‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 104 sur 113 · À RER LE · texte numérisé non relu

À RER LE

riques de ce vaste continent, auquel l'histoire et la fable ont donné le nom d'Atantide,

Une terre plus vaste que l'Asie et la Libye réunies, douée d'un air pur, d'un climat doux, d'un sol fertile, s'élevait jadis au delà des colonnes d'Hereule et s'étendait au loin dans l'océan Atlantique, Les Atlantes, tel fut le nom donné aux habitants, étaient soumis à des rois, dont la conquête avait assuré la domination, L'Égypte jusqu'à la Libye, l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie obéissaient à leurs lois, Les peuples en decà de ces limites s'unirent pour leur résister, les Athéniens se mirent à leur tête et, après une longue et sanglante lutte, ils restèrent vainqueurs de la puissante armée qui prétendait asservie l'Europe et l'Asie, Les forfaits des Atlantes provoqnérent le courroux céleste; léruption soudaine d'un volcan et un tremblement de terre vinrent détruire leurs demeures ; puis un déluge, tel que les hommes n'en virent jamais, fit disparaître en une nuit l'Atlantide, dont les Canaries, les Açores, les iles du Cap-Vertet Madère sont les muets témoins.

Telest le récit que firent à Solon les prêtres de Saïs, en ajoutant que ces événements avaient eu lieu 9,000 ans avant sa venue en Égypte. Son authenticité parait incontestable ; Critias, dont le grand-père était le contemporain de Solon, l'avait raconté à Socrate, et Platon, qui le tenait de la bouche même de Socrate, la transmis à la postérité (1). Une tradition constante avait conservé à Athènes la mémoire de ces faits, et dansles petites Panathénées célébrées en l'honneur de Minerve, on portait un peplum qui rappelait la protection de la déesse dans la guerre, que les Athéniens avaient dû soutenir contre les Atlantes (2).

D'autres écrivains mentionnent à leur tour lPAtlantide, Arislote (3) parle d'une grande île, Antilla, à plusieurs journées de navigalion du continent; elle avait été, rapporte-t-il, découverte et colonisée par les Carthaginois: mais ils cachaient son exis-

(1) Tümée, éd. du Panthéon littéraire, t. If, p. 643, On peut aussi consulter Critias, trad, V, Cousin, t. XII,

(2) Bekker, Comunent. in Plalonemn, &. 1, p. 395.

(3) De Mirabilibus auscultationibus, c.1v,

De NaADAILLac, Amérique, 36

L'Atlantide,

tence avec un soin si jaloux, qu'ils faisaient mourir ceux qui osaient la nommer, Diodore de Sicile (1) cite aussi une ile située à l'ouest de la Libye ; il ajoute ce détail important qu'elle était arrosée par des fleuves navigables, ce qui témoigne de son étendue, Théopompe, qui écrivait comme Platon, au quatrième sivele avant notre ère, rapporte (2) que l'histoire de l'Atlantide avait fait partie des enseignements donnés par Silène à l'antique roi Midas, et Virgile dans l'Énéide (3)en a immortalisé le souvenir (4),

De l'autre côté de l'Atlantique, nous trouvons une tradition constante de cataclysmes, de déluges, d'éruptions volcaniques, ayant amené la destruction de régions immenses, de continents entiers. Ces traditions peuvent être exagérées; il est impossible qu'elles reposent uniquement sur des faits imaginaires (5),

Ces témoignages concordants de l'histoire et de la tradition

(1) Bibl, Hist,, 1. V, e, xix, trad, Hoefer, t. NI,

(2?) 11 ne reste de Théopompe que quelques fragments reproduits dans les Hit, Græc, Fragmenta de la collection Didot, Celui que nous citons a été conservé par Elien (His, Div.,1, HE, ce. xviu) ; voici le passage le plus important du récit do Silène : « l'Europo, l'Asie ot la Libye étaient des Îles, autour desquelles coulait l'Océan comme un cercle; mais il est une autre Île, en dehors de ce monde, qui seule mérite lo nom de continent, »

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