ES AE RD TPE PT
246 L'AMÉRIQUE PRÉCOLOMBIENNK
tres bouddhistes de Siam sous le nom de talapoins, qui dérive sans doute de celui du palmier talapat, dont la feuille fournit toute la matière première à l’éventail que ces religieux portent constamment à la main; mais leurs Compatriotes leur donnent le titre de Pkra, qui a conservé sur les rives du Ménan les mêmes significations qu’il avait sur les bords du Nil: celles de grand, divin et lumineux.»
Je dis donc à mon tour,.toutes ces choses établies, que l'origine des Constructeurs des monuments d’Ongkor me paraît si peu douteuse, que je me garderais bien de contredire celui qui les dirait
Kouschites et parents de ceux de l’Inde, de la Chaldée et de l'Egypte 1,
1. « La grande ville d'Ongkor-Thom, au Cambodge, dans l'Asie méridionale, dont les ruines présentent certains traits communs avec celles du Yucatan, a été fondée, suivant la tradi. tion et les annales camboulgiennes, l'an 443 avant J-C» (Ame. rican Antiquarian and Oriental Journal, 1904, p. 363.)
Quelques-uns des traits communs à |’ cambodgienne et à celle du Yucatan et de l'Amérique centrale, outre le fait qüe, de part et d'autre, les édifices sont élevés sur terrasses Pyramidales, sont d’abord l'emploi d'un grand serpent
sculpté sur la pierre et formant balustrade. An Cambodge, ce serpent est soutenu par des êtres humains d'une grandeur gigantesque, ou parfois par des pygmées; dans l'Amérique centrale, ce serpent est soutenu par des nains, On voit encore dans l’une ou l’autre de ces régions, sur les côtés ou les angles ant des faces ou d'énormes
8 (au Cambodge ce sont des illants, Bien plus, on voit
ancienne architecture
têtes humaines, ou des têtes animale têtes d’éléphants) à grands nez sa
« Java est une terre classique dont le sol est couvert de ruines grandioses, témoignages muets d’une antique civilisation auprès de laquelle les civilisations postérieures ne sont plus que des ombres. Ces édifices sont à la fois si nombreux et si vastes qu’il a fallu, pour les construire, l'effort d’innombrables multitudes courbées, comme les populations de la vieille Egypte, sous le joug implacable de princes qui leur imposaient les plus dures corvées. Une aristocratie de haute caste, de sang hindou, de civilisation raffinée, commandait à des millions de Polynésiens réduits en esclavage !,»
Boeroe-Boedor daterait de 1000 ans, au dire des archéologues. C'est un temple franchement bouddhique; mais il peut bien arriver qu’il repose sur des fondations d’un édifice plus ancien et que, dans Sa reconstruction, il ait été uniquement affecté au
ee en
des trompes d’éléphants représentéés comme motifs de décoration sur plusieurs des principaux monuments du Chiapas et du Yucatan, la Casa del Gobernador et la Casa de Monjas, par exemple. Le musée de la Paz (Bolivie) possède deux vases, produits de l'art aymara, sur chacun desquels est figuré un éléphant portant un palanquin. On a même trouvé dans un tertre de l'Iowa uue pierre provenant des Mound-Builders et reproduisant la forme d'un éléphant. Ilest difficile, dit à ce propos le marquis de Nadaillac, de ne pas voir des souvenirs de l'Asie dans ces images exécutées à des distances si considé. rables les unes des autres.
1. Jules LECLERCQ, Un Séjour dans l'fle de Java, Paris, 1898.
arr
METRE Pre. To: mire ep
culte de Bouddha. Les populations qui habitent cette même localité, de bouddhistes qu’elles étaient alors sont aujourd’hui musulmanes; elles étaient d’origine hindoue, et « apparemment venues du nord de l’Inde», dit l’auteur que je viens de citer, mais on ne peut préciser l’époque de leur arrivée dans l'île. «Le temple que ces Hindous édifièrent à Boeroe-Boedor, ajoute M. Leclercq, atteste qu'ils
les arts de l'architecture et de la sculpture, et de quelles puissantes ressources disposaient leurs princes et leurs prêtres Pour exécuter des travaux dignes d’être mis en parallèle avec les œuvres gigantesques des pharaons.» Rien ne s'oppose À ce que ces anciens adorateurs des astres et de Çiva, bouddhistes en l'an 1000, époque présumée de Ja construction de Boeroe-Boedor, aient élevé ce temple. Cette évolution religieuse n’anéantissait point chez eux les instincts et le génie de la race.
On a également comparé Boeroe-Boedor au grand temple de Palenqué (Etat de Chiapas), qui lui Correspond d’une manière si exacte qu’il n’est guère possible, a-t-on dit, de contester sérieusement la Communauté d’origine et de destination de ces deux monuments. Pourtant, les Constructeurs de Palenqué n'étaient assurément pas disciples de Bouddha ; Mais on explique cette similitude architectonique par le fait «qu’une ancienne et commune foi, le
sang, les instincts héréditaires en un mot, ont pu survivre et se réveiller chez les deux peuples et produire les mêmes effets à d'aussi grandes distances.»
À un quart d'heure de marche de Boeroe-Boedor sont d’autres édifices de même architecture, ceux de Parambanan, mis au jour en 1885 et étudiés. depuis. Ces édifices, bâtis sur terrasses, se compo sent d’un groupe de temples, mais tellement ruinés, qu’il n’en subsiste plus que les fondations. La plate-forme du temple principal a seule conservé son parapet, de deux pieds de haut. Une range * de gradins conduit de la terrasse au portail. On sacrifiait à Çiva dans le plus grand de ces temples, Car on a retrouvé parmi les décombres les débris de la statue de ce dieu.
Le lieutenant-colonel Sykes écrit aans le Journal of the Astatic Society «qu'il existe d'anciennes inscriptions dans l’île de Java semblables aux vieilles inscriptions du Deccan »!, fait qui a ici son importance au point de vue de l’origine des auteurs des monuinents javanais.
Il semble donc démontré que la race des bâtis.
seurs, à sa sortie de l’Inde ou de la Chaldée, ou d’un point quelconque du littoral entre ces deux régions,
1. On donne le nom de Deccan ou Dekkan à toute la région méridionale de l'Inde, comprise entre les monts Vindhyas, le cap Comorin et les golfes du Bengale et Arabique.
Capuoyy np ANOZ 27
) ‘SuviS8S8uofq 9107 op ajduay >]
‘Heurquresez—-Sp Sir
rs = mn PR Qnininenine qrntann LISE 2 3 | rites = ne : ne RÉ nn
+ LE mr or
ee Them
“+ “cmpse Ue Loro Djonggrang. (Le Tour du Monde.)
nd étedes. . : | |
se divisa en deux grandes colonnes dont l’une, prenant la route de l'Occident, s'étendit depuis la grande presqu'île jusqu'aux extrémités de la côte nord-ouest de l'Afrique ; l’autre, suivant une direction opposée, se fractionna, dans sa marche vers l’ouest, en plusieurs colonies, Ceylan d’abord, puis l’Indo-Chine, Java, la Malaisie, où elle contribua à la formation de la race malaise, les îles de la Polynésie en nombre plus ou moins considérable, et finit enfin par atteindre l'Amérique, laissant partout, par ses monuments, par ses travaux de culture, par sa répartition :de la société en castes, par ses idées religieuses et ses mœurs, des traces indéniables de son passage. Cette migration s’est faite sans doute d'étapes en étapes, quoiqu'il soit possible qu’il y ait eu des sauts étonnants.
« Le peuplement des innombrables îles de l'Océan Pacifique et de l'Océan Indien par trois races distinctes, dont les langues ont des affinités avec les idiomes malais, est un des problèmes les plus intéressants d’ethnologie. Les savants ont beaucoup discuté sur le point de départ de ces races. D’après l'opinion dominante, c’est du sud-est de l’Asie, de l’Indo-Chine, que partirent les peuples répandus aujourd’hui de Madagascar à l’île de Pâques; ils ont été conduits par les moussons de la mer des Indes d’une part, et d'autre part par les moussons
LE
rene he onu
252 L'AMÉRIQUE PRÉCOLOMBIKNNE
du Pacifique, opposées pendant une période de l’année à la direction des vents dominants 1,»
Malte-Brun, Homme, Lesson, Rienzi, Beechey, Wilkes, n'ont pas hésité à regarder la Polynésie Somme ayant été peuplée Par des migrations avan. Gant de l'ouest à l'est. Les Populations de la Nouvelle-Zélande à l'ile de Pâques et aux Sandwich ont encore aujourd'hui Comme trait distinctif un teint cuivré.
Il n’y a aucune difficulté à se rendre compte comment pin navire pourrait traverser toute Ja distance qui sépare la Nouvelle-Guinée de l’île de Pâques, sans être plus de cinq ou six jours sans voir la terre. La traversée du Grand Océan à travers la Polynésie était donc chose relativement facile pour des gens accoutumés à la haute Iner. Avant l’arrivée des Européens, les Polynésiens excellaient dans l’art de la navigation. Leurs légères pirogues à balancier ou leurs grandes pirogues doubles réunies Par une plate-forme et ayant toujours qu’une seule voile triangulaire en nattes, sillonnaient l'Océan dans toutes les directions ?
Pickering nous dit également “que les embarcations des habitants des îles Tonga et des îles de Ja Société étaient long-courrières, et qu’antérieurement ee