I. Lucien BIART
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daient en commun, en outre des traits de physionomie et de mentalité, certains usages qui se sont modifiés ou perdus chez les uns et conservés chez les autres aux époques des migratious de ces peuples. Dispersés en tant de régions diverses, ces peuples, qu’unissaient de lointaines affinités de sang et de croyances, ont continué, pendant de longs siècles, à travailler sur un fonds d'idées et d'images, que la différence des lieux, du temps et des matériaux propres à chaque pays devaient à la longue modifier d’une manière plus ou moins sensible, ne présentant parfois, dans leur manifestation extérieure, que des nuances qui ne sont perçues que par un œil exercé.
Il est possible, cependant, qu’il y ait eu, après une première immigration partie de la Chaldée ou de l’Inde primitive, une ou des immixtions postérieures de groupes plus ou moins nombreux de gens de même origine venus directement de l’Indo. Chine, et cela peut-être à une date assez rapprochée de l’ère chrétienne. Les analogies que je viens de mentionner, jointes à celles déjà signalées dans la première partie de non livre, prises isolément, sont peu de chose; mais, réunies, elles forment un puissant faisceau de preuves qu’il a pu en être ainsi. Il est certain que l'occupation définitive de l’Inde par les Aryas a obligé des milliers, des miliions peutêtre, de ses anciens habitants à aller au loin se créer de nouvelles patries. D’après les Mayas eux-mêmes, leurs ancêtres auraient aborbé le Yucatan à deux
Fig. 54.— Statue provenant de Palenqué.
(L'expression du visage fait songer aux statues égyptiennes, tandis que la coiffure rappelle les coiffures assyriennes. Comme les statues égyptiennes, celle-ci porte un cartouche avec une inscription pr Cd mes os indiquant Je nom du personnage ou
le uom du dieu qu’elle represente.
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époques différentes, sous la conduite de deux chefs devenus leurs héros divinisés. La première de ces deux immigrations serait venue du côté de l’Est à travers l'Océan, guidée par Itzamma; Kukulcan aurait conduit la seconde venue par l'Ouest !.
Les conclusions de ce chapitre n’offrent évidemment aucune certitude scientifique; ce sont plutôt des hypothèses, qui n’ont pour elles que la vraisemblance. Mais les hypothèses, quand on ne les admet pas sans quelque fondement, ont cela de bon qu’elles indiquent la voie où il faut poursuivre les recherches, lesquelles conduisent souvent à la découverte de la vérité.
Le seul fait qui me paraît démontré touchant la provenance de la civilisation de l'Amérique précolombienne, c'est que cette civilisation est d’origine kouschite, apportée ici par des émigrés de cette souche partis de l’antique Chaldée, ou de l’Inde ou d’un point du littoral entre la grande péninsule et la plaine euphratique, vers l’époque de la dispersion des diverses branches de cette grande famille humaine. Le déchiffrement des inscriptions que portent les vieux monuments américains, si jamais on parvient à les lire, nous en apprendra probablement davantage sur ce sujet ?.