American Antiquarian and Oriental Journal, 1905, p
qui représente la planète Vénus, le Soleil et la Lune, constituait le culte qui, d’après les inscriptions, était le plus répandu dans le pays; cette triade était le fondement de la religion babylonienne. Cette religion avait donc un caractère solaire marqué. Le Soleil, pour les Sabéens, était la manifestation la plus complète, la plus haute et la plus pure de l'être divin. Le Coran (Surate XXVI, 127) parle des «édifices sur les hauts lieux » que les habitants primitifs du pays avaient élevés pour les fins du culte.
Maimonide nous apprend que le caractère dominant du sabéisme était la protection accordée à l’agriculture. En Chaldée, au dieu solaire Nebo incombait le soin de protéger la croissance des moissons. Les Mexicains, les Mayas et les Péruviens avaient des dieux protecteurs de la moisson. Il n’est donc pas étonnant que ces peuples furent non seulement les industriels les plus habiles, les commerçants les plus renommés de l'antiquité, mais encore des agriculteurs exceptionnels.
« La langue himyarite ou sabéenne elle-même est l’idioie d’un pays où les peuples de Kousch et de Pount précédèrent les tribus de la descendance de Yaptan, et formèrent toujours un élement considérable de la population. Si les Yaptanides de l'Arabie méridionale eurent, au temps de leur civilisation, un langage différent de celui des tribus de même souche qui s'étaient établies dans le reste de
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la péninsule, n'est-il pas très vraisemblable de penser qu'ils le durent à l'influence de la race antérieure qui se fondit avec eux? De même, quand nous exposerons l’histoire des civilisations du bassin de l’Euphrate et du Tigre, la langue de la famille syro-arabe, dite assyrienne, nous apparaîtra comme ayant été à l’origine la langue de l'élément kouschite de la population de la Babylonie, transmise ensuite, avec la civilisation chaldéo-babylonienne, au peuple d’Asschour, de la pure race de Schem 1.
Cette ancienne langue sabéenne, dont quelques vestiges subsistent encore sur deux ou trois points du territoire de la péninsule (dans le pays de Mahra, par exemple) et sur les côtes est et nord de l'Afrique, est celle qui est conservée sur les inscriptions himyarites.
« On retrouve encore cette langue dans les inscriptions des ruines de la Chaldée, et, dès la plus haute antiquité, elle semble avoir été en usage dans presque toute l’Asie occidentale, de même que dans l’Inde où, quoique bien défigurée, elle est encore représentée par le groupe de langues appelées dravidiennes. Cette langue a beaucoup d’affinité avec l’ancien égyptien. On l’a qualifiée de «lan-
t. Frs: LENORMANT, Æist. an. de l'Orient, t. I p. 276.
gage nouveau», parce qu'il l'était pour ceux qui l'ont découvert, mais, en réalité, ce langage est très ancien, se rencontrant seulement dans des inscriptions depuis longtemps enfouies et remises au jour, dans des textes inconnus conservés sur les pierres et ies murailles d’édifices en ruines; des lambeaux de cette vieille langue se retrouvent enfin chez quelques peuplades dégénérées, représentant la grande race préhistorique qui parlait cet idiome. Dans ia terminologie de la science linguistique, cette langue est appelée éthiopienne, kouschite ou chamitique 1»
Quant à la physionomie des anciens habitants de la Sabée, voici ce qu’en dit un missionnaire résident ? «Cette race a encore à Aden et à Steamer Point de nombreux représentants, que l’on retrouve du reste partout les mêmes... Leur teint est bronzé, leur taille ordinairement élancée, leurs membres grèles et leur type, qui tient visiblement du fils de Kousch, a plus ou moins emprunté de son expression au fils de Sem », par suite du mélange des deux races.
Anthropologiquement, dit l’anteur de l'Æéstoire ancienne des peuples de l Orient, les anciens Egyptiens, dont les fellahs sont les descendants, se ratta-