toutes les infortunes nationales, et rendu un décret, que sembleraient seuls justifier les excès de la presse de nos jours, ordonnant l’abandon, sous peine du bûcher, de 1 qualifie d'invention diaboliqne, les Qquichuas connaissaient les sciences mathématiques et astro. nomiques: leur système de numération, par ordre décimal, égalait la précision du nôtre ; ils savaient observer les éclipses et la marche du soleil sur l’écl trois cent soixante-cinq jours. (Léon de Rosny, Amérique cen. trale, Charles WEINER, £ssai sur Les Institutions de l'Empire des Incas ; E. RECLUS, Géographie Universelle, t, 18, p. 538.)
IMMIGRATIONS ITÉRATIVES 335
affuité originelle commune ou par des migrations postérieures.
Ces similitudes sont d’abord la surcharge et l’inharmonie. «Que l’on examine au nord, au sud, au centre, ces ckatfyas et ces vikaras qui furent conquis sur le granit, taillés dans les flancs des montagnes, ou les édifices pesamment étagés sur le sol, et les s/xpas et les gopuras, on constatera tout de suite, comme caractère commun, la surcharge et l’inharmonie. Ces défauts, on les constate sur les sanctuaires les plus anciens qui soient parvenus jusqu’à nos jours et sur les constructions les plus modernes; aucune influence adventice, ni l’hellénique, ni la persane, ni la musulmane, de rare intensité pourtant, n'y changèrent rien! Dans toute l'Amérique centrale, les prêtres, les rois et autres personnages, sont revêtus d’une telle quantité de brillants ornements et d’insignes qu’ils en paraissent comme surchargés et encombrés. On dirait que l’objet principal que l'artiste avait en vue dans l’exécution de ses œuvres, était le déploiement des parures. Certains détails d'exécution démontrent, en effet, que cette surcharge n’est pas due au manque de savoir de la part de l'artiste. Dans la grande presqu’ile asiatique, de l’Indus et du Guzerat aux dunes d’Orissa et jusqu’au delà du Mé-kong, et de l'Himalaya à Ceylan, temples et palais sont couverts