RIVERO et TSCHUDI, Peruvian Antiquities, p
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due. On interroge en vain le passé auquel appartiennent ces gigantesques statues, et c’est en vain qu’on cherche à se fixer sur les attributs singuliers dont elles sont ornées... L'état avancé de la civilisation du peuple qui a vécu dans cette vallée n’est Pas contestable ; il possédait toutes les commodités de la vie matérielle ; il avait, sous le rapport intellectuel, des goûts élevés, ainsi que le prouvent les statues qu’il dressa Partout, soit comme ornement de ses édifices, soit Pour commémorer ses héros et ses divinités, soit enfin à l'effet de symboliser des idées abstraites...» Il a fallu pour tailler ces statues des instruments très perfectionnés et très résistants 2,
Si l'on compare ces statues À celles des statues colossales en basalte de Tiahuanaco, dont «le dessin à tête carrée est demi-égyptien », des statues gigantesques de quelques-unes des îles de la Polynésie qui ont une coiffure semblable à celle que «les
1. Congrès international des Américauistes, 1879, tome II. P. 145.
2. La Nouvelle Grenade, aujourd'hui Ja République des Etats-Unis de Colombie, était, par sa position Réographique,
dans la zone d'influenee de l'ancien Pérou.
Le Pérou, tel qu’il était constitué sous les Incas, comprenait, outre le Pérou contemporain, les républiques actuelles de l’Equateur et de la Bolivie, une grande partie du Chili, et même une notable superficie appartenant aujourd’hui à Ja république Argentine. Ce vaste empire s'étendait de 4° de latitude nord au 34° de latitude sud (Congrès, 1879, tome II, p. r10.)
RER Eee romane | de
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divinités égyptiennes portent sur la tête », selon une expression du capitaine Cook, si l'on n’a pas oublié la remarque de Mariette-bey qui, en Egypte, dans les tombeaux de l'Ancien Empire, à Saqqarah, comme aux pyramides, certains bas-reliefs montrent des ouvriers occupés à tailler du bois avec un outil absolument semblable aux haches de pierre de l'archipel polynésien ; enfin, si, outre ces similitudes, il est tenu compte de ce qu’une ancienne tradition attribue le premier peuplement de Java et des îles de la Polynésie à «des gens venus en navires de la mer Rouge, et qui auraient été bannis de l'Egypte », gens qu’on représente comme adorateurs du soleil, et de cette autre tradition conservée au Pérou qui veut que les premiers habitants de ce pays soit venus par mer, l'on pourrait conclure avec quelque raison qu’une colonie de civilisateurs ayant conservé plusieurs des traits distinctifs de leur origine égyptienne, aurait, à une très haute antiquité, par le moyen des îles de la Polynésie, abordé le Pérou, tandis que l'Amérique du centre, le Yucatan et le Mexique, à en juger par les indices que nous savons maintenant avoir été particuliers à ces régions, auraient plutôt subi l'influence directe de la Chaldée et de l’Inde !,
1. Gustave d'EICHTHAL a signalé de nombreux points de contact entre la religion des peuples de la Polynésie et ceux de l'antique Egypte, et sela est d'autant plus remarquable qu'ils
On sait déjà que les monuments khmers d'Ongkor-Thom et d’'Ongkor-Wât étaient placés sur terrasses en retrait, comme les édifices sur pyramides à terrasses du Mexiqne et de l'Amérique centrale; mais on ignore peut-être que le vêtement cambodgien, tel que représenté sur les bas-reliefs , de la terrasse, façade est du palais d'Ongkor-Thom, correspond en tout point au maxi mexicain ; que, de plus, «ces bas-reliefs, qui représentent des cariatides, offrent des personnages qui, par leurs poses, sont des copies exactes des mêmes cariatides en bas-reliefs, sculptées sur les chapiteaux des colonnes et les piliers du temple le Cas///0, à Chichen-Itza, dans le Yucatan !,»
Enfin, le jeu de paume au Cambodge se pratiquait comme le {/achili, le jeu de paume maya, toltèque, aztèque, et on y recevait la balle, du pied, du genou, de l'épaule, de la tête, du coude, mais jamais de la main ?,
Faut-il voir là le fruit d’une importation postérieure, ou faut-il remonter plus haut jusqu’à l’époque où les différentes branches de cette grande famille
ne se retrouvent qu'en minime partie daus la mythologie de l’Inde.» Hyacinthe de CHARENCY, De l'Unité d'origine du genre humain, p. 29.
1. Désiré CHARNAY, les Anciennes V'illes du Nouveau-Monde, Préface, p. XI.
2. Idem, Mémoire sur les Analogies, congrès int. des Américanistes, 1890, p. 377.
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Fig. 53.— Ruines du gymnase ou jeu de paum
Ce jeu de panme se composait de deux épaisses maçonneries, à : maçonneries, d’un écartement de 120 pieds, ont une longueur de 27 on avait érigé sur un monticule un petit édifice, sorte de temple, en 11 est probable que le jeu s’ouvrait par quelque cérémonie religieus
de paume à Chichen-Itza, Yucatan, d’après Stephens.
ries, à murailles perpendiculaires, courant parllèlement nord-sud. Ces ur de 274 pieds. A une centaine de pieds plus loin, aux deux extrémités, mple, en avant duquel s'élevaient deux colonnes couvertes de sculptures, religieuse.
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humaine ne s'étaient pas encore répandues en dehors de leur habitat primitif et possédaient en commun certains usages qui se sont modifiés ou perdus chez les uns et conservés chez les autres aux époques des migrations de ces peuples? L'une ou l’autre de ces deux conclusions s'impose.
Il ne faut pas oublier, d'autre part, que l’art maya-quiché dans son ensemble, a parfois des ressemblances égyptiennes et phéniciennes vraiment singulières. Qu'on l'se, par exemple, la description suivante de dieux carthaginois, qui peut aussi bien convenir à l’Inde qu’à l'Amérique :
« L'on voyait à l’angle des frontons, sur le sommet des murs, au coin des places, partout des divinités à tête hideuse, colossales ou trapues, avec des ventres énormes, ou démesurément aplaties, ouvrant la gueule, écartant les bras, tenant à la main des fourches, des chaînes ou des javelets.»
Cette description, prise dans Sa/ambé, de Flaubert, n’en a pas moins la valeur d’un texte historique, lorsque l’on connaît la fidélité scrupuleuse de l’auteur pour tout ce qui touche aux parties archéologiques de son œuvre.
Quant au physique de la population elle-même, nous voyons, dit l’auteur de l'Amérique préhistorique (p. 551) dans l’Amérique centrale, comme dans la vieille Egypte, des populations au teint rouge et cuivré, des hommes constamment représentés avec peu ou point de barbe. Et pourtant, n’a-t-on pas
dit aussi que les femmes indiennes du Mexique, agenouillées, la tête et le buste immobiles, le regard fixe, la poitrine haute, ont l'air d’antiques statues égyptiennes; la ressem blance est si frappante, qu’on rêve malgré soi à la parenté possible des deux peuples 1,»
Ce sont sans doute toutes ces similitudes qui ont donné lieu aux théories avancées par plusieurs auteurs d’immigrations de Chananéens, de Phéniciens, d'Egyptiens, d'autant plus que ces immigrations par l'Atlantique n’ont pas été matériellement impossibles. Des marins de Tyr n’avaient-ils pas, six cents ans avant J.-C, doublé le cap de Bonne- Espérance et accompli autour de PAfrique un voyage de circumnavigation? Ils auraient même entrevu la Mer des Sargasses, s’il faut en croire Scylax, mais la quantité d’herbe dont elle était couverte leur aurait fait rebrousser cliemin. Quoi qu’il en soit, il n’est pas historiquement prouvé que les Phéniciens, les Carthaginois ou les Egyptiens aient jamais atteint l'Amérique. Comme on vient de le voir, pour rechercher l'explication la plus vraisemblable de ces similitudes diverses, trop frappantes pour être l'effet du hasard, il faut remonter jusqu’à l’époque où les différentes branches de cette grande famille humaine n'avaient pas encore quitté le berceau qui les avait vu naître et possé-