‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 109 sur 113 · RER ERA TERME ENS · texte numérisé non relu

RER ERA TERME ENS

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Je sais bien que les doctrines à la mode sont plus larges. L'homme, nous dit-on, est apparu sur des points bien divers, quand les circonstances favorables ont permis à cette forme nouvelle de paraître, succédant à d'autres qui peu à peu se rapprochaient de {a forme humaine actuelle, Nous ne nous arrèterons pas à demander pourquoi on ne nous montre aucune de ces formes intermédiaires, aucun débris, quelque faible qu'il soit, qui puisse combler les lacunes existantes ; lacunes que les plus ardents sont forcés d'admettre, Notre objection a plus de portée ; elle s'attaque au principe mème que l'on invoque, et nous demanderons comment il se peut faire que des conditions biologiques et climatologiques différentes, une faune différente, une flore différente, aient abouti en fia de compte à un homme semblable à l'homme de l'ancien monde, semblable par ses détails anatomiques ou physiologiques, semblable par ses instincts comme par son intelligence et son génie créateur, Ces hommes séparés par des mers immenses savaient fournir par les mêmes moyens aux mêmes besoins, bâtir une demeure, fonder une famille, se soumettre à des chefs, élever des temples, reconnaitre par conséquent un ètre supérieur à eux, créer un langage, arriver enfin à une civilisation comparative par un progrès incessant, ce caractère distinctif du genre humain à travers le temps et à travers l'espace. Comment se peut-il que des coefficients différents, pour nous servir des mots de l'école, aient toujours abouti à des résultats identiques ? Le domaine des hypothèses est large ; il est toujours facile de le parcourir. Celui des faits est plus étroit, plus difficile à aborder, et c'est cependant par les faits seuls, ilne faut jamais l'oublier, que l'on assure le vrai progrès scientifique.

Pour les animaux, pour les mammifères notamment du Nouveau-Monde, les différences qui les séparent de ceux de notre guage and culture of America are connected with those of the old world and there is no exclusive or indigenous American language, grammar or culture. The inference

drawn is that an original community of races aud culture was arrested in its develope-

ment by the stoppage of the migration of the advanced races, » The Migration of Man in Relation to Comparative Philology, p. 41.

continent sont telles, que l'on ne saurait leur trouver, parmi les espèces actuelles de l'Europe ou de l'Asie, ni ancètres, ni congénères, La conclusion naturelle est qu'ils n'ont pu arriver du vieux monde. « L'homme, au contraire, a dit excellemment \f. de Quatrefages en parlant des Américains, appartient au {type des anciens continents ; seul, il est semblable à lui-mèôme dans deux régions si différentes au point de vue de la faune (1), » « L'homme, répétait-il plus tard, dans son beau livre sur l'Unité de l'espèce humaine (2), ce type à part, cette espèce privilégiée entre toutes, alors même qu'on ne voit en lui que l'être physique, pouvait-il naître à la fois en tous lieux ? Non, ou bien il eût constitué une de ces exceptions uniques, dont nous ne connaissons pas encore d'exemples, »

Non seulement les Américains, dans l'exagération de leur ardeur patriotique, veulent que l'homme américain soit né sur le sol mème du nouveau continent, ils vont plus loin encore, et ils prétendent que la race jaune était originaire d'Amérique et que cette race aborigène s'est répandue sur le nord de l'Asie, chassant devant elle vers l'ouest et vers le sud-est les peuples qui occupaient ces régions. Puis, mêlée aux races noires, elle aurait formé la grande famille Malaye d'un côté et de l'autre, par la Sibérie, elle se serait étendue sur l'Eurc pe alors habitée par des sauvages, les hommes de l'âge de pierre vraisemblablement (3). C'est à cette race dominante et civilisatrice que seraient dus les premiers progrès de nos ancètres et aussi les anciens monuments qui existent dans certaines parlies de l'Asie, dans certaines îles de la Malaisie (#) et dont l'origine jusqu'à présent a défié toutes les investigations de la science

(1) Revue des Cours scient., 1865, p. 768.

(2) Ch. xxt.

(3) « Cuando toda la Europa estaba poblada por verdaderos salvages, en America habia pucblos sumamente adelantados, que vivian en grandes ciudades, ÿ levataban suntuosos monumentos. » Ameghino, {a Antinsedad del Hombre en el Plata, t. 1, p. 211.

(4) Le grand temple de Palenque correspond si exactement à celui de Boro-Boudor

dans l'ile de Java, qu'il parait impossible de contester une communauté d'origine. (Edinburgh Review, april 1867.)

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