‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 23 sur 113 · DS À · texte numérisé non relu

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mounds connus jusqu'à ce jour. Florence (Alabama) montre une seule pyramide tronquée de 88 pieds d'élévation; mais elle mérite une mention, à raison de la régularité géométrique de « construction, Chacune de ses faces est orientée avec une pricision qui étonne chez des peuples, que nous nous figurions jusqu'à ces derniers temps plongés dans une complète barbarie,

Nous avons suivi la description des écrivains américains qui ont eu l'avantage de visiter et d'étudier sur les lieux mêmes ces monuments d'un autre temps. Tout en acceptant leur clas sement à défaut d'un meilleur, nous devons répéter pour les temples les réserves que nous avons déjà faites pour les enceinles sacrées; rien ne permet de dire avec quelque certitude qu'ils fussent destinés à des rites religieux, et il est plus probable ‘que ces riles s'accomplissaient sur les autels, dont nous allons parler.

Les tertres destinés aux sacrifices affectent tantôt la forme d'un carré où d’un parallélogramme, tantôt celle d'un cercle ou d'une ellipse, Invariablement situés dans une enceinte, ils présentent le plus souvent des couches horizontales de gravier, de terre et de sable (1), qui recouvrent un autel toujours placé au niveau du sol et formé de dalles en pierres plates ou d'argile durcie soit au soleil, soit au feu (2). La diraension de ces autels varie à l'infini; nous en voyons qui u‘unt guère que quelques pouces carrés; d'autres au contraire qui atteignent jusqu'à 50 pieds de longueur sur 15 pieds de largeur. Tous portent les traces d’un feu violent, et les fouilles fournissent la preuve que les objets offerts aux dieux, auxquels ces autels élaient consacrés, devaient être purifièés par les flammes au moment de leur offrande.

(1) Le Prof. Andrews a prouvé que cette stratification n'est nullement d'un usage général, comme on le supposait jusqu'ici (The Native Americans, p. 83, note 2).

(2) Le D' Jones cite dans le Tennessee, un de ces autels sur lequel il était facile de reconnaitre les traces des tiges de canne dans lesquelles il avait été moulé, Par une exception rare, des cercucils grossièrement fabriqués avec des dalles de pierre brute étaient rangés autour de l'autel.

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LES MOUND BUILDERS. 111

Sous un de ces autels, on à relevé des milliers de pointes de flèches en quartz hyalin, en obsidienne, en manganèse, admirablement travaillées. Toutes étaient effritées, brisées par les flammes, et on ne put après de longues recherches, en recueillir que trois où quatre restées intactes, Sous un autre mound, il a été trouvé plus de six cents haches, offrant une certaine analogie avec nos haches #cheuléennes (1) ; sous un troisième, deux cents pipes caicinées et des ornements en cuivre souvent recouverts de minces feuilles d'argent, tous tordus par la force du feu auquel ils avaient éié soumis ; sous d’autres lertres enfin, des fragments de poterie, des instruments en obsidienne dont on ne peut préciser l'usage, des aiguilles eu ivoire et en ostellement fragmentées qu'il est impossible de dire leur longueur, des enroulements découpés dans des feuilles très minces de mica, et percés de trous réguliers qui devaient permettre de les suspendre.

Cette différence si complète des objets amoncelés auprès de nacun des autels, et que les fouilles ont mis au jour, est imporlante. Les uns ont donné des têtes de lance, des pipes; les autres, des fragments de poterie, des aiguilles; quelques-uns, de simples cailloux, sans hace de travail humain. Il est probable que les offrandes variaient selon le dieu que l'on voulait honorer.

I faut c2pendant ajouter que dans ces derniers temps, des doutes se sont élevés sur la destination de ces mounds. Ces autels au niveau même du sol, enterrés sous des amoncellements de sable ou de terre, paraissent étranges et sans précédents dans l'histoire d'aucune des religions connues. On s'est demandé s'il ne fallait pas voir là des sépultures, où la erémation était le rite employé (2). Le grand nombre d'objets toujours semblables que l'on rencontre, me parait exclure cette hypothèse. C'est un point que des fouilles ultérieures et de nouvelles découvertes pourront seules éclaircir.

Peut-être convient-il de ranger parmi les tertres à sacrifices,

(1) Ces haches ont en moyenne 0,15 de longueur sur 0,08 de largeur (Squier, Anc.

Mon. of the Mississipi Valley, p. 213).

(2) Conant, Foots Prints of the Vanished Races, p. 20.

deux groupes récemment découverts dans le Wisconsin (1). Le premier est situé dans un bas-fond auprès de la rivière Kickapoo (fig. 28). La hauteur du mound central qui représente

Fig. 28. — Groupe auprès de la rivière Kickapoo (Wisconsin).

un cercle rayonnant, n'est guère que de 3 pieds, son diamètre de 60 pieds, et il est entouré de cinq talus en forme de croissants, s'élevant à peine à deux pieds au-dessus du sol et présentant à leur sommet, une surface complètement plane. Les fouilles ont montré que ces mounds étaient un mélange de sable Elanc et d'argile bleuâtre. Elles n'ont donné qu'un nombre assez considérable de plaques et de fragments très minces de mica. Le mica parait avoir joué un rôle important dans les cérémonies religieuses de ces peuples, et sa présence est un indiee presque certain de la destination d’un mound.

Le second groupe (fig. 29), situé à une faible distance du premier, est plus compliqué dans ses dispositions. Il se compose de de deux cercles (2) séparés par un pentagone ct de plusieurs mounds détachés. Au centre, s'élève un autel, que l'on prétend avoir été consacré par des sacrifices humains renouvelés deux

(1) Conant, L. c., p. 20.

(2) Le diamètre du grand cercle est de 1200 piecs.

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consin (1) Ù fois chaque année. Au printemps, le vieillard le plus âgé de la la rivicre M tribu se présentait volontairement ; c'était le plus grand honneur représente 4 auquel il pût prétendre, A l'automne, on immolait une femme. !

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Fig. 29. — Groupe de mounds (Wisconsin).

Si au moment du sacrifice, le soleil était caché par des nuages, les chairs palpitantes de la victime déposées sur l'autel, y restaient jusqu'à ce qu’un de ses rayons vint les éclairer. C'était là le signe évident que le dieu agréait le sacrifice qui lui étaitoftert : aussitôt le peuple s'empressait d'accourir, et se livrait à de grandes réjouissances. Nous donnons ces détails d'après M. Conant (1), mais il est impossible de ne pas ajouter, qu'ils tiennent plus du roman que de l'histoire et qu'aucun fait connu ne per-

met d'affirmer leur exactitude.

(1) L. c., p. 21. Le D' Habel rapporte cependant que le curé de San Juan Sacatapeques (Chiapas) lui avait affirmé qu'aujourd'hui encore, les Indiens immolaient au printemps une victime humaine au dieu de la pluie. Devons-nous voir là, si ce fait est exact, un souvenir des coutumes des ancêtres,

DE NapalLLac, Amérique, 8

lui. L'affection pour des parents ou pour des amis, la pensée d'une vie future que l'humanité prétend en vain secouer, et qui toute vague et toute matérielle qu'il faille souvent la supposer, se poursuit à travers le temps et à travers l'espace, peut-être aussi le désir de se rendre le mort propice, la crainte de la vengeance de celui dont on aurait profané le cadavre, tous ces sentiments sont réunis dans le respect de la mort, que nous trouvons chez les

Fig. 30. — Groupe de tertres scpulcreux,

races les plus sauvages, comme chez les peuples les plus civilisés.

Les mounds sépuleraux, présentant partout une remarquable analogie, se rencontrent dans toute l'Amérique centrale, dans des régions aussi éloignées les unes des autres, que le Kentuck\ ou la Géorgie, Le Missouri ou le New-Jersey (fig. 30). De fréquents remaniements ajoutent aux difficultés déjà si grandes de leur étude. A des époques différentes, ils ont été utilisés par les Indiens et mème par les blanes pour la sépulture des leurs : il est cependant souvent possible de distinguer les enterrements secondaires; dans ce cas, les ossements se trouvent à la superficie, à 18 pouces au plus de profondeur ; tandis que ceux qui dorment leur dernier sommeil sur le sol naturel, appartiennent incontestablement à la race des constructeurs. Les Indiens n’ont aucune

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LES MOUND BUILDERS. 115

tradition qui se rapporte à ces mounds ; ils nient en général qu'ils soient l'œuvre de leurs ancêtres. M. Brackenridge cependant, en racontant les fouilles de Big-Mound (fig. 31), qui s'élevait, il y a peu de temps encore, au milieu des rues de Saint- Louis, ajoute que les Indiens s'empressèrent de venir enlever les ossements d'un de leurs chefs, C'est probablement là une excep-

Fig. 31. — Big Mound à St-Louis (Missouri).

tion due à un remaniement récent, dont la tradition s'était conservée.

Les mounds se rapportent à des rites bien divers, et l’on trouve chez les Mound-Builders, toutes les formes de sépulture usitées en Europe : le corps était inhumé, tantôt étendu horizontalement, tantôt replié sur lui-mème. Nous avons vu à Sandy-Wood's Settlement, les diverses positions données au cadavre ; dans le Comté de l’Union (Kentucky), les corps étaient pour ainsi dire, empilés les uns au-dessus des autres, sans ordre apparent (1). La crémation était également un des modes employés. Dans le Missouri, on recouvrait le corps d'une véritable carapace en terre glaise; puis on allumait un immense bûcher (2). M. Gillman raconte avoir trouvé dans la Floride, les cendres des morts con-

(1) Lyon, Smith. Cont., 1870.

(2) On cite aussi dans l'Ohio des corps recouverts d'une couche de terre glaise

servés avec un soin pieux dans des crânes humains (1). Au Kansas, on amoncelait sur le défunt des pierres, qui formaient avec le temps, un véritable murger (2). Sur d'autres points, il a été trouvé des squelettes enveloppés de quelques fragments d’un tissu grossier ou de bandelettes d'écorce. Squier décrit une sépulture fouillée sous sa direction (3) ; le sol avait été nivelé et une couche d'écorce placée sous le cadavre. Tout autour gisaient quelques outils en pierre, quelques ornements, parmi lesquels deux dents d'ours percées; au-dessus du squelette se trouvaient une nouvelle couche d'écorce soigneusement disposée et des terres amoncelées formant un tumulus.

Sous un mound à Chilicothe, on a découvert le squelette d'une femme de grande taille, jeune encore et ayant toutes ses dents ; à ses pieds gisaient les ossements d'un enfant; au-dessous de ces débris humains, on recueillait une terre grasse et noire, où le microscope a révélé des cristaux de sang, et des amas de cendres. On a supposé que les squelettes étaient ceux de victimes égorgées puis brûlées. En continuant les fouilles, on mit au jour un grand nombre d’autres ossements. Il est difficile de dire si c'étaient ceux de malheureux immolés pour obéir à des rites sanguinaires, ou s'ils appartenaient à des hommes simplement ensevelis dans des lieux vénérés. Tous les corps étaient couchés sur le côté gauche, et on avait placé à côté de chacun d'eux, un vase rempli d'aliments. Ce sont là des rites funéraires bien caractérisés.

D'autres explorateurs racontent des cimetières considérables, des groupes de mounds, où ils veulent voir les sépultures de grands chefs (4). Nous dirons dans le cours de cette étude les découvertes les plus importantes en cherchant à faire ressortir les rites différents dont elles témoignent.

rendue si dure par la cuisson, que ce n'était qu'au prix de grands efforts que l'on parvenait à l'entamer. Bwrial Mounds in Ohio. Am. Ant. July, 1879.

(1) Explorations in the Vicinity of Aledo (Florida).

(2) Report Peubody Museum, t. II, p. 7117.

(3) Aut. ofthe Mississipi Valley, p. 164.

(4) Conant, Foot Prints of Vanished Races.

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LES MOUND BUILDERS,. 117

Auprès de New Madrid, M. Conant a constaté que les cadavres étaient placés horizontalement la tête tournée vers le centre du mound. Deux vases destinés à recevoir de l'eau étaient déposés à droite et à gauche, et un troisième était maintenu sur la poitrine par les bras croisés du mort, M. H. Gillman cite un Buriul- Mound à Fort Wayne où le mélange confus des ossements montre la fréquence des remaniements, mais où l'inhumation était constamment le mode employé (1). Quelques vases en poterie très fine témoigaent d'un art déjà avancé.

Les fouilles exécutées par M. Putnam à Madisonville dans la vallée du petit Miami (Ohio), ont donné plus de six cents squelettes de tout âge et de tout sexe. Auprès d'eux, on recueillait des vases nombreux, dont quelques-uns étaient décorés de dessins tintôl linéaires, tantôt dentelés (2), des pipes en pierre, des pointes de flèche, des couteaux, des marteaux, des haches polies, des ustensiles en os et des ornements en écaille ou en cuivre (3).

Les fouilles de M. Farquharson auprès de Davenport (lowa), n'ont pas été des moins intéressantes (4); un des mounds présenlait un diamètre de 30 pieds et une hauteur de 5 pieds. Les couches successives à partir du sommet, comprenaient : terre, L pied ; pierres apportées du lit de la rivière, { pied et demi ; seconde couche de terre, 1 pied et demi; couche de coquilles, 2 pouces ; troisième couche de terre, { pied ; seconde couche de coquilles, 4 pouces. Cinq squelettes horizontalement étendus reposaient sous cette dernière couche. Le mobilier funéraire se composait d'une grande coquille marine (5), de deux haches en cuivre (6), recouvertes d'une étoffe tissée dont il était encore possible de reconnaitre les débris, d’une alène également en cuivre, d’une pointe de flèche en silex et de deux pipes dont

(1) Am. Ass. Buffalo, 1876.

(?) Deux vases étaient ornés de médaillons petits et grossiers, figurant des tètes humaines.

(3) Harvard University. June, 1881.

(4) An, Ass. Détroit, Michigan, 1875.

(5) Pyrula perversa.

(6) Ces haches n'avaient jamais servi; c'était donc bien là un rite funéraire.

l'une représentait une grenouille, Les ossements humains tombèrent en poussière, dès qu'ils furent au jour et ne permirent aucune observation, Les objets recueillis dans les autres mounds de l'lowa étaient analogues; on cite deux pipes, l'une représentant un cochon, l'autre un oiseau : elles offrent l'une et l'autre, une grande ressemblance avec celles de l'Ohio, Mentionnons encore une dent d'ours gris, percée d'un trou de suspension ; un examen plus attentif a prouvé que ce n'était as la véritable dent de l'animal, mais bien une imitation en os. L'esprit d'observation ne faisait donc pas défaut à ces hommes, Sous un mound silur auprès de Toolesboro (Iowa), on a recueilli une coquille originaire de l'Amérique du Sud (1) transportée bien loin des lieux, où le mollusque avait vécu,

Le diacre Elliot Frinck parle d'un squelette enterré la tête en bas (2). Ce serait là un fait curieux, mais tellement exceptionnel en Amérique comme sur l'ancien continent, que l'on doit supposer que le mort avait été primitivement placé dans une position assise ou repliée et que la pression des terres ou la décomposition ‘adavérique avaient fait glisser la tête entre les jambes. Dans le Wisconsin, les morts étaient enveloppés de bandelettes d'écorce et assis, le visage tourné vers l'Est. Aucune arme, aucun ornement n'étaient déposés auprès d'eux, etles nombreuses fouilles exécutées par le D" Lapham, ne lui ont procuré que trois vases en poterie fort commune (3). Sur d'autres points, dans le Tennessee par exemple, de nombreux squelettes qui paraissent remonter à l'époque des Mound-Builders, ont été enterrés dans des cavernes. À 15 miles de Sparte, on a rencontré dans une de ces cavernes, des débris humains renfermés dans des corbeilles en jonc artistement tressées. Ce n’est point là un fait isolé. Heywood aconte avoir vu sur le Smith’s Fork auprès du Caire, les squelettes d’un homme et d’une femme déposés dans des paniers (4). 1) American Antiquarian, 1879.

2) Perkins, Ancient Burial Ground in Swanton (Vermont) Am. Ass., Portland nue” of Wisconsin, Smith. Cont.,t. VIT.

(4) Jones, Explorations of the Aboriginal Remains of Tennessee. Smith. Cont.

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Les sépultures les plus curieuses sont celles où le mort était inhumé tantôt entre des dalles en pierre brute, tantôt dans des chambres sépulerales, qui rappellent les Chambered-Barrows de l'Angleterre.

Des 1818 on signalait à Fenton, à 15 miles de Saint-Louis, un cimetière, où les squelettes gisaient dans des cercueils, formés de six pierres grossitrement ajuslées sans ancune espèce de ciment. Les plus grands parmi ces cereueils ne mesuraient guère que 50 pouces de longueur ; les corps avaient dù y être placés roulés sur eux-mêmes, De là la croyance populaire, qui subsiste encore de nos jours, que le Missouri et le Tennessee avaient été originairement peuplés par une race de pygmées (1).

D'autres découvertes venaient les compléter, A l'occasion d'une session de l'Association américaine pour l'avancement des sciences tenue à Nashville en 1877, plusieurs des mounds si nombreux dans le Tennessee furent fouillés (2), M. Putnam constata qu'ils étaient des sépultures et l'œuvre de la race, dont il avait retrouvé les cimetières dans l'Arkansas, le Missouri et l'Hinois (3). Les crânes présentaient la mème forme ; les ornements, la poterie, les mêmes procédés de fabrication. Le nombre de squelettes recueillis était considérable. Leur chiffre fut diversement évalué de six à huit cents; une seule de ces sépultures fouillée sous la direction personnelle du savant conservateur du Peabody Muséum, en a donné près de cinquante, Les corps, à une exceplion près, étaient renfermés entre des dalles plus ou moins grandes en pierre brute et ces cercueils étaient disposés sans orientation, par couches successives. Quelques-uns (#4) étaient t. XXII, Washington, 1876. Humboldt signale des faits semblables au Pérou (Voyages aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, t. 1, p. 482 ct s.).

(1) Conant, £, c., p. 46.

(2) « Numerous stone graves containing human remains are at the present day, found along the banks of the rivers and streams in the fertile valleys and around the cool springs, which abound in the lime stone region of Tennessee and Kentucky. These ancient repositories of the dead arc frequently surrounded by extensive earth works which enclose imposing monumental remains. » D. Jones, L. c.

(3) Report Peabody Museum, 1878, t. I, p. 203 et s. Ces mounds étaient situés sur

une ferme appartenant à miss Bowling.

(4) Arch. Explorations in Tennessee. Report Peabody Museum, t. NM, p. 305.

vides, attendant sans doute celui qui devait les occuper, Les corps étaient étendus horizontalement, et auprès de chacun on avait placé des poteries de formes diverses (1), des outils en silex on en os, des ornements en coquille, derniers souvenirs adressés au mort, Dans le comté de Maddison (Hlinois), on a découvert deux cists en pierre que M. Bandelier décrit avec précision (2). Hs forment un rectangle, dont toutes les faces sont des dalles de calcaire dans leur état primitif et ne présentant aucune trace de travail humain, Les ossements étaient si mèlés que l'on dût conclure qu'ils avaient été jetés au hasard dans les cists, après la décomposition des chairs. Bien que l'antiquité de ces ossements parût considérable, un des crânes fut reconnu par des juges compétents, comme se rapprochant du type de la race indienne actuelle: mais un semblable mode d'inhumation a toujours été étranger aux Indiens et en admettant mème la ressemblance des crânes, elle ne saurait permettre une affirmation, que toul vient démentir, -

Les Chambered Mounds présentent des travaux plus importants des dispositions plus compliquées. Nous citerons tout d'abord un tumulus ües plus remarquables, celui de Grave-Creek au confluent de cette rivière et de l'Ohio (3). Ce tertre de dimensions considérables renfermait deux chambres sépulerales, lune à 30 pieds environ au-dessus de l'autre. Elles avaient été construites au moyen de poutres, qui en s'effondrant peu à peu, avaient permis aux pierres et à la terre amoncelées sur la voûte, d'envahir la surface vide et d'écraser les squelettes qui y étaient déposés. La chambre supérièure n'en renfermait qu'un seul; la chambre inférieure deux, celui d’un homme et celui d'une femme. A côté d'eux, gisaient de nombreux ornements en mica, des colliers de coquilles, des bracelets en cuivre et quelques fragments de pierre sculptée. De la chambre inférieure,

(1) Nous reviendrons dans lo chapitre suivant sur les poteries très curieuses que ces fouilles ont donné.

(2) Am, Ass. Saint-Louis, 1878,

(3) Le tumulus de Grave-Creek est situé dans la Virginie (D' Joly, Nature, 1873, t. I, p. 168).

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LES MOUND BUILDERS. 121

on pénétrait dans une autre plus grande, où se trouvaient dix squelettes accroupis, malheureusement dans un tel état de décomposition qu'il ne purent être soumis à aucun examen scientifique, On a présumé, que ces restes étaient ceux de malheureuses victimes immolées en l'honneur du chef auquel le tombeau était consacré,

A Harisonville (Comté de Franklin, Ohio), les fouilles ont montré des pierres brutes, placées les unes au-dessus des autres sans aucune apparence de mortier, Après avoir enleve les terres, les racines, les détritus de toute sorte qui l'obstruaient, on put reconnaitre une chambre de douze pieds carrés, et à l'extrémité un foyer encore rempli de cendres et de eharbons: autour de ce foyer gisaient huit squelettes de tout âge, depuis l'enfant jusqu'au vicillard, Dans les diverses vallées de la région s'élèvent des mounds semblables: ils ont donné de nombreux ossements humains, des instruments en silex et des tessons de poterie, Un des erânes portait implantée une pointe en silex de six pouces environ de longueur, qui avait vraisemblablement donné la mort, Parfois les eryptes étaient voûtées, pour pouvoir mieux résister à la pression des terres (1). Il est étrange de rencontrer chez ces hommes de pareilles connaissances architecturules.

Ces chambres sépulcrales se rencontrent surtout dans les États du centre. Les fouilles du Big-Mound à Saint-Louis dont nous avons déjà parlé (fig. 31) et qui a été détruit seulement en 1869, ont montré l'existence d'une crypte, mesurant 30 pieds de hauteur et 150 pieds de longueur (2). Les murs étaient non plus en pierres, comme ceux que nous venons de citer, mais en argile battue et lissée avec soin; on a supposé que le toit devait être formé de poutres destinées à supporter le poids des terres.

1) « Recent explorations of many mounds have disclosed a vault walled and arched with stone, some of large dimensions with contents similar to those of Utah, » Conant, Foot Prints of Vanished Races, p. 75.

(2) Brackenridge, Views of Louisiana. Quand les fouilles eurent lieu, cette crypte avait déjà été entamée ; mais on put encore la reconnaître sur une étendue de 72 pieds. Conant, L, c., p. 42.

Cronvation

C'est li une disposition rencontrée dans plusieurs mounds voisins, datant vraisemblablement de la mème époque, Les corps étaient étendus sur le sol nu, à une égale distance les uns des autres: toutes les tètes étaient tournées vers l'est, Dans le terreau noir qui recouvrait les ossements brisés en fragments par la chute des terres, on recueillait un nombre considérable de coquilles (1 ot des grains de colliers, assez semblables à ceux trouvés dans l'Ohio et taillés, dans le Pusycon perversum très abondant dans le golfe du Mexique,

La crémation des corps, de nombreux exemples le prouvent jusqu'à la dernière évidence, a toujours existé chez les Mound- Builders ; elle a été pratiquée dans les mêmes temps et par les mèmes peuples que l'inhumation, Ainsi nous venons de parler des chambres sépulerales du Missouri; M, Curtiss cite des groupes importants situés sur les deux rives du fleuve, [en lit fouiller trois sous ses yeux: les eryptes formaient un carré de 8 pieds sur une hauteur de # à 5 pieds; un passage de plusicurs pieds de longueur venait aboutir à une ouverture placée à l'est, Les murs avaient vers la base une épaisseur de 5 pieds qui allait en diminuant jusqu'au sommet; ils étaient construits en pierre, sans mortier, ni ciment d'aucune sorte, Une des cryples élait fermée par de grandes dalles; les autres l'avaient probablement été par des poutres en bois, disparues depuis longtemps, Chacune d'elles renfermait plusieurs squelettes (2), ayant lous été soumis à un feu violent, Les ossements humains étaient méèlés à des cendres, à des fragments de charbon, à des ossements d'animaux qui jonchaient le sol sur une hauteur de plusieurs pouces; parmi ces débris, les explorateurs découvrirent quelques fragments presque imperceptibles de poterie, des instruments en silex et une dent de requin. Les fouilles se poursuivirent sous un grand mound voisin, mais là on ne ren-

(1) Principalement des coquilles de moul: « tres abondantes dans le voisinage et une petite coquille marine la Marginella apicinn (Lamarck).

(2) Dans une de ces cryptes, M. Curtis dit avoir reconnu cinq squelettes, dans une

autre treize, Report Peubody Museum, t. H, p. 717. Voy. aussi E. P, West, Western Review, February 1879.

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contra aucune trace de crémation, Les corps avaient été étendus horizontalement sur le sol; et M, Curtiss put recueillir une précieuse collection d'outils, d'armes en silex, de poteries fabriquées avec soin, Quels étaient les rapports entre les hommes qui enterraient leurs morts et leurs voisins qui les brulaient? \ppartenaient-ils aux mêmes races? Vivaient-ils à la même époque? Nul ne peut répondre avee quelque certitude,

Le Missouri n'est pas le seul point où la erémation existait : le docteur Andrews cite à Connetts mound près de Douvres Comté d'Athènes, Ohio, des ossements humains brûlés qui prouvent clairement l'incinération du cadavre (1), Le docteur Larkin arrive aux mêmes conclusions, après les fouilles d'un tertre dans l'État de New-York (2), M. Lapham a recueilli sous un des mounds qui s'élèvent dans la vallée de la Pishtaka (3), de l'argile brûlée, des pierres presque converties en chaux par l'intensité de la chaleur, des morceaux de charbon, et parmi tous ces débris, un tibia humain à demi caleiné, Squier cite également plusieurs cas où les squelettes portaient encore les traces du feu qui avait consumé les chairs.

On peut encore mentionner un mound de forme ovale, situé dans la Floride (4). A des profondeurs différentes, variant de # à 15 pieds il a été recueilli de nombreux ossements humains indiquant toute une série de sépultures : avec ces ossements, on trouvait plusieurs vases d'une exécution et d'une ornementation remarquables, quelques éclats de silex et une hache en pierre, En poursuivant les fouilles, on rencontra des cendres, et des débris humains à demi consumés: ils avaient été recueillis et placés dans un crâne qui tomba malheureusement en poussière, dès qu'il eût été mis au jour, Ce n'est point là un (1) Report Peabody Museum, 1877, t. I, p. 59. Avant la crémation, le cadavre parait avoir été placé dans un cercueil de bois, La présence, de nombreux détritus semblables à ceux que l'on rencontre sous les Kj‘kkenmüddings indique l'usage des festins funéraires.

(?) Report Peabody Museum, 1880, t. IL, p. 722. (3) The Antiquities of Wisconsin.

(4 Gillman, Am. Ass. Saint-Louis, 1878. Les deux axes de la base mesurent resdectivement 98 et 88 picds.

fait isolé (1), nous avons déjà cité d’autres exemples. Ces cernes qui témoignaient certainement d'un rite funéraire particulier, appartenaient-ils aux hommes dont les corps avaient été brülés? ILest difficile de le dire : car si d'un côté ils n'offrent aucune trace de feu, de l'autre les recherches les plus actives n'ont donne aucun fragment crânien, parmi ceux recueillis, Ajoutons que quelques os longs paraissent avoir été fendus; si ce fait est exact, et si l’on doit y attacher son interprétalion naturelle, l'anthropophagie, au moins sur certains points, n'aurait pas été étrangère aux Mounds-Builders (2).

Pour terminer ce qui a trait aux mounds sépuleraux, il faut aconter des faits encore peu connus et qui font mieux ressortir les honneurs que les Mounds-Builders rendaient à leurs chefs et les soins pieux qu'ilsapportaient à leurs funérailles. Un groupe de mounds (fig. 32)s’élève à la jonction du Straddle-Creek et du Plumb- River (Comté de Carroll, Hinois) (3). Les formes de ces mounds varient; les uns figurent des cônes, les autres des cercles à divers degrés de formation. Les fouilles ont donné des cendres et des résidus de terre noire. On a supposé que c'étaient les sépultures d'hommes qui brûlaient leurs morts. Chaque famille avait sa tombe, et quand un des membres mourait, ses cendres étaient

(1) On pourrait citer aussi les fouilles faites en 1874, sous des mounds situés sur le Mississipi, en face de la ville de Muscatine. Elles ont donné des ossements humains et au-dessus des ossements des charbons et de la terre brûlée, preuve certaine qu'un grand feu avait été allumé après l'inhumation. C'est 14 un autre rite funéraire (4merican Anliquarian, 1879, 3° trim., p. 99).

(2?) La crémation existe encore chez quelques tribus Indiennes de l'Amérique du Nord. M. John Leconte raconte avoir assisté à une scène de ce genre chez les Cocopas, établis auprès du fort Yuma. à la jonction du Colorado ct du Gila. Un fossé profond avait été creusé et le bois empilé, avant que les parents et les amis apportassent le corps. Les hommes avaient le visage peint en noir ; les femmes hurlaient ct chantaient tour à tour des hymnes funéraires ; quand le cadavre fut à demi consumé, un vieillard, des principaux de la tribu, s'approcha et avec un bâton pointu arracha les deux yeux et les présenta successivement au soleil, en prononçant quelques mots, qui au dire du guide qui accompagnait M. Leconte, étaient une prière pour le mort. Quand

+ fut terminé et le feu éteint, les assistants rassemblèrent avec soin les cendres et 2 ossements calcinés pour les remettre à la famille du défunt. Cremation amony North American Indians. Am. Ass. New-York, 1874.

(3) Conant, Foot Prints of Vanished Races, p. 17.

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LES MOUND BUILDERS.

déposées auprès de celles des siens et recouvertes d'une couche de terre, On continuait ainsi, jusqu'à ce que l'on eût obtenu un cône de 2 pieds environ de hauteur, Les cercles, les demicercles indiquent les tombes, où les hôtes n étaient pas encore

Fig, 32, — Groupe de Mounds à la jonction du Straddle Greck et du Plumb River

nombreux et que l'extinction ou la dispersion de la famille

n'avaient pas permis de compléter. Nous donnons cette explication pour ce qu'elle vaut, en ajoutant seulement que des sépul-

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tures semblables se trouvent dans toutes les régions à l'ouest du Mississipi, dans la vallée de l'Ohio, dans le Michigan et

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dans plusieurs autres Etats du Nord.

A 250 mètres à peine du groupe dont il vient d’être question,

on en à découvert un autre, datant en apparence de la même époque, où les corps étaient simplement inhumés. Une tradition

veut que ce changement dans le mode de sépulture ait eu lieu,

pour obéir aux prophètes de la tribu, effrayés d'une éclipse du

soleil, arrivée au moment où ils brülaient le corps d’un de leurs chefs. Sans attacher à cette tradition plus d'importance qu’elle ne le mérite, nous dirons seulement que le fait de l’existence

simultanée chez le mème peuple de deux rites funéraires, aussi

différents que la crémation et l'inhumation exciterait plus vivement notre surprise, si nous ne connaissions chez les diverses races européennes bien des exemples analogues.

126 L'AMÉBIQUE PRÉHISTORIQUE.

Ce second groupe (fig. 33), découvert dans le Minnesota, sur la rive nord du Saint-Pierre, à 60 miles environ de sa jonction avec le Mississipi présente un aspect plus compliqué. I comprend 26 mounds régulièrement espacés et formant ensemble un grand rectangle (1). Le mound central (a) figure une tortue de 40 pieds de longueur sur 27 pieds de largeur et 12 pieds de hauteur, I es presqu'en totalité formé d'argile jaune étrangère au pays ct apportée sans doute de loin, Au nord et au sud, s'élèvent deu mounds (d) de forme pyramidale en terre rouge, recouverte d'une légère couche d'humus. Chacun d'eux mesure 27 pieds de lon-

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Fig. 33. — Sépulture de la Tortue noire.

gueur, sur une hauteur de 6 pieds environ à sa base. Cette hauteur va en diminuant jusqu'à la pointe, qui s'élève à peine audessus du sol. À chaque coin se dresse un tertre circulaire (f) de 12 pieds d’élévation, sur 25 pieds de diamètre. A l’est et à l'ouest, deux tertres allongés (ce) de 60 pieds de longueur sur un diametre 12 pieds. Deux mounds plus petits (e) placés à droite et à gauche de la tortue, ont 12 pieds de longueur et # pieds de hauteur, Is sont formés de sable blanc, mêlé de nombreux fragments de mica, et recouverts d'une première couche d'argile, puis d'une seconde couche de terre végétale. Les deux tertres (b

(1) Conant, £. c., p. 18.

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