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cuisson trop imparfaite, pour qu'ils pussent se conserver jusqu'à nous, L'homme dès les débuts de l'humanité, avait été frappé de la téngeité et de la plasticité de l'argile humide qui gisait à ses pieds (1), Le hasard mème devait Famener à la pétrir; la boule, jouet d'un moment rapidement abandonné, durcissait aux rayons ardents du soleil, Les creux imprimés avec ses doigts, imitaient ceux des rochers, où cet homme allait puiser l'eau qui lui était nécessaire. Ces faits ne pouvaient échapper à son observation, à l'esprit d'imitation inné chez nous ; le fou séchait plus vite que le soleil ces vases grossiers, il apprit à l'utiliser, La euisson de ses aliments fut un de ses premiers besoins, une première distinction entre lui et Fanimal; l'instinet, puis la réflexion devaient le conduire à couvrir de terre les bois, ou les gourdes qu'il exposait au feu, Goguet rapporte que le capitaine Gonneville, visitant en 1503 les Indiens, vit chez eux des vases en bois que l'on recouvrait d'une épaisse couche d'argile, avant de les présenter à la flamme (2), Cook signale à Unalashka des vases fabriqués avee une pierre plate, à liquelle on collait des parois en argile (3), Sur d'autres points on trouve des vases qui paraissent avoir été dureis en mettant dans la partie concave des charbons ardents (4), Les indigènes de l'île Murray font cuire leurs aliments dans un trou creusé en terre qu'ils ont soin d'enduire d'argile suffisamment pétrie, avant d'allumer le feu (5), Les Indiens du golfe de Floride modelaient leurs vases sur des gourdes, et pour ceux d'une capacité plus grande, ils se servaient de paniers en jones, en lianes, en cordes mème, dont il est encore possible de reconnaitre fa marque (6). Quelques-
(1) « Clay is a material 80 generally diffused and its plastic nature 80 casily discovored, that the art of working it does not excoed the intelligence of the rudest savage, » Birch, Ancient Pottery, Introduction, p. 1.
(?) Mémoire touchant l'établissement d'une mission Chrestienne dans le troisième monde, autrement appelé la Terre Australe. Paris, 1663, publié par l'abbé Paulmier de Gonneville, un des descendants du capitaine.
(3) Voyage dans l'Océan Pacifique, t. MH, p. 510,
(4) On peut voir un de ces vases au Peabody Museum. Il porte le n° 7,756 du catalogue.
(o) Lubbock, L'Homme préh. trad. Barbier, p. 449.
(6) Rau, Indian Pottery. Smith. Cont., 1866. — Tylor, Early Hist, of Mankind, p.13, — Proceedings Anth. Soc. of Washinglon, 1819-80,
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uns ont dû être modelés sur des tissus grossiers, sur des moules en bois qui disparaissaient dans la cuisson, mais dont les traces indélébiles subsistent encore aujourd'hui. Bien des systèmes, ont pu ètre employés pour la fabrication des premières poteries; il est probable que tous l'ont été et ont amené ou perfectionné cette utile découverte.
En Amérique, on a trouvé, comme nous l'avons raconté, des débris de poterie dans les cavernes, ces premières demeures de l’homme, sous les kjôkkenmôüddings qui attestent sa longue résidence ; mais ce sont surtout les mounds, et parmi les mounds, ceux destinés aux sépultures, qui ont livré les pièces les plus importantes.
Les vases funéraires remontent à la plus haute antiquité. Le sentiment de l’immortalité, si profondément gravé en nous, se révèle avec éclat, L'homme, quelque sauvage, quelque dégradé que l'on veuille le supposer, s'affirme au delà de la vie, qui s'écoule si rapidement pour lui. Il n'admet pas qu'il doive disparaître à jamais, comme l'herbe qu'il foule à ses pieds, comme l'animal victime de ses besoins ou de ses plaisirs, Si pensée, sans doute, ne s'élève guère au-dessus des jouissances d'un ordre tout matériel, au-dessus d’une existence libre de travail et de soucis; cette existence, il prétend l'assurer à ceux qu'il a aimés, dans ce monde inconnu où la mort les conduit. De là, ces objets nombreux et variés que les tombes nous livrent, comme le secret des hommes de tous les temps et de tous les pays.
C'est dans les vallées du Missouri et de ses affluents que l'on rencontre les poteries les plus intéressantes, comme forme et comme ornementation (1). Le pays avait été habité par une race d'hommes ayant des villes, un gouvernement, un système religieux, des goûts artistiques, une race différente de tous points des misérables fndiens, que les Français, les premiers explorateurs du Missouri et du Mississipi, eurent à combattre. Saint-
(1) E. Evers, Ancient Pottery of Missouri; Saint-Louis Academy of Science, 1880. — Conant, foot Prints of Vanished Races. Saint-Louis, 1879.
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Louis (1), une des villes fondées par nos ancètres, est quelquefois appelée Mound-City à raison du nombre de mounds qui l'entourent et qui restèrent longtemps, sans même être remarqués par les rudes l'availlcurs, premiers colons du pays. Ces mounds, à en juger par les objets qu'ils renferment, sont moins anciens que ceux de l'Ohio ou du Wisconsin. Les fragments de poterie qu'ils ont donnés sont innombrables, On cite un seul mound, où il a été recueilli plus de mille spécimens (2). Les sépultures fouillées à Sandy-Woods en ont donné à peu près autant (3). Les nombreux débris trouvés sur certaius points du Michigan ont fait supposer l'existence de véritables fabriques (4). Les collections de l'Académie de Saint-Louis renferment plus de quatre mille exemplaires choisis avec soin, et il est certain qu'un nombre bien autrement considérable a dù être brisé et dispersé avant que leur importance ne fût soupçonnée. Ainsi dans l'État de Vermont, on ne cite que six vases restés intacts parmi tous ceux qui ont été découverts (5). Ces fragments qui ont défié les siècles soni les témoins impérissables de ces hommes dont le souvenir mème était complètement effacé chez ceux qui les ont remplacés.
La céramique fabriquée en Amérique, comparée à celle de l'Europe durant la mème période de développement, était évidemment très supérieure. C'est là une première remarque qui s'impose (6). Il est probable aussi que les fragments en grand
(1) Saint-Louis est la ville la plus importante de l'État de Missouri, dont Jefferson est la capitale.
(2) On ne doit guère s'étonner de ce nombre. Qui ne connaît à Rome la colline entièrement formée des débris de la poterie des anciens Romains, et pour ne citer qu'un autre exemple, on a trouvé à Arles des fragments en assez grande quantité pour que les remblais du chemin de fer, qui traverse le pointe nord de la Camargue, en soient exclusivement formés sur une longueur de ? kilomètres.
(3) W. P. Potter, Arch. Remains in S. E. Missouri. Saint-Louis Acad. of Science,
(4) Gillman, Report Peabody Museum, t. I.
(8) G. H. Perkins, General Remarks upon the Arch. of Vermont. Proc. Am. Ass. for the Advancement of Science. Saint-Louis, 1878.
(6) Nous ne connaissons chez aucune des nations occidentales de l'Europe, pas mème chez les lacustres suisses, dont la civilisation, sous certains rapports était très avancée, ces figurines représentant soit des hommes, soit des animaux.
Modes de fabrication.
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nombre, qui restent sans date pour nous, remontent à des époques reculées. Il est rare qu'ils soient associés à des objets en métal, et les seules armes des Mounds-Builders étaient des haches, des couteaux ou des flèches en silex, qui ressemblent, comme forme et comme travail, à ceux de nos régions, durant ces temps auxquels les archéologues ont donné le nom d'âge de pierre. La poterie des Mounds-Builders était façonnée avec une argile grise assez foncée, tirant quelquefois sur le bleu; pour lui donner plus de consistance, le potier la mélangeait avec du sable, avec des fragments de coquilles dans le Mississipi, avec des grains de quartz, de mica ou de feldspath dans le Vermont ; sur d’autres points, avec de petits nodules de carbonate de chaux (1). Les vases les plus épais et les plus grossier. ‘aient les seuls pour lesquels on négligeait ce soin. Par contre les poteries plus fines étaient mêlées de gypse et l'on arrivait ainsi à des nuances plus claires. La pâte étant suffisamment pétrie et amenée à la forme voulue, l'ouvrier lissait le vase à la main et le faisait sécher d'abord très probablement au soleil, plus tard à un feu vif, ce qui ne pouvait amener qu’une cuisson fort imparfaite. Aussi Squier et Davis, dans leur remarquable travail sur les mounds de la vallée du Mississipi, affirment-ils l'existence de véritables fours, destinés à la cuisson de la poterie (2). D'autres explorateurs signalent ces mêmes fours auprès de Cedar-City, qui s'élève sur les ruines d’une vieille ville aztèque (3). Mais rien ne prouve qu'ils soient d’une antiquité très reculée et il est probable que leur construction indiquait un progrès, que le temps seul pouvait amener. Il ne serait pas non plus impossible que les anciens Américains ne se fussent servi d’un procédé, naguère encore en usage chez les Indiens de la Californie ; ils rangeaient les pièces destinées à la cuisson, dans de grands trous creusés en terre et chauffés à l’aide de feux de (1) W. de Hass., Arch. of the Mississipi Valley. Proc. Am. Ass. Chicago, 1868. (2) Anc. Mon. of the Mississipi Valley. — Bancroft dit : « Pottery kilns were found in the South : but that they were the work of the Mound-Builders has not been satis-
factorily proven. » (The Native Races, t. IV, p. 780.) (3) Remy and Brenchley, À Journ?y to Great Salt Lake City. London, 1861.
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bois menu et flambant (1). Il est d'autres hypothèses encore ; mais pas plus que celles que nous venons de mentionner, elles ne peuvent donner de certitude.
Ce fut plus tard aussi que les races indigènes de l'Amérique se servirent du moulage. Ce mode était certainement connu des Mexicains et des Péruviens; les moules retrouvés sur des points bien différents ne peuvent laisser de doute à cet égard ; mais il dut être précédé de longs tâtonnements. Nous avons dit les gourdes, les paniers en jonc ou en lianes, enduits d'argile et exposés ensuite à la flamme. Ce furent sans doute là, les premiers essais; de nombreux tessons que l'on recueille, portent les marques de leur origine, et dans leur pâte il existe des débris de charbon provenant évidemment des matières végétales employées (2). Il serait difficile d'indiquer tous les modes de fabrication; on conçoit qu'elle devait sensiblement varier selon le temps et selon la région. La poterie du Missouri était supérieure à celle de l'Ohio; celle du Kentucky ou celle de la Virginie ne peuvent être comparées à celle de l'Illinois; celle du Michigan est probablement la plus grossière de toutes. Si mème, ce qui est fort douteux, ces poteries remontent à des époques identiques, les différences qui existent entre elles s'expliquent par la rareté, l'absence même de toute communication entre des tribus, dispersées sur de vastes étendues de territoire et absorbées par les difficultés matérielles de la vie.
La capacité des vases variait naturellement selon leur destination. Il en est de quelques centilitres; il en est de plusieurs litres. Cockburn, un des rares voyageurs qui parvint, au siècle dernier, à traverser le continent, du golfe de Honduras au grand Océan (3), en cite d'une contenance de dix gal-
(1) Schumacher, Reports Peabody Museum, 1879, t. II, p. 521 ets.
(?) Le prof. Swallow a constaté ce fait dans les fouilles de Big-Mound (fig. 31). Report Peabody Museum, t. I.
(3) À Journey over Land, from the Gulf of Honduras to the Great South Sea. London, 1335. En 1527, quatre des compagnons de Pamfilo de Narvaez, après l'échec de leurs tentatives de colonisation dans la Floride, allèrent du golfe du Mexique au Pacifique. Cette première expédition transcontinentale dura neuf ans et s’accomplit après des sou!-
lons (1), et il est possible d'en trouver de plus grands encore,
La roue du potier paraît avoir été inconnue dans l'Amérique du Nord comme dans l'Amérique du Sud. Cependant en voyant le fini et la régularité de certaines pièces parvenues jusqu'à nous, il est difficile de croire que les ouvriers qui les faconnaient n'eussent aucun moyen mécanique à leur disposition pour amener une uniformité de pression, Tel est l'avis d’éminents archcologues, après un examen attentif de plusieurs poteries provenant des fouilles auprès de New-VMadrid (2). Malheureusement ces pièces tombèrent en fragments, dès qu'elles furent exposées à
Fig. 39. — Bouteille cuite au feu provenant d'un mound du Missouri.
l'air. Leur examen est donc désormais impossible et le problème
reste entier.
Les formes très variées des poteries américaines se rapprochent
frances inouies, dont un des explorateurs Cabeça de Vaca a conservé le récit (Ternau\-
Compans, t. VII, 1re série), — Perkins, Am. Ass., Buffalo, 1876. (1; Le gallon équivaut à 4,54 litres.
(2) Conant, Foot Prints of Vanished Races.
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