Voyages autour du Monde
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frises et les murailles des monuments américains. D'énormes serpents y déroulent leurs anneaux minutieusement travaillés, au milieu de tortues, d'oiseaux semblables à des ibis non moins parfaitement sculptés. Au Yucatan comme au Cambodge, ce sont des têtes colossales au nez en forme de trompe sculptées aux angles des édifices, échantillons d’un art hiératique dont il n’était point permis de se départir. Ce sont toujours et partout les mêmes édifices polychromes, reproduisant les mêmes masques humains, les mêmes figures fantastiques et terribles des monstrueuses divinités indiennes !, Dans l’Inde, « les statues qui soutiennent les travées grimacent en vrais magots. » Pourtant, les indigènes de l'Inde, comme les anciens peuples de l'Amérique civilisée, étaient d'habiles architectes, de véritables artistes dans l’orfèvrerie, dans la ciselure, dans la céramique, dans le tissage, dans la broderie, et, en général, dans n'importe quel art technique et industriel. Si
1. Nous trouvons cependant dans le Guatemala et le Honduras des stèles, des piliers, des dalles et des linteaux sculptés représentant des personnages en haut relief admirablement travaillés, des profils humains superbes, qui peuvent être comparés, dit Stephens pour ceux de Copan, aux meilleures productions de l’art égyptien, manifestations artistiques qui n'existent pas dans le Yucatan et le Mexique. Il est probable que nous avons affaire ici à deux branches separées d’une même famille, le: Mayas et les Quichés, que le temps et l’espace avaïie. elque peu modifiées.
IMMIGRATIONS ITÉRATIVES 339
les premiers « se sont vautrés dans une barbarie esthétique indigne d'artisans de leur valeur, c'est parce que Îa direction d’art qu'ils reçurent les poussait au symbolisme 1,» Une figuration strictement conforme au rite, voilà ce que les prêtres exigeaient de l'artiste,
« Il y avait parmi nos Indiens, nous dit Mendieta, d'habiles sculpteurs, qui travaillaient la pierre à leur gré avec des outils de caillou et de silex, et ils la sculptaient aussi bien que nos meilleurs ouvriers de Castille, avec leurs instruments d'acier... Il y en avait de fort habiles qui peignaient au naturel, et spécialement des oiseaux, des poissons et des
Paysages ; mais ils ne peignaient point les hommes beaux, mais fort laids, comme leurs dieux, ainsi qu’on le leur avait enseigné, car ils se Les figuraient loujours sous des formes monstrueuses 2.5 Ils pouvaient faire mieux, et la preuve en est que « quand ils furént chrétiens, ajoute le même auteur, et eurent vu nos images de Flandre et d'Italie, il n’y avait images ni retables, quelque beaux qu'ils fussent, qu’ils ne reproduisissent et n’imitassent parfaitement. »