‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 61 sur 113 · DV · texte numérisé non relu

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L'intérieur du palais répond à la magnificence de l'extérieur ; lsgaleries formant péristyle s'étendent tout autour de la cour: k salles sont ornées de bais-reliefs en granit (fig, 124), figures harres qui atteignent jusqu'à LE pieds d'élévation, Le dessin, les proportions anatomiques sont corrects et toutes ont une pression, qui témoigne de Fhabileté de l'artiste ; mais le faire

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Fig, 124. — bas-reliof du palais de Palenque,

«t mou, rond, et accuse plutôt un art en décadence que l'âpreté d'un art naissant (1).

Ces salles étaient réunies par des corridors ; nous reproduisons hcoupe d'un d’entre eux (fig. 125), qui permet de mieux saisir le genre de construction. Les architectes de Palenque ignoraient le plein cintre et les voûtes étaient formées d'assises superposées, comme dans les monuments cyclopéens de la Grèce ou de l'Italie.

L'ensemble de l'édifice est complété par une tour à trois ages, mesurant 30 pieds carrés à sa base. Ici aussi nous trouvons des décorations symboliques, très riches et encore assez

(1) Viollet-le- Duc, ap. Charnay, Cités et Ruines américaines, Ant., p. %4. De NabaiLLac, Amérique. 21

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bien conservées, Rien n'indique l'âge de ce palais ; il était, non l'avons dit, abandonné lors de la conquête espagnole, et à cu, époque, aucune des races qui peuplaient le sol américain n°. tait capable d'entreprendre de semblables constructions, 11 o4 cependant possible de fixer certaines limites; ainsi, avec Jus pluies tropicales qui durent pendant six :nois de l'année, ve, la végétation arborescente qui remplit toutes les fissures, ancun monument n'aurait pu subsister durant le nombre de siveles, que l'on attribue par exemple à ceux de l'Égypte, et les conjec. tures les plus hardies ne permettent pas de faire remonter l4

Fig. 125, — Section d'un corridor double à Palonque

monuments de Palenque plus haut que les premiers siceles de notre ère (1). M. Charnay, depuis sa dernière visite, n'accepte mème pas une date aussi reculée ; pour lui, tous les monument du Yucatan sont dus aux Toltecs et ont été construits entre ke douzième et le quatorzième sièele (2). Il est impossible que ces ornementations délicates, composées de petits rondins de ciment appliqués en forme de losange, sur le corps de la muraille, aient pu résister plus longtemps aux effets d'un climat destructeur, Une seconde observation est non moins importante: les escaliers sont neufs, les marches sont entières, les arètes sont

(1) Bancroft (t. 1V, p. 362, note 68) rapporte toutes les hypothèses émises sur la date de la fondation de Palenque; elles varient, du déluge au quinzième siècle de l'ère chrétienne. La marge, on le voit, est large,

(2) Bul. Snc. géog., novembre 1881.

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LES RUINES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 323 es: nulle part on ne voit l'usure, indice certain d'une longue Wbitation. La conclusion est forcée ; les Palenquéens, pour des notifs qui restent ignorés, ont dù évacuer la ville peu de temps ris la construction des principaux édifices,

La grosseur des arbres qui surplombent les toits et les pyramils avait été acceptée jusqu'ici, comme une preuve concluante ke l'antiquité de ces constructions, C'était en s'appuyant sur cette mue, que Waldeck parlait de deux mille ans ; M. Larrainzar dit un arbre des ruines, sr lequel ilavait pu, à l'aide du miscope, compter jusqu'à dix-sept cents cereles concentriques et uquelilaccordait, en se fondant sur les données reçues, une antiquité de 1700 ans, Mais voici que M. Charnay apporte des conelujons toutes différentes, Il avait coupé un arbuste âgé de dix-huit mois au plus, il constatait dix-huit de ces cercles, Sa première pensée fut qu'il y avait là une anomalie ; mais après avoir fait attre des arbres d'espèce et de grandeur différentes, il vit chez bus, les mêmes faits se produire dans des proportions semblables,

Ce n'est pas tout : lors de sa première visite à Palenque en 1859, M, Charnay avait fait abattre des arbres qui obstruaient les ruiws, afin de prendre des photographies plus exactes. D'autres rbres les avaient remplacés ; ils étaient donc âgés en 1881 de \ngt-deux ans ; or sur la tranche de l'un d'eux, de soixante à oxante-dix centimètres de diamètre, il comptait deux cent trente «rcles concentriques. C'est là un fait de physiologie végétale urieux ; si son exactitude est reconnue, nous ne saurions, aus les tropiques, évaluer l’âge des arbres par les mèmes procédes que dans nos régions, et une des preuves les plus sérieuses, que l'on puisse invoquer pour l'ancienneté des édifices de Paknque ferait absolument défaut.

Iserait trop long de décrire les autres monuments de Palenque, que l’on désigne sous le nom de temples (1). Nous devons œpendant une mention à l’un d'eux, situé sur l’autre rive de l'O-

(t) Le grand temple de Palenque correspond si exactement à celui de Boro-Boudor, tué dans l'ile de Java, qu'il n'est guère possible de contester séricusement la commu iauté d'origine et la destination de ces deux monuments, Revue d'Edimbourg, avril 1867.

421 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, tolum et connu sous le nom de Temple de la Croix, M S'élore une pyramide tronquée et forme un quadrilatére avec trois on. vertures de face, séparées par des pilastres massifs, ornés les un. de hiéroglyphes, les autres de figures humaines, La frise 4 également couverte de figures, et parmi celles encore vil Stephens cite une tête et deux torses, qui par la perfection | leurs formes rappellent l'art grec. Les ouvertures, toutes à ang) droit, donnent sur une galerie intérieure qui communique ne (rois petites chambres, L'une de ces chambres, celle du eentr renferme un autel qui figure assez bien une caisse ouverte, or, d'une petite frise avec encadrement, Aux deux extrémités sup. ricures de la frise se déploient deux ailes qui rappellent le gen d'ornementation si souvent employé sur les frontons des mon ments de l'Égypte (1).

Au-dessus de l'autel était la tablette de la croix (fig, 126, avr chée de son emplacement primitif par la main d'un fanatique qu voulait y voir le signe sacré de la foi du chrétien, miraculeuse. ment conservé par les anciens habitants du palais, La tablet fut enlevée, puis abandonnée, nous ne savons pour quel motif, à milieu de la forèt qui couvre une partie des ruines, Ce fut la qu les Américains la découvrirent, s'en emparèrent et la transpor. terent à Washington, où elle fait partie des collections du muse national (2). Le centre représente une croix appuyée sur un figure hideuse et surmontée d'un oiseau fantastique, A droite, ur personnage debout offre des présents ; à gauche, un autre personnage dans une attitude recueillie, semble implorer la divinit Le costume des deux personnages ne ressemble à rien de ce qu l'on connait ; au-dessus de leurs têtes, on distingue plusieurs caructères hiéroglyphiques. Une dalle située à droite en est également couverte, Cesinscriptions sont-elles des prières aux dieux, lhistoin du pays ou celle du temple, le nom ou la dédicace des fondateur. c'est ce qu'ilest impossible de dire dans l'état actuelde la science

(1) Charnay, L. e., p. 417. Nous lui empruntons la plupart de ces détails, —DelR le, p. 17. — Waldeck, pl. XX. — Stophens, £, c.,t. Il, p. 344. (2) Ch. Rau, The Palenque Tublel. Smith. Cont.,t. XXII.

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\u fond d'un sanctuaire récemment découvert par M, Maler pres de Palenque (fig. 127, page 326) (1), on voit trois dalles de re sculptées en faible relief, À droite et à gauche sont des jvroglsphes; au centre, une croix surmontée d'une tôte d'un

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Fig. 126, — Tablette de la croix à Palenque.

‘x de cette tête, un oiseau et des deux côtés des personnages qui appellent exactement ceux du temple de la Croix. C'était là, un ïpe hiératique, dont il n'était pas permis à l'artiste de s'écarter.

La présence de la croix à Palenque, sur des monuments antéits à l'introduction du christianisme, n'est pas un fait isolé ;

1 Nature, 11 octobre 1879,

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l'auditeur de justice Palacio vit à Copan, une croix avec un de

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cluso de la Vega, une autre à Cuzco ; nous en avons nous-mêmes,

donne plusieurs exemples (1). Lacroix it regardée comme le symbole de puissance créatrice et fertilisante ke la nature, et sur plusieurs points an l'honorait par des sacrifices de alles, d'encens et d'eau lustrale.

Nous ne pouvons quitter les ru‘nes de Palenque sans mentionner une datue (fig. 128) remarquable à plus Lun titre (2). L'expression du visage aime et souriante est celle des dates égyptiennes : la coiffure nppelle les coiffures assyriennes ; un collier entoure le cou; le per- «nnige presse sur Sa poitrine un instrument et appuie sa main gauhe sur un ornement: lun et l'autre difficiles à déterminer. Le «cle de la statue porte un cartouche “ee une inscription hiéroglyphique (3) indiquant probablemen® le nom du dieu où du héros à qui elle dit dédiée.

Ces hiéroglyphes présentent une craie conformité avec ceux de l'Éapte, Nous revenons avec insistance ir ce point curieux, sans vouloir cependant résoudre par quelques rsemblances accidentelles le grand

Fig 128. — Statue provenant de Palenque,

problème de l'origine des races, encore moins établir que des

{ Voy. chap. 1v, p. 175.

(2 La hauteur de la statue est de dix pieds six pouces; une autre semblable lui fai-

E sait pendant, L'une et l'autre devaient former des pilastres, car un côté cat resté brut ;

elles ont été découvertes et reproduites par Waldeck. 4: On peut remarquer, dans les divers hiéroglyphes que nous reproduisons, la pré-

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Copan,

‘apports aient existé entre les habitants de l'Égypte et ceux à l'Amérique centrale à l'époque relativement récente où les mo. numents de Palenque ont été érigés.

Deux races ont successivement porté le nom de Quiches : 14 vieux Quichés d'origine Maya, à qui sont dus les monuments di Copan et de Quirigua, et les Quichés Cakchiquels qui descendaient probablement des premiers, mais qui avaient été modifs par de nombreuses immigrations Nahuatl. Ces derniers existaient encore à l'état de nation, lors de l'invasion espagnole : ils opposerent une vigoureuse résistance aux Conquistadores et leur Capille Utatlan fut prise et détruite.

Copan est aujourd'hui un pauvre village, à une petite dis. tance des ruines, sa seule réputation est l'excellence de son tabac qui rivalise avec celui de Cuba. La ville ancienne était située sur le Rio Copan, affluent du Motagua (1), au pied des monlagnes qui séparent le Guatemala du Honduras (2 esruines sont ensevelies depuis longtemps, dans des forêts à: puissante végétation, où l'on ne peut avancer que la hache à La main: de là, l'oubli où elles sont si longtemps restées, etottelles restent encore malgré lintérètTqu'elles présentent. Nous les trou vons mentionnées pour la première fois dans une lettre adressée en 1576, au roi Philippe I par Diego de Palacio ; mais c'est à Stephens, que nous devons la seule description complète qui existe et c'est à elle que se réfère l'abbé Brasseur de Bourbourg qui visita deux fois Copan en 1863 et en 1866 (3).

sence de plusieurs points dans un ordre déterminé et séparés par une barre du reste de l'inscription; il y a peut-être là une clef pour un Champollion futur,

(1) Le Motagua se jette dans la baie de Honduras.

(2) Les ruines sont situées à la latitude de 14°4%’ ot à la longitude de 9052, On a quelquefois confondu Copan avec la ville qui offrit en 1530 une si héroïque résistance à Hernandez de Ghiaves.

(3) Outre ceux que nous venons de nommer, on cite parmi les explorateurs, Francisco de Fuentes en 1700; son récit a été publié par Domingo Juarros, À Stalisticul and Commercial Hist. of Guatemala. London 1824, et par le colonel Galindo en 18}, Bul, Soc. Géog. de Paris, ? s. 1836, t. V, p. 267. — Stephens et Catherwood visitèrent les ruines en 1839. Leur ouvrage est intitulé : Views of Ancient Monuments in Central America, Chiapas and Yucntanf°. New-York, 1844. Bancroft donne pour Copan, comme pour Palenque, un index bibliographique tres complet.

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Dans leur état actuel, les ruines couvrent une enceinte de

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