I. DE NALAILLAC, L'Amérique Préhistorique, p
Éd ÉSsdtnte
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rique, question grosse de difficultés, ne pouvait être éclaircie qu'après de nombreuses constatations archéologiques soigneusement controlées, jointes aux éléments d'observation que nous fournissent la géologie et la paléontologie. Mais ils sont encore trop incertains et donnent lieu à trop d'opinions contradictoires ou d’affirmations qu’annéantissent de nouvelles découvertes ou une plus saine interprétation des faits, pour nous permettre de préciser le moment de l’apparition des premiers hommes en Amérique. Voici, je crois, ce que le progrès des études préhistoriques peut nous autoriser à conclure sur le présent sujet :
D'abord, il ne peut être question de l'homme. tertiaire en Amérique, pas plus d’ailleurs que son existence n’est admise aujourd’hui sur l'ancien continent. Toutes les assertions contraires exprimées dans l'enthousiasme des premières recherches archéologiques, ici comme en Europe, n'ont pu soutenir l'épreuve de la critique Mais de récentes découvertes, bien qu’elles ne soient pas universelle. ment acceptées, semblent démontrer la présence de l’homme en Amérique vers la fin de l’époque glaciaire. Or la moyenne des calculs, basée sur les dernières observations, porte de 6000 à 10,000 ans
la retraite définitive des glaciers ristes américains, dont l’ font pas remonter au delà de 7000 à 8000 ans. Par conséquent, dans l’état actuel de nos Connaissances,
et pour autant que l’on puisse en pareille matière fixer des dates,
; quelques glacié.
ou même les indiquer sous toutes réserves, ce dernier chiffre de 7000 à 8000 ans doit être adopté comme marquant l’époque la plus probable du peuplement du continent américain !,
3° — Unité d'origine ou pluralité des races indi- £ènes américaines.
La discussion sur l’unité d’origine ou la pluralité
des races indigènes américaines, forme aujourd’hui
1. « It is impossible to define closely the date of man's into America, but it is known to have preceded the end of the Glacial period, In the late Glacial gravel deposits of the N.J., under a beach ridge of the
estern New York, in late Glacial valley deposits of Ohio, in a similar flood-plain of the Mississipi
at Little Falls, Minnesota, and in a beach ridge of the Glacial
coming
Age. (Warren UPHAM, Derivation and Antiquity of the Amer-
ican Race, dans l'American Antiquarian and Oriental Journal, année 1907, p. 86.)
autorité s'impose, ne Ja
Bat
Po 28 EL eut
une littérature très vaste et encore assez confuse.
À première vue, on ne peut s'empêcher dg remarquer un certain air de famille entre les différentes tribus indiennes de l'Amérique, mais cette ressemmblance est plutôt apparente que réelle. C’est même à tort que les Indiens des deux Amériques ont été quaiifiés de peaux-rouges, leur teint étant bel et bien brunâtre et jaunâtre, variant toutefois des tons brun-foncé aux tons très clairs. Il y en a même qui sont presque blancs ; d’autres, mais en petit nombre et en faible proportion, accusent un mélange de sang noir. Parlant de ces populations, le Dr Ten Kate, que sa science et ses voyages ont rendu bon juge en la matière, s'exprime comme suit : « Maintes fois, j'ai vu des :ndividus qui me rappelaient des Chinois, des Japonais, des Annamites, des Malais et des Polynésiens.» (C’est qu’il y a des choses dont on ne peut se faire une idée exacte sans ‘es avoir sous les yeux, la vue étant le meilleur, le seul moyen que nous ayons pour saisir tous les détails, toutes les nuances, dont l’ensemble forme ce que nous appelons la physionomie. Dans le cas qui nous occupe, c’est un moyen que n'aurait pas désavoué, je crois, le baron de Verulam. Et ce moyen est tel que le voulait le consciencieux
Hodgson : « Que celui qui remonte aux éléments
des destinées humaines pour étudier sérieusement le progrès des sociétés, doit se garder d'envisager le passé d’après des théories préconçues ou des préjugés classiques, mais se donner la peine de regarder autour de lui et de comparer !, »
Une cause fréquente d'erreurs dans la classification des races est d'attribuer une importance exagérée à certains caractères somatiques ou à Ja morphologie crânienne. Quand on voit la forme de la tête varier de la brachycéphalie à Ja dolichocéphalie la plus prononcée chez des hommes d’un
même clan, comment voudrait-on, en Amérique :
peut-être moins qu'ailleurs, baser sur ce principe le caractère distinctif d’une race ? À toutes les époques, On a trouvé sur ce continent des hommes au crâne brachycéphale, vivant au mil ieu d'hommes au crâne dolichocéphale ou mésaticéphale, Dans la plupart des tumuli attribués aux Mound-Bui!ders, on a trouvé des crânes qui Paraïissent remonter à Ja même époque et qui affectent des formes différentes. * Le même fait a également été constaté dans maintes fouilles opérées sur l’ancien continent.
1. HODGSON, On the Aborigines of Jndia, Journel of the Asiatic Society, 1849.