‹ L'Amérique précolombienne [microforme]Chapitre 12 sur 128 · CLOQUET, L'Art monuinental, p · texte numérisé non relu

CLOQUET, L'Art monuinental, p

temple à gradins successifs, C'était la forme des Constructions pyramidales de l'Inde, de la Chaldée et de l'Amérique. Ces ruines sont maintenant trop connues des touristes et de la plupart des lecteurs pour qu’il y ait lieu d’en parler ici avec quelques détails. Disons seulement que toute cette architecture égyptienne se distingue par la Puissance des masses mises en œuvre et par ses dimensions colossales,

Les ruines de l’Arabie méridionale, de la Phénicie, de la Chaldée, nous ont été révélées il n’y a œuère plus d'u, quart de siècle ; les fouilles qui se pratiquent actuellement dans toute la plaine euphratique amènent tous les jours sous nos yeux étonnés des débris d’édifices extraordinaires, et les inscriptions, les livres, les bibliothèques entières que ces monuments nous livrent, nous renseignent sur leur antiquité et sur l’histoire de leurs auteurs! Ces découvertes et ces écritures ont fait revivre pour nous d’une lumière nouvelle unc des pages de la

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Genèse, celle où il es identifiée aujourd’hu Borsippa, masse de ruines inf

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rien changer de l’ancien modèl faîte. « J'ai mis la main, Struire la tour, comme ja

élever le faîte; ainsi je

€ et y ajoutant Je dit le grand roi, À recondis elle dut être, et à en

l'ai refondée et rebâtie Comme elle dut être dans Jes temps éloignés, ainsi

j'en ai élevé le sommet ” Ce que n'avaient pas fait, ajoute-t-il, les premiers Constructeurs. On sait, en effet, le mécompte qui arriva À ces hommes pré. Somptueux, dont les desseins semblaient défier Je ciel. Hérodote, qui a vu l'édifice restauré, y donne huit étages ou huit tours, dont la dernière était Couronnée d’une «grande chapelle». Maisil prend pour le preinier étage le fondement Où monticule

ment selon leur degré d’élévation. On parvenait à l’esplanade finale, ajoute Hérodote, au moyen « d’une rampe qui tournait SuCcessivement autour de tous les étages de la tour supérieure,» Les angles de

l'édifice, d'une orientation parfaite, répondaient aux

Fig. 7.—Temple chaldéen. (Perrot et Chipiez, Æist. de L'Art dans ! Antiquité.)

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64 L'AMÉRIQUE PRÉCOLOMBIENNE Quatre points cardinaux. Tous les temples chaldéens et assyriens Pouvaient à peu près se ramener à ce type unique : les édifices présentaient l'aspect de terrasses en retrait les unes sur les autres,

« Les considérations émises par Hérodote s’appliquent aux pyramides et aux temples américains, et l’on n’a qu’à Comparer les deux planches, figures 173 et 174 de l'Æistoire de ! "Art dans ! "Antiquité de MM. Perrot et Chipiez, ( 1882-97, 8 vol.), dit M. Désiré Charnay! avec le grand temple de Mexico et la pyramide restaurée du temple du soleil à Teoti-

cipes et sur le même modè] chaldéens.

« Nous trouvons dans les monuments chaldéens deux espèces de Tampes : une rampe continue et une rampe brisée passant d’un étage à l’autre ; nous avons la rampe brisée Pour le temple de Huitzilopochtli à Mexico, et nous avons la rampe continue

Pour la pyramide de Cholula, où Clavigero nous

icain avait une petite Chapelle comme l’esplanade supérieure du temple chaldéen, et l’esplanade de ce dernier n'avait, d’après

Fig. 8.—Temple de Mexico, d’après Clavigero,

lune à Teotihuacan ; là, comme à Babylone, pas de sanctuaire, les massives idoles du soleil et de la lune s’élevaient en plein air, toujours exposées à l’adoration des fidèles, et si les esplanades en retrait s’élevaient en talus avec une pente de quarante-sept degrés au lieu de murs perpendiculaires, nous y retrouvons, comme nous l’avons dit, les deux rampes babyloniennes; mais la ressemblance devient identique si nous passons à Palenqué, Chichen et autres villes américaines: 1à, dans des propôrtions moindres, nous trouvons des pyramides.à sept, huit et dix esplanades en retrait, à murailles perpendiculaires avec petits temples qui les surmontaient ; de plus, murailles perpendiculaires et talus étaient peints de couleurs vives. La planche 169 du même ouvrage représentant un autre temple chaldéen, nous offre une ressemblance tout aussi extraordinaire avec la grande pyramide d’Itzamal, où la chapelle en retrait sur la dernière esplanade domine sur l'arrière un mur perpéndiculaire qui, de ce côté, terrmine la pyramide; il y a donc là mieux que des rapprochements et des ressemblances fortuites : il y a des instincts héréditaires, il y a des traditions, une parenté !,» |

La très ancienne pyramide de Papantla, dans

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1. Congrès international des Américanistes, 8e session, 1890, P. 384. Mémoire sur les Analogies, par Désiré CHARNAY.

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l'État de Vera Cruz, Mexique, avait sept étages. Humboldt, qui l’a examinée, dit qu’elle en avait six, mais il fait observer qu’un septième étage semblait se dérober à la vue par la végétation qui recouvrait les côtés de la pyramide. Ce monument, carré à sa base, était construit en pierres de grandeur énorme, mais admirablement taillées et polies, et couvertes d’hiéroglyphes et de petites niches symétriquement disposées.

Fig. 10.—Pyramide de Papantla.

Ces constructions pyramidales, tant en Amérique qu’en Asie, n'avaient pas toutes ce nombre de sept étages. Celle du temple de la ville d’Ur, en Chaldée, n’en avait que trois, d’autres quatre ou cinq. Le temple aztèque de Mexico, construit, dit-on, sur le modèle de la grande pyramide de Teotihuacan,

s'élevait par cinq terrasses élevées en retrait les unes sur les autres. On accédait à la plate-forme supérieure par un escalier de cent-quatorze marches contournant successivement chacune des terrasses.

La pyramide de Cholula, qui mesure 1440 pieds carrés et couvre une superficie presque le double de la grande pyramide de Chéops, atteignait une élévation de 177 pieds, comprenant quatre terrasses successives, construites en briques et en argile.

La pyramide tronquée de Cahokia, dans l'Illinois, Etats-Unis, d’une élévation d’une centaine de pieds, avait quatre terrasses successives. Une plate-forme de 200 par 450 pieds en formait le sominet, et tout porte à croire que, jadis, sur cette terrasse, s'élevait un temple aux vastes proportions. Quatre autres

<itres, d’une hauteur de 20 à. 30 pieds, orientés de l’est à l’ouest et au sud-ouest, défendaient les appro- . ches de ce temple. Le mound Seltzertown, Mississipi, de 600 par 400 pieds de base, couvrait une superficie de six acres de terre. Son sommet, auquel on accédait au moyen d’une rampe, est d’une étendue d'environ quatre acres, et deux petites pyramides coniques avaient été élev/es à chaque extrémité. Huit autres pyramides, de proportions relativement peu considérables, entouraient le mur principal, lui-même orienté suivant les quatre points cardinaux. Les pyramides de Cahokia et de Seltzertown rappellent de très près, comme on le voit, le type méridional.

En 1896, M. W. N iven, minéralogiste attaché au musée d'histoire naturelle de N ew-Vork, découvrait, à 40 milles au N.-O. de Chipalcingo, capitale de l'État de Guerrero, Mexique, les restes d’une ville, égale en étendue, nous dit-il, à celle de New-York. Aussi loin que ses regards pouvaient porter, la vallée, les collines étaient couvertes de ruines. Çà et là surgissaient des colonnes brisées, des pans de murs à demi é rouiés, derniers témoins de l’ancienne cité. Il compta vingt-deux temples et de nombreux autels érigés sur de colossales pyramides en adobes que l’on pouvait apercevoir de tous les points de la cité. Les temples qui, ici, ont toujours un autel médian, étaient généralement construits en pierres

de grandes dimensions équarries avec soin. Deux immenses colonnes au sommet arrondi se dressent en avant d’un de ces temples; on a prétendu y voir les témoignages du culte phallique si commun dans toute l’Ainérique centrale et dans l'Inde, qui semble en être le pays d’origine!, culte dont les monuments de la Chaldée, de la Palestine et de la Phénicie, attestent également la coexistence. Les auteurs font souvent mention, à propos des temples syriens ou phéniciens, disent Perrot et Chipiez ?, de hauts piliers qui se dressaient, comme les obélisques en

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1. The American Antiquarian and Oriental Journal, 1904, P. 10. |

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