‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 103 sur 113 · PRES · texte numérisé non relu

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reprises sur le continent américain; et, Pickering (9) croit avoir trouvé toute une zone malaise (2) s'étendant des côtes du Pérou jusqu'à celles de la Californie, M, Virchow et d'autres anthropologistes éminents rapprochent les populations de l'Amérique du Sud, des Malais et signalent les différences qui les séparent des races mongoliques. I est vrai que les mer profondes rendaient ces communications difficiles durant les temps, où nous savons d'une manière certaine l'existence de l'homme; mais les insulaires de la Polynésie étaient d'excellents marins ; ils entreprenaient sans crainte de longues expéditions sur des bâtiments de faible tonnage et de mauvaise construetion (3). Les courants et les vents qui règnent habituellement sur l'océan Pacifique facilitent cette navigation; ils condui- ‘aient rapidement dans les parages de Quito un canot détaché de l'île de Pâques (4). D'autres témoignages concordent avec ce fait important; on trouve dans les iles de la mer du Sud, des outils et des armes en silex ou en jade absolument semblables à ceux du Pérou, et une massue en bois provenant de fouilles faites dans la Colombie, rappelle exactement une massue polynésienne. « Comment arrive-t-on, s'écrie M. Taylor, à une uniformité aussi complète (5)? La conclusion que partout l'homme exécute les mêmes choses sous l'empire des mêmes circonstances, peut bien l'expliquer partiellement; mais il est douteux que cette explication puisse s'étendre au plus grand nombre des faits observés. L'autre côté de la question montre cette similitude due aux rapports qui ont existé entre les hommes, et la vérité probable est qu'elle tient aux deux causes, sans que nous puissions bien définir la proportion, dans laquelle chacune d'elles à agi (6). »

(1) The Races of Men and their Geographica! Distribution. Philadelphia 1848. — Admiral Fitzroy, On the probable Migrations and Variations of the earlier Fanilies of the Human Race, Traus. Ethn. Soc., 1858.

(2) La race Malaise semble issue du mélange d'éléments blancs, jaunes et noirs, en proportion inégale et variable.

(3) John Williams, Missionary Entreprises, p. 512.

(4) Sir ©. Dilke, Greater Britain, p. 255.

(5) Early History of Mankind, p. 206.

(6) Il paraît même inutile de discuter une autre hypothèse, l'origine américaine des

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En résumé, ilest certain qu'avant la découverte de Christophe Colomb, des marins, des aventuriers appartenant à des pays différents, avaient pénétré sur divers points de la terre d'Amé: rique (1) ; des naufragés s'y étaient sans doute établis: mais cos individus isolés, loin de modifier le type existant, avaient du être rapidement absorbés par les races au milieu desquelles ils vivaient; leur présence n'a pu avoir sur la population qu'une importance secondaire, Les seules immigrations sérieuses sont celles des Malais, qui ont peut-être précédé les Asiatiques dans l'Amérique du Sud, puis celles des Asialiques eux-mêmes, f] parait aujourd'hui certain que ces derniers, à des époques diffé. rentes, encore indéterminées, avaient envoyé par l'Atlantique, surtout par le Pacitique, de nombreuses colonies, qui ont apporté de profondes modifications chez les indigènes, qui ont influé sur leurs idées religieuses, comme sur leurs conceptions artistiques, el qui ont aidé au développement d'une civilisation, dont la ressemblance avec celle des peuples de Fancien continent éclate à claque page de cette étude, Mais toutes les immigralions, dont on peut retrouver la trace remontent à des époques relativement modernes, À ce moment, l'Amérique complait dejà des habitants: nous sommes en face de populations bien antérieures à toutes les traditions reçues, Ce sont ces populations barbares et nomades, contemporaines d'animaux disparus, ignorantes de toute culture, se nourrissant des mollusques de la mer ou des rivières, du produit de leur chasse ou de leur pêche, dont nous cherchons l'origine, Une dernière hypothese reste à examiner, celle de l'existence dans les temps préhisto-

Polynésiens. Elle a été mise en avant pour la première fois en 1803 par Zuniga, l'un des historiens des Philippines, et soutenue de nos jours par plusieurs savants distingués. Mais un examen attentif des preuves alléguées à son appui ae permet guère de l'entretenir, et c'est avec raison que M. de Quatrefages, avec sa grande autorité, la relegue au rang des fables,

(1) A tous les peuples, que nous avons cités comme les premiers occupants du sul américain, il aurait peut-être fallu ajouter les Basques qui s'attribuent l'honneur de là découverte de Terre-Neuve (F. Duro, La pesca de los Vascongados y el descuhrimiento de Terra Nova).

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