PERROT, L'Art en Chaldée
étaient cultivées dans toute la Chaldée depuis l'an. tiquité la plus reculée 1.
La civilisation dite ass Jrienne, avec ses arts plastiques, son écriture cunéiforme, ses institutions militaires et sacerdotales, n'est point l'œuvre des Sémites, d'après les orientalistes, Pour qui connaît l’histoire de la race sémitique, dit de Morgan, ses aptitudes, ses appétits, il est difficile de ne pas admettre que les Progrès pacifiques des origines chaldéennes sont dus à l'élément non sémitique de la population 2,
D’après la Genèse ajoute M. Fr. Lenormant, : le premier empire chaldéen fut kouschite, comme l'empire égyptien, et cette donnée ethnographique concorde à merveille avec le caractère grandiose de la civilisation Chaldéo-assyrienne. Les gigantesques constructions de Ninive et de Babylone, le développement scientifique que l'on constate dans les écoles sacerdotales de la Chaldée, cette opinia. treté au travail, ce culte des arts, cette expérience de la vie matérielle et de l’industrie, si conforme à ce que nous connaissons des Ccnstructions, des sciences, des arts et de l’industrie des Kouschites de l'Egypte, paraissent être un puissant argument en faveur de
RS — 1. MENANT, Ninive et Babylone.
2. J. de Morcax, L'Histoire de l Etam d’après les matériaux fournis par les fouilles de Suse de 1897 à 1902. ce Hist, anc. di l'Orient, t. IV, p 56-57.
l’origine kouschite de la culture chaldéenne, culture qui, à l'instar de celle de l'Egypte, était en plein épanouissement tandis que les tribus sémitiques avoisinantes vivaient encore, pour la plupart, à l'état nomade et patriarcal !,»
Des arts plastiques, -.ue industrie et une civilisation matérielle avancée, une architecture colossale, l'opiniâtreté au travail, une science de gouvernement qui fait tout aboutir à un même centre, sont autant de traits qui distinguent les civilisés de l’ancienne Amérique. Les Péruviens et les Mexicains avaient, eux aussi, des notions astronomiques et géométriques fort étendues ; ils savaient, aussi bien que les Chaldéens et les Egyptiens, orienter et orner : leurs édifices ; ils travaillaient et montaient les pierres précieuses avec un égal talent ? Chez les uns et les autres existaient une classe sacerdotale
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1. Les alluvions du Nil, les hypogées des collines riveraines et les éboulis des rochers livrent aux chercheurs des objets de plus en plus nombreux permettant de constater que les constructeurs des édifices joignaient à leur science réelle l'aide d'ouvriers très habiles, géomètres, maçôns, sculpteurs, fondeurs, émaïilleurs, peintres, ciseleurs, décorateurs, et l’on sait rombien haute était leur ambition. En parlaut des temples : evés par lui, Ramsès mentionne surtout les « pierres éterne:!es» :. il dressa pour la gloire de dieux et pour la sienne propre. (E:..e RECLUS, L'Homme et la Terre, t. 11, PP. 215, 216.)
2. « Les orfèvres d'Europe, disent les chroniques, auraient été incapables de rivaliser en perfection du travail avec leurs confrères du Nouveau-Monde » (E. RECLUS.)
puissante, une religion toute chargée de rites et de pratiques cérémonielles, une royauté absolue, la même tendance à envisager la personne du roi comine une divinité.
Les dernières découvertes enlèvent tout doute quant à l’origine kouschite des Sabéens. Elles confirment d’ailleurs sur ce point les traditions des Arabes, qui regardent comme Premiers habitants de la partie sud de leurs terres une population chami. tique qu’ils nomment Adites et auxquels ils attri. buent les grandes ruines de leur pays.
« Les traditions arabes donnent pour premiers habitants au Yemen, au Hadhramant, au pays de Mahrah et à l’'Oman, les Adites, issus du sang de Cham. Ce souvenir est pleinement d'accord avec les renseignements Contenus dans le chapitre X de la Genèse, où nous Voyons, en effet, une partie considérable de la descendance de Kousch occuper la même région, dans laquelle l'antique présence des Kouschites est aussi attestée par les découvertes de la science moderne 1. »
Les souvenirs populaires dépeignent les Adites comme des hommes doués d’une force colossale, d’une taille gigantesque, remuant avec facilité des blocs énormes de pigrres. Les mœurs anciennes du