C'est ce qui ressort pleinement du discours Montezuma au
« Depuis lingtemps et au moyen des traditions conservées par l'écriture, dit-il, nous tenons de nos ancêtres le fait que ni moi ni aucun de ceux qui vivent en ce pays en sont les habitants originaires. Nous sommes des étrangers, venus ici de régions bien éloignées. Nous savons que notre race fut conduite en la terre que nous habitons maintenant par un chef dont nous étions les sujets et à qui nous devions obéissance...» I.'histoire ajoute que les immigrants marièrent des femmes aborigènes, eurent de nombreuses familles et bâtirent des villes puis, finalement, refusèrer.t d'accompagner leur chef qui retourna au pays natal, mais déclara qu'il reviendrait pour les réduire à la soumission.
L'objet de la harangue de Montezuma à Cortez, ainsi que de celle que, subséquemment, il prouonça devant les chefs aztèques, avait pour but de faire comprendre à ceux-ci que l'empereur des Espagnols était le descendant de ce chef attendu, et qu'il vaiait mieux, dans les circonstances, le reconnaître pour leur souverain légitime et se soumettre à ses envoyés (Cortez et ses compa” gnons.)
L'authenticité du discours transmis par Cortez à Charles- Quint est prouvé par le récit qu'a laissé Sahaguu d'une réunion des plus aix iens et des pics instruits des habitants de Texcoco, qui lui dictèrent, en langue nahuatl, tout ce qu'ils savaient de leur histoire et de leurs traditions. Sahagun lui-même a donné eu espagnol une traduction abrégée de ce qui s'était dit à cette assemblée. Quant au texte original nahua, il est conse vé à la bibliothèque Laurentienne de Florence. Cette version sur l'origine des sujets de Montezuma, dictée à loisir et volontairement par les anciens de Texcoco, qui sans aucun doute ignoraient le contenu de la lettre de Cortez à Charles-Quint, est conforme en substance à la relation du conquérant du Mexique. Dans le texte nahua de Sahagun, on attribue à ces premiers immigrants l'invention du calendrier et l’ivstitution de la forme du gouvernement encore eu usage au temps de la Conquête, de même que l'érection des grandes pyramides dont il ne reste plus que les ruines, c'est-à-dire que ces premiers immigrants, disons-le encore une fois, étaient des immigrants civilisés, instruits, connaissant l'écriture et les arts mécaniques.
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Sahagun nous a encore conservé le texte du discours de bienvenue prononcé par Montezuma devant tout le peuple assem. olé, à l'arrivée des Espagnols. Ce discours, remarquable par la beauté du langage et Ja dignité de l'expression, fut encore dicté au célèbre historien par les vieux Texcocans. Ces divers textes sont conformes les uns aux autres, et nous font parfaite. ment comprendre que la conduite du cacique mexicain envers
s'est jamais développée en un endroit quelconque du globe Sans une influence extérieure, je n'hésite Fas à reconnaître, avec Sr Alfredo Chavero, cet éminent américaniste que la mort vient d'enlever à la science, que la civilisation de la vieille Amérique est une civilisation transmise et non autochtone, Comme le pense M. Eduard Seler.
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