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France centrale, aujourd'hui complètement disparus, ont leurs similaires de l'autre côté de l'Atlantique (D, Un nombre plus considérable encore d'insectes semblables ont vécu sur les rivages opposés de l'Océan et présentent à peine quelques légeres différences de l'Angleterre à Alabama (2),
L'observation des flores fossiles à permis de constater ces mêmes analogies entre les végétaux tertiaires de l'Europe et ceux de PAmérique (D, Dans les terrains tertiaires Européens on à trouve des tulipiers, des eyprès de la Louisiane, des robiniers, des pacanes où noix des Etats-Unis, des fouilles d'érables, de magnolias, de sassafras, d'ifs, de sequoias ealiforniens qui ne se rencontrent que dans F'Amérique du Nord (4, Comment expliquer ces analogies, ces similitudes remarquables ?
Si l'on étudie la belle carte géologique de l'Espagne dressée par MM, Collomb et de Verneuil, on verra trois hnmenses dépôts lacustres remontant à l'époque tertiaire el couvrant pres de 145,000 kilomètres carrés, Leur puissance sur plusieur: points dépasse cent mètres; lentement déposés en couches horizontiles, ils supposent des fleuves considérables qui ont déversé, durantun laps de temps fort long, leurs eaux dans ces larges bassins: ces fleuves n'ont pu être alimentés que par des continents, dont l'étendue devait correspondre au volume des eaux, Ces conti nents n'ont pu exister que vers le nord-ouest de Espagne, Au nord, en effet, les roches des Pyrénées, à Fouest, les granits et
les gneiss des monts Carpentaniques, les massifs siluriens de la
(1) Nous pouvons citer parmi eux les Chel/ydres dont les congénères appartiennent à l'Amérique du Nord; les Didelphes qui rappellent les Sarigues de l'Amérique du Sud; les Geotrypes qui lient nos taupes aux Condyures des États-Unis ; les Archæomis ot les Palinæma qui rappellent les formes les plus caractéristiques de la faune Sud- Américaine; un tapir presque identique au à, americanus ; un ours qui ressemble à celui des Cordillères ; un Megathorion qui diffère pou de celui du Brésil (Hamy, Le.)
(2) On a découvert récemment dans les travertins éocènes de Sézanne qui, selon toute apparence, appartiennent à la base des terrains tertiaires, un coléoptère qui vit aujourd'hui au Brésil, ‘
(3) Les travaux de M. Ungor (Die Versunkene Insei Atlantis), de M. O, Hoer (Flora tertiaria Helvetiæ),du marquis de Saporta (Ass, Franç., Montpellier, 1879) ne peuvent laisser de doute à cet égard,
(4) Gaffarel, Revue ve Géog,, 1880.
Sierra Morena et des monts Lusitaniques barraient déjà complètement le passage aux fleuves. Au sud et à l'est, jes dépôts tertiaires marins de l'Andalousie, de Murcie, de Valence et de la Catalogne formaient les rivages d'une mer intérieure, C'est donc au nord-ouest, cntre les côtes de l'Espagne et celles de l'Irlande, qu'il faut chercher cette Atlantide qui à pu servir de pont, si ce mot est permis, aux migrations pius ou moins lentes des plantes, des animaux, de l'homme lui-même,
Que l'Atlantide ait été située vers le nord, que ses limites aient été reculées vers le sud, il est difficile de rien préciser, et toutes les hypothèses sont permises (1). Nous croyons seulement que les documents historiques, les faits anthropologiques et géologiques que nous avons cités, prouvent l'existence de vastes terres disparucs, soit par une de ces catastrophes brusques, rares dans l'histoire moderne du globe (2), soit par un affaissement lent et continu que la géologie permet d'affirmer dans le passé et qui s'accomplit sous nos yeux, sur tant de points différents, Mais nous restons encore dans une ignorance profonde sur la forme, l'étendue, la position mème de ces continents (3). est mème probable qu'ils ont dù éprouver durant le cours des siècles des changements considérables, avant-coureurs de leur disparition complète. Les sondages du Challenger (4) ont montré qu'un émergement de 1,800 mètres serait nécessaire pour rattacher
(1) Bory de Saint-Vincent avait entrepris de dresser la carte conjecturale de l'Atlantide (l'Homme, Essai zoologique sur le genre humain).
(2) On a prétendu que l'Atlantide s'était affaissé dans les flots, à l'époque où la région qui s'étend des Carpathes au plateau central de l'Asie et qui était couverte par l'Océan Scythique en est sortie. J. Clavé, Hydrologie de l'Afrique (Rev. des Deux-Mondes, 1°" mai 1882).
(3) Nous n'avons à parlerici que de l’Atlantide. Sur d'autres points, la forme des terres a singulièrement varié depuis les ter,ps géologiques. Si l'on jette les yeux sur une carte des pays tertiaires, on sera surpris de la différence que présente la configuration des continents, avec celle à laquelle nos yeux sont accoutumés. Pour n'en citer qu'un seul exemple, la Bretagne, le Cornwall, l'Irlande, les îles du canal de Saint-Georges, les îles Scilly sont les sommets restés émergés d'un continent qui s'étendait fort loin dans l'Atlantique.
(4) Sir C. Wyvilie Thomson, The Atlantic. — Scientific American, ?8 July 1877. — Le journal anglais Nature reproduit dans ses numéros 383 ct 391 la carte de ces sondages.
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Madère au Portugal, les Canaries à l'Afrique. D'autres sondages ont fait connaitre, à des profondeurs variant de 1,800 à 3,600 mètres, unesérie de montagnes et de vallées se continuant à travers l'Atlantique de l'est à l'ouest, sur une longueur de plus de mille miles. Les Açores, Saint-Paul, Tristan d'Acunha restent les pics de cette chaîne submergée, dernier vestige peut-être de l'Atlantide. En poursuivant cette voie féconde, les recherches ultérieures de la science permettront de pénétrer les secrets que l'Océan garde encore dans ses eaux. Peut-être, d'ailleurs, si la vie persiste assez longtemps sur notre globe, nos arrièreneveux verront-ilsl'Atlantide, par un relèvement semblable à son affaissement, reparaître à leurs veux et justifier d'une maniere éclatante les hypothèses de leurs ancètres sur les premiers hommes qui ont peuplé le continent américain (1).
Il existe enfin une opinion soutenue avec ardeur dé l'autre côté de l'Atlantique et dont nous trouvons les traces dès le dixhuitième siècle (2). Morton (3), Nott et Gliddon (4), Agassiz (5), bien d'autres à leur suite, uniquement préoccupés des différences qui existent comme type, comme langage, comme civilisation, entre les races américaineset celles de l’ancien continent, ne veulent pasadmettre qu'elles puissent descendre d'ancètres communs.
« La race américaine, s'écrie Morton, est essentiellement différente et séparée de toutes les autres; et si on les considère sous
(1) De nombreux auteurs ont traité la question ; parmi les travaux plus intéressants, nous citcerons : Bailly, Lettres sur l'Atlantide de Platon; — Brackenridge, Views 0° Louisiana. Pittsburg, 1814; — Moreau de Jonnès, l'Océan des anciens ; — Brasseur de Bourbourg, Ms, Troano. Paris, 1869-78; — D’Arbois de Julainville, les Premiers Habitants de l'Europe. A ces noms, il faut ajouter ceux de MM. Hamy ct Lagneau, dont nous avons parlé,
{2) « God has created an original pair here, as well as elsowhere. » Roman's, Concise Nat. Hist. of E. and W. Florida. New-York, 1775, p. 55.
(3) Crania Americana or a comparative View of the Skulls of various Aboriginal Nations of North and South America. Philadelphia, 1839.
(4) Types of Mankind, in-4°. London and Philadelphia, 1854. — On peut aussi consulter Pickcring, The Races of Men and their Geographical Distribution. New-York and Philadelphia, in-4°, 1848; — Sir G. Lyell, The Antiquity of Man ; Forshey, Squicr et d'autres savants éminents.
(5) Sketches of the Natural Provinces of the Animal World and their Relation to the different Types of Men.
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leurs aspects physiques, moraux ou intellectuels, nous ne pouvons voir aucun rapport entre les peuples de l'Ancien et du Nouveau Continent. Si même on parvient à prouver plus tard que les arts, les religions, les sciences de l'Amérique remontent à des sources exotiques, je maintiendrais encore que les caractères organiques de notre peuple, toujours persistants à travers ses ramifications sans fin de tribus et de nations, prouvent que tous appartiennent à une mème race et que cette race est différente de toutes les autres (1). » Quelques années après, ilreprenait la mème thèse, avee plus de véhémence encore : « Je déclare, répétaitit, que seize ans de travaux incessants n'ont fait que confirmer les conclusions posées dans les Crania Americana, que toutes les nations de l'Amérique, à la seule exception des Esquimaux, appartiennent à la même race et que celte race est complètement distincte de toutes les autres (2). »
Agassiz avait depuis longtemps émis l'opinion qu'il avait existé des centres de création différents pour les animaux. I avait fini par étendre cette hypothèse aux races humaines. « Nous soutenons, disait-il, que comme les autres êtres organisés, Îles hommes n'ont pu paraitre individuellement; les hommes ont été créés par nations, comme les abeilles par essaims (3). »
Écoutons encore M. F. Muller (4): « L'Amérique, en exceptant la région du Nord occupée par les Innuits (5) appartenant à la race hyperboréenne, est habitée par une seule variété humaine, qui ne présente ni par ses caractères physiques, ni par ses particularités intellectuelles, aucune franche parenté avec les « races habitant le monde ancien ».
Pourquoi, dit enfin un écrivain contemporain (6), ne pas
(1) 4n Inquiry into te Distinctive Characters of the Aboriginal Races of America, p. 35.
(2) Ethnology and Archæology of American Aborigines. NeWhaven, 1846, p. 9.
(3) Nott and Gliddon, Types of Mankind, p. 78.
(4) Allgemeine Ethnographie, p. 246.
(5) Telest le nom douné aujourd'hui aux bhanlhené ou du moins à une de leurs tribus les plus importantes.
(6) Simonin, «'Honime Américain. Paris, 1870.
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«.. Pourquoi supposer à plaisir, pour la race humaine, une unité qui n'existe point et surtout des migrations qui n'ont pas eu lieu ? Encore aujourd'hui il serait impossible à des Européens de franchir le continent américain, je ne dis pas de New-York à San-Francisco, mais mème de Panama à Aspinwall, s'ils n'avaient pas les chevaux, les diligences, les chemins de fer; et l'on veut que des sauvages aient descendu toutes ces régions le long de l'Atlantique et le long du Pacifique (1)! On ne compte done pour rien les Andes, les Sierras, les animaux malfaisants, les forêts impénétrables, les elimats torrides et malsains. Par lesitinéraires qu'ou suppose, la route est impraticable, et les sauvages l'auraient suivie, l'auraient ouverte ! erreur! »
« Aujourd'hui mème, les Indiens des contrées boréales ne viennent jamais dans les Prairies ; les Indiens des Prairies, quoique très nomades et chassant surdes étendues de terrain considérables, ne descendent jamais sur les plateaux mexicains : les Indiens du Mexique ne quittent jamais leur sol natal. Pourquoi done tous ces Indiens auraient-ils autrefois tenté les migrations que l'on suppose, du détroit de Behring au détroit de Magellan. »
Les conclusions de M. Simonin sont nettes. « L'homme américain, continue-t-il, est un produit du sol américain (2). »
La différence radicale entre la faune et la flore de l'ancien et du nouveau continent est un argument dont on ne saurait contester l'importance. Nul ne peut croire que l'ocelot ou le jaguar par exemple, qui font entendre leurs rugissements du Rio Gila jusqu'aux bords de l'Amazone, soient arrivés à la nage, de Asie ou de l'Afrique ; ou bien que les hommes les aient amenés à leur suite de régions où rien, absolument rien, ne prouve leur existence antérieure. Si donc nous sommes forcés d'admettre des centres de création différents pour les animaux, pourquoi l'homme seul formerait-il une exception dans la nature ?
(1) Comment M. Simonin explique:t-il done les migrations non pas des Aryas, il pourrait les nier; mais celles très indiscutables des Ci: ‘bres, des Teutons, des Francs, des Huns,
Nous avons tenu à citer les propres paroles des écrivains les plus autorisés qui ont soutenu la théorie d'une race autochtone, elles ne sauraient entrainer notre conviction.
I faudrait tout d'abord que l'on nous montrât que la race américaine est une, semblable à elle-même depuis les régions glacées du Canada jusqu'aux zones torrides de l'Amérique du Sud, Or c'est le contraire qui a lieu (1); partout nous trouvons des variétés, plus nombreuses peut-être que celles qui existent sur les anciens continents. D'Orbigny (2), après un long séjour en Amérique, repoussait avec énergie l'idée d'un peuple unique ; il affirmait qu'à ses yeux il existait plus de différence entre le Patagon et le Péruvien qu'entre un Grec, un Ethiopien etun Mongol. M. Virchow établit à son tour avec une grande force (3) la pluralité des races du Nouveau-Monde et l'impossibilité absolue de considérer ses habitants, quelque haut que l'on remonte, comme une race pure.
Des types absolument différents se rencontrent jusque dans la collection de crânes américains formée par Morton pour soutenir une doctrine, dont il était un des plus ardents propagateurs et qui est devenue au contraire la meilleure preuve que nous puissions donner contre elle (4). Si donc la race américaine offre des différences typiques aussi importantes qu'indéniables, ce n'est pas un seul, mais un nombre indéterminé de centres de création qui seraient nécessaires ; or nous ne connaissons aucun fait anthropologique, géologique, historique ou linguistique qui puisse justifier cette assertion (5).
(1) Les fouilles ct les recherches approfondies du D' Wilson viennent prouver une fois de plus la fausseté absolue de ce type unique, si cher à tant d'anthropologistes américains. On the supposed Uniformity of Crania throughout all Varieties of the Human Race. Americ, Ass, Montreal, 1857, p. 112.
(2) L'Homme Américain, t. 1, p. 123.
(3) Bull. Soc. Anthr., 1882, p. 171.
(4) « There is no evidence furnished by the measurement of crania, thatan American Raco as unique in itself and distinct from the resttof Mankind ever existed. » Short, The North Americans of Antiquity, p. 165. — Retzius, Smith. Contributions, 1869, p. 264. — Latham, Nat. Hist. of the Varieties of Man, p. 452.
(5) M. Hyde Clarke disait en 1873 à la réunion de l'Association britannique : « So far as the evidence of language is as yet availlable, and so far as probabilities go, the lan-
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