LES KIOKKENMODDINGS ET LES CAVERNES
ce mème kjôkkenmédding des éclats de silex, des pointes de flèches et une hache en serpentine, puis de nombreux ossements du cerf de Virginie (1). Hs avaient servi aux repas de l'homme, ar les os longs renfermant la moelle étaient lendus, dans le but évident de la retirer. A Sabula et à Bellevue (lowa), d'autres amas permirent à M. White de reconnaitre le moyen employé par ces hommes, pour cuire les mollusques, dont ils faisaient leur principale nourriture, Hs ereusaient dans la terre des trous avant environ trente centimétres de diametre elune profondeur à peu près égale, et ils y allumaient du feu; des débris de “harbon et de coquilles, trouvés dans chacun de ces trous, le prouvent sans réplique.
M. Jeffries Wyman décrit les Kjékkenmôüddings de la Floride avec le même soin que M. White à mis pour raconter ceux du Nord (2). Ce sont pour la plupart des monticules identiques à ceux de la côte, mais enticrement formés de mollusques d'eau douce associés à quelques rares ossements du cerf de Virginie, de l'opossum, du racoon et à des débris d'oiseaux, Quelques-uns de ces amas comprennent uniquement des Ampullaires et des Paludines (3), peu propres à la nourriture de l'homme et que les Indiens eux mèmes rejettent avec dédain. Un des plus remarcuables est situé à Silver-Spring, sur la côte ouest du lac George. C'est le plus grand de tous ceux visités par Wyman, dans la vallée formée par la rivière San-Juan, I couvre une superficie de vingt acres: sa hauteur est tres variable ; tantôt elle n'atteint pas moins de vingt pieds; plus loin elle S'abaisse à deux ou trois pieds, à raison sans doute du nombre des habitants et de la durée de leur habitation, On à peine à comprendre que
(1) Nous reproduisons à l'App. C, d'après M, White, la liste des principaux mammifères, poissons et mollusques trouvés dans les tumuli qu'il a fouillés.
(?) Fresh Water Shell Heaps of the ‘ -John River, American Naturalist. Jan., 1868. — Report Peahody Museum, 1874. W. nan remarque que les plus anciennes couches des kjokkenmüddings de la Floride ne renferment jamais de poteries.
(3) Ampullaria(Lamarck', Paludina (id.). Les unes et les autres sont univalves. Les premières ne vivent que dans les régions chaudes du globe; leur coquille est globu-
Jeuse, ventrue, à bouche vaste bordée par un labre non réfiéchi. Les Paludines so rapprochent des Ampullaires, mais elles ont une coquille moins allongée.
eee mprene
BR: a ER 3 Se padhehit ie
Authropophagie.
(on L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE.
l'homme ait pu réunir une quantité aussi considérable de ces mollusques, si peu communs aujourd'hui, soit dans le lac, soit dans la rivière. I faut donc supposer qu'ils étaient beaucoup plus nombreux dans les sièeles passés et qu'ils ont disparu dans la grande lutte pour la vie, qui se poursuit avec une si redoutable activité dans tous les temps et sous tous les climats. Ce n'est pas là un fait exceptionnel; les huîtres de taille gigantesque qui forment les immenses dépôts de la rivière Damariscotta. sont actuellement très rares, et la même observation à été faite à Cap-Cod et à Colnit-Port, De tous les mollusques trouvés dans les kj‘kkenmüddings danois, les huîtres étaient les plus abondantes ; elles ne comptent plus qu'un petit nombre de représentants dans la Baltique. Une autre conséquence des conditions biologiques moins avantageuses dans lesquelles les huîtres se trouvent, c'est que la taille des individus diminue sensiblement : il en est ainsi pour les ampullaires et les paludines du lac George et de la rivière San-Juan comme pour les huîtres du Maine. Il serait facile de multiplier ces exemples qui prouvent cet incessant travail de la nature dont nous cominençons seulement à saisir les traces.
Le fait que les hommes qui ont formé ces amas de débris qui témoignent seuls de leur existence, se nourrissaient de mollusques repoussés par les Indiens si peu difficiles en général sur leur nourriture, est en rapport avec la grossièreté de leur poterie. « Parmi les milliers de fragments que j'ai examinés, dit Wyman, aucun ne présente les traces d’un travail aussi habile, d'une ornementation aussi élégante, que ceux des mounds du Mississipi ou que ceux que j'ai moi-même recueillis dans les sépultures de Cedar-Keys où dans les kjôkkenrmôddinges de Fernandina et de St. John's Bluff sur les bords de la mer, »
Tout prouve que la civilisation de ces hommes était peu avancée ; ne nous étonnons done pas de trouver chez eux le cannibalisme. Nous venons de voir son existence chez les tribus nomades du Brésil (1). Dès 1861, Jeffries Wyman avait remarqué
(1) « Omnes cum magna voluptate vescuntur », dit Osorio des indigènes du Brésil en
PO mi meme LT
érable de ces ns le lac, soil ient beaucoup | disparu dans une si redou- ‘s climats. Ce le gigantesque Damariscotta.
ion a été faite s trouvés dans les plus abone de représendes conditions les huitres se sensiblement :
s du lac George s du Maine. Il vent cet incesns seulement à
s de débris qui ent de mollussn général sur de leur poterie.
is, dit Wyman,
habile, d'une ds du Mississipi s sépultures de rnandina et de
mes était peu hez eux le canz les tribus noivait remarque
digènes du Brésil en