Ouvrage cité
teur, accompagné de plusieurs touristes, parle d’une de ces ruines qu'il vit dans l’intérieur de l’île d'Havai, localisée à environ trente milles de Hilo. Il s’agit de la colline de Kukuï, qu’il décrit ainsi:
« Cette colline est d’un contour si régulier qu’elle se révèle à nous comme une œuvre d'art, un effort gigantesque des Mcund-Builders. Sa forme extérieure ressemble beaucoup à la pyramide mexicaine de Cholula, et cette circonstance ajouta à l’intérèt que j'éprouvais déjà d’en faire l'ascension. Mes compagnons, Conway, Eldhardt, Kaiser et moimême, gravimes le talus gazonné de cette colline, où nous n’aperçumes aucune matière volcanique ; les seules pierres qui s’y trouvaient étaient celles que la main de l’homme y avait transportées.
Près du sommet, nous vimes, au milieu de broussailles, de grands blocs carrés de pierre et nous constatâmes que le sommet lui-même avait été nivelé, pavé et dressé en carré suivant les quatre points cardinaux. Deux monolithes en pierre de taille, orientés de l’est à l’ouest et en partie enfoncés dans la terre, étaient encore debout. Une herbe touffue avait envahi toute cette plate-forme sur laquelle avait poussé un bosquet de cocotiers qui pouvait avoir une centaine d'années. Un examen plus attentif des lieux nous apprit que la partie supérieure de cette colline avait été disposée en terrasses, que l’on pouvait parfaitement distinguer
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près du sommet. Les pierres qui avaient évidem. ment servi à construire les façades de ces terrasses avaient la forme de carrés parfaits de pas moins de t:ois pieds de diamètre, quelques-unes mêmes pré. sentaient des proportions encore beaucoup plus grandes, Composées de basalte vitreux noirâtre, matière minérale des plus dures, ces pierres cependant avaient été si bien taillées et polies sur tous leurs côtés qu’elles Pouvaient s’ajuster l'une à l’autre avec une précision parfaite. Mon esprit fut vivement frappé de Ja ressemblance que la forme et la perfection de taille de ces pierres offraient avec celle des pierres polies de quelques-uns des pans de murs de Tiahuanaco et autres ruines du Pérou. Plusieurs de ces blocs gisaient maintenant isolés et disjoints; on en avait probablement enlevé quelques-uns, mais on pouvait encore reconnaître, sur une longueur d’une trentaine de pieds, la façade encore intacte de la terrasse de l'extrémité inférieure. Il était fecile de se convaincre que ces ruines avaient beaucoup souffert des ravages du temps et des commotions de la nature, à en juger par les couches de terre, d’herbages et de broussailles qui s’v étaient accumulées,
« Comme nous descendions, nous remarquâmes une venue d’arbrisseaux suivant une pente déterminée et directe allant idu Sommet à la base de la colline, Sur SXamen, nous reconnûmes dans cette pente l'emplacement d'un escalier, construit évi.
demment en pierre de taille, et qui conduisait de la base au sommet de la colline, c’est-à-dire une hau- le teur de près de trois cents pieds. Cette élévation,
avec le temple qui la couvrait jadis, présente un
aspect d’une grandeur vraiment imposante, où l’on J jouit d’une vue étendue, couvrant l'océan, les montagnes d’alentour et la grande plaine de lave de | Puna. Au point de vue stratégique, ou ne pouvait E choisir un meilleur poste d'observation.
« Quand et par qui cette colline a-t-elle été ainsi transformée en pyramide artificielle? Qui a taillé | ces blocs de pierre? Il y a là un mystère qui n’existe nulle part aïlleurs dans les îles Sandwich. Ces ruines sont les plus anciennes que l’on ait encore découvertes dans cet archipel, et elles doivent leur existence à un peuple évidemment avancé en civilisation, sachant se servir d'instruments en métal, capable d'orienter ses édifices suivant les quatre points cardinaux et possédant, enfin, certaines connaissances mathématiques. Doit-on considérer ces gens comme les ancêtres des Hawiens actuels, ou étaient-ils d’une race différente maintenant disparue ? !»
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Nous venons de dire, quelques pages tplus haut, ce que l’on doit penser de ces bâtisseurs.
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