‹ L'Amérique précolombienne [microforme]Chapitre 61 sur 128 · E. RECLUS, L'Homme et la Terre, t. IT, p · texte numérisé non relu

E. RECLUS, L'Homme et la Terre, t. IT, p

et leurs statues étaient érigées dans les cours en face où près des temples où on les adorait et où on leur offrait des sacrifices. Votam, Zamma, Cuculcan et autres héros demi-dieux de la civilisation maya, unissaient en leurs personnes les qualités de grands prêtres et de rois, Dans les anciens temps, en Egypte, le prince du nome paraît être le prêtre en chef du lieu local; même aux époques postérieures, alors que toute la vallée du Nil est soumise à l’autorité d'un seul souverain, le roi peut toujours exercer les fonctions sacerdotales devant un dieu quelconque. Même usage en Chaldée, à l'époque primitive où chaque ville avait son roi ou chef particulier. Ces princes (patèschi) portaient le titre de pontifes-rois, dans leur double attribution civile et religieuse.

Telle était aussi sans doute l'organisation religieuse des premiers civilisatenrs de l'Amérique. A en juger par le caractère de leurs édifices, la religion occupait une grarde place dans la vie sociale et politique des ancêtres des Mayas. On en apprendra peut-être quelque chose de positif si on parvient jamais à connaître la langue que ces hommes parlaient et à lire les nombreuses inscriptions qui Couvrent les monuments qu'ils élevèrent. Tout ce que nous pouvons dire à ce sujet, c’est que les Péruviens, les Mayas et les Mexicains de l’époque de la conquête n'étaient que les héritiers de civili. sations ,antérieures, également fondées, on a tout

lieu de le croire, sur l'esprit de caste. Chez les Aztèques, cette civilisation était même déjà depuis longtemps en décadence à l’arrivée des Espagnols.

Cette remarque s'applique avec plus de force encore aux insulaires de la Polynésie, dont le type primitif a vraisemblablement subi, ci et 1à, l’influence plus ou moins prononcée de croisements avec des races inférieures et de sang étranger. Néanmoins, chez eux, l'élément blanc domine incontestablement, On le reconnaît À la taille élevée, à la belle attitude, aux apparences robustes, à l'esprit industrieux des habitants de toutes ces îles, qui forment un &Toupement de consistance homogène.

« Le chef, dit M. de Varigny !, était sacré, lui et les siens. 11 avait sur ses sujets droit de vie et de mort. Nul ne pouvait manger avec lui. C'était crime de lèse-majesté de projeter son ombre sur lui, crime aussi de pénétrer sans son ordre dans son habitation. Maître absolu de ceux qui l’entouraient, il était toutefois lui-même esclave des usages de sa race et de son Sang. Au-dessous du chef, représentant la force brutale, et souvent à côté de lui, siégeait la force intellectuelle, personnifiée dans le prêtre, tout à la fois devin et sacrificateur de la peuplade, conseiller du chef.»

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