‹ L'Amérique précolombienne [microforme]Chapitre 30 sur 128 · VIOLLET-LE-DuC, Cités et Ruines américaines, Int. P · texte numérisé non relu

VIOLLET-LE-DuC, Cités et Ruines américaines, Int. P

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par la porte centrale, on arrivait dans une grande cour de forme rectangulaire, au fond de laquelle s’ouvrait la pièce principale, la nef du temple, vaste salle couverte d’un plafond plat, que scutenaient des colonnes. C'est dans la partie extérieure de ces temples que se déroulaient, au milieu d’une pompe éblouissante, les longs cortèges de prêtres en procession.

Les découvertes faites dans les îles de la Polynésie, voie présumée du passage d'Asie en Amérique des premiers irhmigrants civilisateurs, prouvent qu’une population d’architectes et de constructeurs, possédant des outils pour tailler et sculpter la pierre et capables de transporter et asseoir des blocs énormes, avaient précédé les habitants incivilisés que nos navigateurs ont rencontrés dans ces îles. Si ces régions avaient d’abord été peuplées par des sauvages et si leurs descendants sont incivilisés, on pourrait se demander qui a érigé ces temples et élevé ces fortifications. Entre l’homme primitif comme sauvage et la population incivilisée des temps postérieurs, il n’y a pas de place pour ces restes d'architecture. Ces constructeurs ne furent donc pas les prédécesseurs, mais les ancêtres des habitants actuels de ces îles. (C'était la conviction de Crawford et Maerenhout que ces insulaires descendent de quelque grande nation civilisée.

« Les documents, dit le docteur E.-B. Taylor,

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réunis aujourd’hui en un petit volume !, viennent tous à l’appui de l'opinion qui, depuis des années, Ç avait grandi dans la pensée des anthropologistes au

sujet de la civilisation des Polynésiens, Il est vrai

qu'on les a trouvés, du temps du capitaine Cook,

vivant dans un état barbare, et que la rareté des vêtements et le manque des métaux ont porté des +11 observateurs supericiels à les classer comme sau- Wi, vages; mais leurs croyances et leurs coutumes 4 laissent voir les traces évidentes de leur descendance | d’ancêtres qui partageaient la plus haute civilisation

des peuples asiatiques.»

Nous trouvons, en effet, dans plusieurs de ces îles,

des ruines qui rappellent tous les monuments que D : nous avons jusqu'ici énumérés: ruines de temples 1 | et de fortifications, tertres artificiels pour les grands édifices, pyramides à étages, statues gigantesques Wii avec une coiffure semblable à celle que «les divinités

à | égyptiennes portent sur la tête *, selon l'expression i de Cook.

«À Tahiti, raconte le célèbre navigateur, nous fûmes bientôt frappés de la vue d’un énorme bâti. ment qu’on nous dit être le morai d’'Omao et d’Obéréa, et le principal morceau d'architecture qui fût dans l'île; c'était une fabrique de pierre élevée EE ce nn re SNS RS RS

1. La Nouvelle-Zélande, Ouvrage que M. Taylor a publié à Hawaï,

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en pyramide, sur une base en carré long, de deux cent soixante-sept pieds de long, et de quatre-vingtsept pieds de large; elle était construite comme les petites élévations pyramidales sur lesquelles nous plaçons la colonne d’un cadran solaire, et dont chaque côté est en forme d'escalier... Nous comptâmes onze rampes élevées chacune de quatre pieds, ce qui donne quarante-quatre pieds pour la hauteur du bâtiment. Chaque marche était composée d’un rang de morceaux de corail blanc taillés et polis avec soin. Quelques-unes des pierres étaient très grandes; nous en mesurâmes une qui avait trois pieds et demi de long et deux pieds quatre pouces de largeur. Nous fûmes étonnés de voir une pareille masse construite sans instruments de fer pour tailler les pierres, et sans mortier pour les joindre. La structure en était aussi compacte et aussi solide qu’aurait pu le faire un maçon d'Europe... Toute cette pyramide faisait partie d’une place spacieuse, presque carrée, dont les grands côtés avaient trois cent soixante pieds de long, et les deux autres trois cent cinquante-quatre pieds; la place était environnée de murailles et pavée de pierres plates dans toute son étendue.»

« Qu'est cela, dit un auteur, sinon un témoignage de l’origine de ces enfants perdus de l'Orient, partis, il y a bien des siècles, de l'Egypte ou de l’Inde, et qui, dans leur mémoire et dans leurs yeux;

ayant gardé l’image des monuments qui marquaient le plus le caractère de leur ancienne patrie, essayaient encore, par ces imitations imparfaites, de

perpétuer le souvenir de leur souche primitive et de leurs aïeux !, »

Un voyageur, rapporte le docteur Taylor ?, dit

avoir vu dans la vallée des Marquises, de vastes. terrasses en pierre s’élevant, par étages, à une hauteur considérable depuis la base d’une des montagnes entourées de tous côtés par un épais fourré. Ces terrasses ne peuvent avoir moins de trois cents pieds de long sur vingt de large. Cependant leur hauteur est moins frappante que la taille immense des blocs avec lesquels ils ont été construits. Quelques-unes des pierres, de forme oblongue, ont de dix à quinze pieds de longueur et de cinq à six pieds d'épaisseur. Ces masses, nous apprend Porter, souvent apportées de loin, «étaient réunies ensemble avec autant d'adresse que le pourraient faire nos plus habiles maçons.» Ces constructions accusent évidemment une très haute antiquité,

On trouve encore, aux îles Sandwich, des ruines préhistoriques d’une architecture plus remarquable et également disposée en terrasses, tout comme les monuments asiatiques et américains. Un exploraa 1. Eugène LOUDUN, Les Jgnorance ::e La Science moderne.

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