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! Ni. HUM GA NUS A
Fig. 178, — Momie péruvienne,
venir adressé au mort, soit des provisions pour le long voyage : épis de maïs, ou feuilles de coca.
(1) La momie que nous donnons (fig. 179) a été reproduite sur une photogri exécutée, après qu'on eût retiré tous les objets que la femme portait.
(2) Littorina Peruviann.
(3) Le Peabody Muscum possède un véritable panier à ouvrage, renfermant les objets nécessaires au travail féminin. Il a été trouvé sous un huaca du Pérou.
Tous rs sement kb la mort
Fig, 179
Iprus d'elle,
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1) Bul, Soc, An ?) A Pachacam
3, Les fommes DE Nana
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un bois « instru rvant di
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fermant les )Crou.
LE PEROU, 199 Tous ces objets, grâce à ln sécheresse du climat, sont merveilmement conservés (D), Par une pensée touchante, les parents k la morte, dont nous reproduisons les traits, avaient déposé
Fig, 179, — Momie d'une femme trouvée dans la baie de Chacota,
près d'elle, non seulement des vases de toutes formes (fig, 174, 13,176, 180), mais encore des étoffes qu'elle avait commencé à
iser el que la mort l'avait sans doute empêché d'achever (2), Les
veux de couleur brune peu foncée étaient fins et soyeux: les imbes depuisla cheville jusqu'au genoux, peintes en rouge, mode lere probablement à la coquetterie féminine, car on avait pris sin de placer auprès de la morte des petites vessies remplies gomme résineuse et de poudre rouge, pour continuer sa
ullette, dans la vie nouvelle qui commençait pour elle (3).
1) Bul, Soc, Anth., 1881, p. 550.
?} À Pachacamac, les fouilles ont donne un méticr chargé d'une étoffe à demi sie,
3) Les fommes Galibis so peignent encorc aujourd'hui les jambes au moyen du De NabaiLLac, Amérique. 28
(an L'AMÉRIQUE PRÉHISTOHIQUE.
À lquique, un huaca ne renfermait pas moins de cinq cents kvait Le squ vie ù
cadavres, tous assis etenveloppés de longs manteaux de couleur nimes: sur x nombreux 4lue de femi lachacama ncens habit:
w abords sor nitre a con ur certains ages de CHI l'ombre des nstruites en mient été re] pes dans un l'ig. 180. —: Vase d'un iombeau de la baie de Chacota. hriquées ave différente (1). Certains rites restent inexpliqués : ainsi, cn 0 Des Fans
IS30, on découvrait, à l'entrée de la vallée de Tarapaca un ient leurs or ‘il morceau
ncruires de
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tartz ou de cri lriaga (2), les ninuer leur irait; Les Ce üjours remis à Ni nous nous Fig, 181. — Vase d'une ancienne sépulture péruvienne (Grandeur naturelle, d “iicielement . | M 'llure. Dans
buaca entouré d'un cercle de pierres debout; au centre, 0 | ür la forteresse
Toucou, poudre végétale d'un beau rouge, que l'on fait dissoudre dans de l'huile extraite 4 de certaines graines oléagineuses, (D Bollaërt, £. c., p. 157.
UM, Wiener, dan:
“ques en argent ou 9 . :
Extirpacion de
ents @ ait Le squelette d'une femme et auprès d'elle, ceux de quatre leur M nmes: sur chacun on avait placé trois grosses pierres, Parmi nombreux objets provenant de cette sépulture, on cite une utue de femme, dont le visage était en argent,
M lichacamac était, nous l'avons dit, un lieu sacré pour les dE , ‘ à ‘ Mons habitants du Pérou, et le temple un but de pèlerinage.
M hords sont un vaste cimetivre; et le sol sableux et chargé A aitre a conservé jusqu'à nous les momies confiées à la terre. ur certains points, il est facile de constater trois où quatre ges de cadavres: des générations d'adorateurs reposaient lonmbre des murs, objet de leur respect. Les tombes étaient
wstruites en adohes et recouvertes en cannes. Les corps Mint dé repliés ou piutôt roulés sur eux-mêmes, puis enve- ‘! ppes dans une toile de coton tres fine et dans des couvertures is lriquées avec la laine du vigogne ou de l'alpaca. Lei aussi les Ms ronfcrmaicnt les objets les plus variés. Les riches conser-
si, ei 0
Mntiours ornements, les pauvres devaient se contenter d'un CCC it morceau de cuivre, l'obole destinée à Caron dans les rites ) néraires de la Grèce (D. À côté de chacun, on placait les outils M profession: auprès du pêcheur, les filets et les hamecons ; pres de la jeune fille, les ustensiles du ménage. Avec les M qui se rencontrent toujours dans les sépultures péruïnnes, on trouve souvent à Pachacamac, des morceaux de mrtz ou de cristal grossièrement taillés ; c'étaient, selon le père Wriaga (2), les C'unopas, les dieux lares du foyer qui devaient utinuer leur protection au défunt dans la nouvelle vie où il irait; les Canopas chargés de veiller sur la famille étaient wijours remis à l'ainé des fils.
Si nous nous éloignons du Pacifique, les grottes au besoin uificiellement agrandies, servaient fréquemment de lieux de “pulture. Dans la vallée du Yucay, comme dans celle dominée
ile,
es ir ha forteresse de Pisac, les flancs presque inaccessibles des
xtraite Fe ! ï : :
cex LM. Wiener, dans ses fouilles d'Ancon, a trouvé un grand nombre de ces petites
iques en argent ou en bronze, placées dans la bouche des momies. ? Extirpacion de la Idolatria del Peru. Lima, 1621.
Religion, Culte.
montagnes en sont couverts jusqu'à une hauteur de plusieurs M centaines de pieds: et aujourd'hui encore, les rares habitants du 8 pays les appellent, en souvenir de leurs hôtes, Tantama-Marcu, les précipices de la désolation. Les rites funéraires étaient som. blables à ceux que nous avons décrits; les eadavres étaient ass, enveloppés tantôt dans des toiles de coton, tantôt dans de siiples natles, mais toujours la tête était inclinée sur les genoux: des . vases, des outils fort grossiers composaient le mobilier funéraire,
Dans la vallée de Paucar-Tambo, les rochers avaient été nivels et les tombeaux construits en pierres appareillées, Is étaient
murés après l'ensevelissement et les pierres recouvertes d'une 8
couche de stue peint en couleurs voyantes. Le soin apporté à ces tombes avait été un appas irrésistible pour les tapadas
elles avaient été les premières violées et tout ce qu'elles ren M
fermaient, dispersé sans profit pour la science (9). Plusieurs voyageurs parlent aussi d'une grotte d'une certaine #
étendue, qui a reçu le nom approprié d'/n/fernillos (2). A l'entrée M
sont de grossières sculptures figurant des personnages des deu sexes. Sur les parois, on remarque plusieurs fois répétée l'em- 4 preinte d’une main humaine tracée soit avec du cinabre, soit ; avec de l'oxyde de fer ou plus simplement encore par l'appli- M ‘ation de la main elle-mème, trempée dans une substance 3 colorante. C'est la »#4n0 colorado, dont nous ignorons la signi- 4 fication, mais qui se retrouve sur divers points des deux Ami-M riques (3) et qui est signalée aussi en Australie (#). Il est difficile & de croire que ce soit là une circonstance purement fortuite. Les Péruviens distinguaient l'âme (runa), intelligente et imma térielle, du corps, dont le nom al/{pacamasca (a terre animée est caractéristique (5). ls admettaient une vie future ; l'homme 4 qui avait bien employé sa vie mortelle, se rendait après sa mor! dans l'Hananpacha, le monde d'en haut, où l'attendait “14
(1) Squier, Peru, p. 491-531. = (2) Bollaërt, L e., p. 152. É, (3) Voy. ch. v, p. 253. Ë (4) Miles, Ethn. Soc. of London, t. II. — Nature, 1 mai 1881.
(5) Desjardins, L, c., p. 100.
compense ; los l'Urupa ou malheureu ication peutke tombes, cl ls prédécesse Espagnols ?
La croyanc tons, à la pui ltres supéri tdurant sa v lavons dit à | wanerre, Dar ulte: dans d lement cell brees visibles unopa, que | miates, Caul, comme le die:
rillea, qui pré ks morts eux kur famille. ( d'anciennes id elles avaient p ent les ani ks produits m Mais ces différ tiens, Se CONV les guerres “ligieux (2) e des Musulman
l) Les pierres é pr une de leurs tr pierres et crée ain:
( Desjardins, !.
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eompense ; si, au contraire, il avait mal vécu, il était précipité has l'Urupacha, le monde d'en bas, Cette vie future, heureuse uw malheureuse, devait ètre toute matérielle, Quelle autre signiiation peut-on donner aux objets si divers, amoncelés dans kstombes, chez les Aymaras comme chez les Qquichuas, chez ks prédécesseurs des Incas, comme chez les contemporains des Espagnols?
La croyance à l'immortalité de l'âme, à la récompense des bons, à la punition des méchants, implique nécessairement celle litres supérieurs à l'homme, exerçant sur lui une influence tdurant sa vie et après sa mort. Les Péruviens adoraient, nous lwons dit à plusieurs reprises, le soleil, la lune, les étoiles, le hnnerre. Dans certaines contrées, la terre était l'objet de leur ulte; dans d’autres, la mer, les sources, les montagnes, princinlement celles couvertes de neige (razu) (1). A côté de ces irees visibles de la nature, il existait des dieux inférieurs, Papap- “n0pa, que l'on invoquait pour obtenir une bonne récolte de mtates, Caullama, le protecteur des troupeaux, Chichie, qui, umme le dieu Terme, assurait le respect des propriétés, Lacarnillea, qui présidait aux travaux d'irrigation. Sur d'autres points, ks morts eux-mèmes étaient invoqués comme les protecteurs de kur famille. Ces dieux étaient probablement les représentants d'anciennes idolâtries, qui survivaient aux peuples chez lesquels iles avaient pris naissance. Quelques tribus plus grossières adonient les animaux, le condor, le puma, la chouette, le serpent, ls produits mêmes de la terre, tels que le maïs ou les patates. lais ces différents peuples, en se soumettant aux lois des Péruiens, se convertissaient, de gré ou de force, au culte du soleil. les guerres des Incas avaient un caractère essentiellement “ligieux (2) et nous ne pouvons mieux les comparer qu'à celles les Musulmans, alors que l'Islamisme, propagé par le glaive, se
l) Les pierres étaient aussi l'objet de la vénération &s Péruviens ; elle s'explique pr une de leurs traditions, qui raconte que Viracocha £vait communiqué la vie aux pierres et crée ainsi les premiers hommes et les premières femmes,
( Desjardins, !. e., p. 55.
répandit avec une si étrange rapidité sur des régions enticpes, Des montré qu'à une certaine
époque, les prêtres péruviens enseignaient l'existence d'un dieu
suprème, le Deus ignotus, auquel aucun temple n'était dédie |
et dont nul ne devait retracer Fimage (2). FH était adoré sous 1e 08
recherches récentes ont
nom de Pachacamac dans le haut Pérou, sous celui de Vi. cocha à Cuzco; le soleil, la lune, les astres, n'étaient que les for. le mes symboliques de sa puissance, celles sous lesquelles il 4 1 manifestait aux hommes: les animaux étaient sa création. LM produits de la terre un don de sa bonté, Molina à conserve quelques prières fort belles, toutes adressées à ce dieu unique et 8 créateur ; elles attestent chez leurs auteurs les sentiments | 86 plus élevés (3), Mais leur authenticité ne parait pas suffisamment prouvée et ilest probable, que si la conception d'un dieu unique M existait chez quelques esprits éclairés, les masses confondaient avec ce dieu lui-mème, les symboles qui le caractérisaient,
Les Péruviens offraient à leurs dieux des fleurs, de l'encens, des animaux, tels que les tapirs, les cobayes, les serpents, Al grande fête du Raymi ou du feu sacré, on sacrifiait un lama, A8 certaines occasions solennelles, lors d'une victoire ou de l'avene- # ment d'un Inca par exemple, on immolait devant l'image du Soleil, un enfant ou une vierge choisie pour sa beauté (4: mais M ces sacrifices étaient rares et ils n'étaient jamais suivis des @ odieux festins, qui accompagnaient invariablement les sacrifices 8 humains chez les Mexicains.
(1) Il existe cependant un temple, érigé en l'honneur de ce dieu suprême, par l'Inca n Viracocha, à qui il était apparu, pour lui ordonner, au refus de son père Yahuar- Huacac, de marcher contre les ennemis qui osaient envahir les terres du soleil, lui # promettant une victoire décisive. Garcilaso nous a conservé une description de ce tem- #8 ple qui fut détruit par les Espagnols.
(2) Relacion Anonym. de las Costumbres Antiquas de los Nalurales del Peru.
(3) Saggio della Storia del Chili. — Markham, Narratives of the Rites und La: @ of the Incas, published for the Hackluyt Society, London, 1873. È
(4) Garcilaso (Com. Real., p. 1, lib. I, c. 1x) affirme que les sacrifices humains avaient êté complètement abolis par les Incas ; mais il est contredit par tous les chroniqueurs 4 espagnols, Sarmiento, Montesinos, Balboa, Cieça de Léon, Ondegardo, Acosta. Leur à
unanimité permet de supposer que Garcilaso descendant des Incas, a été entrainé dacs # son récit par sa vénération naturelle pour ses ancôtres.
On a pré plusieurs h Nuln'était
droit d'imp Gn a voulu en les ratta qu'il ya Hi bout ce qui sent, nous christianisn Espagnols.
L'autorite elle était lo soleil et ap La populati qui formai designaient ries avaient quante décu mes, Cent recevait dire En dehot nients réuni tas OÙ gour famille des pays succes:
ditaire ; elle des frères (* (1) « Este vil:
todas las dema:
ombres y muj aïonyme de la :
seurs des Vierg Dée, V, lib. IV
(2) Desjardin:
(3) La situati
livres À On a prétendu que la confession existait chez les Péruviens et certaine M plusieurs historiens espagnols (1) sont d'accord pour l'attester, un dieu Nuln'était privilégié pour l'entendre ; elle pouvait se faire à tous, lédie 1 des hommes comme à des femmes, et le confesseur avait le sous le @R droit d'imposer une pénitence selon la gravité des faits accusés. le Viva. Gn a voulu attribuer à ces pratiques une certaine importance, les for. | en les rattachant aux dogmes du christianisme, nous croyons
es il 0 00 qu'il y à là une simple coïncidence d'un grand intérêt, comme
ion, Jos but ce qui touche aux conceptions religieuses ; mais, jusqu'à pré-
‘onsere 8 sent, nous n'avons absolument aucune preuve sérieuse que le hique ol ; christianisme ait été connu en Amérique, avant l'arrivée des ents le 0 Espagnols.
aiment À L'autorité despotique des Incas était la base du gouvernement ; unique A de ctait londéc sur le respect religieux porté au descendant du mdaient @R Soleil et appuyée par une hiérarchie savamment combinée (2). nt. 0 Lopopulation était divisée en décuries ; parmi les dix individus encens, @@ qui formaient chaque décurie, l'Inca ou ses représentants en its, A la É désignaient un, qui devenait le chef des neuf autres. Cinq déculama. XOR vies avaient à leur tête un décurion d'un rang supérieur ; cinl'avenc- 4 quante décuries, un chef qui commandait ainsi à cinq cents homnage du 8 mes. Cent décuries enfin, obéissaient à un chef suprème qui mais 8 recevait directement les ordres de l'Inca,
vis des @ En dehors de cette organisation qui possédait les inconvéicrilices & nients réunis de la démocratie et du despotisme, élaient les Cura-
cas où gouverneurs de provinces. Les uns appartenaient à la Æ linille des Incas ; les autres descendaient des anciens chefs des
Eee À his successivement soumis. Leur dignité paraît avoir été héréë lalnuar- s
“+ . A Te ’ , « ‘p , * CE ’ soleil, lui M ditaire ; elle passait à l'ainé des fils, à défaut d'enfants, à l'ainé ken des frères (3).
er. 3 (1) « Este vilahoma eligia señalaba confesores, paraque asi en el Cuzco como en and Low: @ todas las demas provincias y pucblos confesasen secretamente à todas las personas,
hombres y mujcres, oyendo sus pecados y dando las penitencias per ellos. » L'auteur
ns avaient anonyme de la relation à laquelle nous empruntons ces détails, ajoute que les confesmiqueurs @ seurs des Vierges du soleil devaient ètre des eunuques. Voy. Herrera, {ist, Gen. sta. Leur 4 Déc, V, lib. IV, c. 1v. — Acosta, /. c., ©. XX. kainé dazs (?) Desjardins, 4 c., p. 117.
(3) La situation exacte des Curacas est peu connue. Dans certains cas ils pouvaient
Lois ot coutunes
Les lois pénales étaient sévères (1) et appliquées selon la soute volonté de l'Inea. Les homicides, les adultères, ceux qui avaient osé blasphémer contre le Soleil, ou contre l'Enca son représentant, étaient punis de mort. Le décurion qui ne dénoncait puis les crimes commis dans sa décurie, était passible de la même peine que le coupable. Le sodomite était écorché ; l'incestuens, pendu. Comme les Vestales de Rome (2), les Vierges du Soleil qui avaient manqué à leurs vœux, étaient enterrées vivantes : leur maison était rasée et le village ou le quartier habité par leur famille subissait le mème sort. Des fautes plus légères étaient punies par le fouet ou par la prison; d'autres fois, le coupable était astreint à porter une lourde pierre, pendant un temps déter. miné.
Le mariage était obligatoire ; un homme ne pouvait posséder qu'une seule femme ; mais les Curacas étaient dispensés de cette règle et quant à l'inca, le nombre de ses femmes ou de ses concubines était illimité, Il les choisissait parmi les filles de sa race, parmi ses sœurs elles-mêmes, parmi les Vierges du Soleil qui lui étaient signalées pour leur beauté. Aucun lien du sang, aucun respect religieux, ne limitaient son choix. Quand il était fatigué d'une de ses épouses d'un jour, l'honneur du lit royal la suivait dans sa retraite et elle était l'objet du respect de tous,
A un jour fixé chaque année, les jeunes gens qui avaient atteint l'âge de vingt-quatre ans, les jeunes filles celui de dix-huit ans, étaient réunis sur la place publique. Les représentants de l'Inc joignaient les mains de chaque couple et proclamaient leur union devant le peuple. Telle était la seule forme de mariage: il ne semble pas que l'inclination des époux fût consultée ; en général cependant chacun se mariait dans sa propre famille. La décurie, dont nul ne pouvait sortir, sans la permission expresse
ètre élus par le peuple, mais leur élection devait ètre soumise à l'Inca, qui avait égale. ment le droit de les révoquer.
(1) « El castigo cra riguroso que por la mayor parte era de muerte por liviano que fucse el delito. » Garcilaso, Com. Reales, p. 1, lib. IF, c. xt. Cf, F, de Santillan et la Relation anonyme.
(2) Le mariage Ctait permis entre parents à partir du second degré,
de l'Inca, (L que nouvea
jante pout contenance garçon, d'u
Cette div quelle et ur membres d bi agraire ; 1uns, parai ment le fern les décuriot communaut tee n'étaie xclusive du «s terres, milades ou uicré,
Les lamas mimaux qui tent de la na tres mammif rigions desh( bergers qui montagnes ; magasins Co ait distribu qui, en faisai krre, cellesdevaient aus
1) L'évaluatior égal à la suporfic Rel, primer de Cuzco vers 1:
Philippe IE et co inprimés aux fra
seule Nilent resenul pas même lens, Soleil anles :
ar lour étaient upable
déter.
sséder Le cette 'S COnde si Soleil | Sang, il etait oyal la ous, atteint it ans, l'Inca t leur ges il Fe, on Le, La
presse it égale.
ano que an et la
LE PÉROU, Ast
ke l'nca, était tenue de faire construire une demeure pour cha-
[ue nouveau ménage et de lui assigner une quantité de terre sufiante pour sa nourriture, À la naissance de chaque enfant, la watenance allouée était augmentée : d'un fanega (1) pour un arcon, d'un demi-fanega pour une fille,
Cette division de la terre était modifiée par une révision anelle et un nouveau partage avait lieu, selon le nombre des membres de chaque famille. C'était, on le voit, une véritable hi agraire ; la propriété individuelle, telle que nous la compreans, paraît n'avoir jamais existé (2) ; le Péruvien était seulenent le fermier, pendant un an, du lot que le sort ou la volonté ls décurions lui attribuaient, Outre les terres appartenant à la wmmunauté et partageables entre tous ses membres, d'autres, tee n'étaient pas les moins importantes, formaient la propriété «dusive du Soleil ou de l'Inca. Les habitants devaient cultiver «s terres, même aux dépens des leurs, et nul, hormis les malades où les infirmes, ne pouvait se dispenser de ce devoir «ere,
Les lamas étaient la grande ressource agricole du Pérou. Ces mimaux qui, comme leurs congénères les chameaux, se contentnt de la nourriture la plus chétive et vivent là où tous les autes mammifères mourraient de faim, étaient précieux dans ces rigions deshéritées. Tous appartenaient à l'Inca. Il désignait les bergers qui les conduisaient par troupeaux immenses dans les montagnes ; à la saison voulue, leur laine était portée dans des magasins construits à cet effet. Une certaine quantité de laine hit distribuée à chaque famille, suivant le nombre des femmes qui, en faisaient partie et pendant que les hommes cultivaient la ere, celles-ci filaient et tissaient les vêtements nécessaires. Elles devaient aussi préparer une certaine mesure d’étolles ; ces étofes
1) L'évaluation exacte du fanega est inconnue ; nous savons seulement qu'il était tal à la superficie que l'on pouvait ensemencer avec cent livres de maïs.
(?) Rel. primera del Licenciado Polo de Ondegardo. Ondegardo avait été corrégidor de Cuzco vers 1560. Prescott avait fait faire une copie de ses rapports, adressés à Pilippe IE et conservés aux archives de Simancas. Ils ont été depuis partiellement imprimés aux frais de l'Hakluyt Society de Londres.
Arts mécaniques, Poterie,
étaient entassées et devaient servir pour les besoins iniprévus de la communauté, Les demeures des Péruviens étaient en rapport avec fa situ.
lion qui leur était ainsi faite, Sauf celle des Incas où des Curacis 6
toutes semblent bâties sur le même modéle (D ; elles étaient don
bles et ne communiquaient que par des portes extérieures Son. 8
vrant sur un corridor, qui régnait sur toute la longueur de l'édifies 8 et que l'on ne saurait mieux comparer qu'à nos anciens cloitres, À Les toits étaient quelquefois à deux pentes (2), soutenus par des murs latéraux à double pignon, sur lesquels venaient S'appuver 8 des traverses en roseaux que l'on chargeait de feuilles d'agave, k de paille de maïs, quelquefois mème de nattes,
Cetle savante organisation assurait la domination inconlestée du maitre suprème., Chaque individu était parque dans un élan, dont il lui était interdit de sortir, I ne pouvait # améliorer ni sa propre situation, ni celle des siens: il ne 8 pouvait non plus déchoir, Dès lors, les mobiles qui agissent 1 le plus puissammentsur l'homme, le patriotisme, Fambition, le désir de larichesse, l'esprit d'initiative, fisaient défaut, Tousles 4 ressorts élaient brisés ; c'est la meilleure explication de la faci- 8 lité avec laquelle quelques aventuriers espagnols soumirent avec une étrange rapidité, une populalion de plusieurs millionsd'ämes, 4
La céramique péruvienne était supérieure, comme fabrication, À ucelles des autres peuples de l'Amérique, La roue du potier paraît cependant avoir été inconnue et l'on s'étonne à bon À droit de la régularité que les ouvriers obtenaient, sans l'em- M
ploi de moyens mécaniques. On peut voir au musée arehcolo- M
gique de Madrid, une série très complète de vases provenant des côtes du Pacifique et destinés les uns à aller au feu, les autres,
aux divers usages de la table ou des appartements. Les formes
sontextrèmement variées, depuis le vase le plus grossier rappelant # la poterie lacustre de nos pays, jusqu'aux aiguières d'un excellent M travail, représentant des hommes, des animaux et une série cu- @
(1) Comte de Sartiges, Rev. des Deux Mondes, 1851. 4
(2) Wiener, £. c., p. 50,
euse de \ l'antique fl
Cette poli il bleue (2
\ernis per attribuer ce prouvé qu'il wr,ni par |
Les vases
cuisson : AUS
Fig, 182, — Vi d'un 1
lion, La form indispensable ginalité parti celle des pote de grecques,
1) Desjardins,
2) Demmin, G — Barnard Davis
3) Bollaürt dit four était inconn
Li PEROU. (EH)
us de MM rieuse de végétaux, dont l'étude permettra de reconstituer toute 4 antique flore du pays,
situa- À Cette poterie(f) était noire, grise ou rouge, plus rarement jaune raeus, à À bleue (2), cuite au four (D et recouverte estéricurement d'un dou BR vernis periséable probablement silico-alealin, On a prétendu S'ou- BA aribuer ce vernis à un polissage à froid ; mais M, Demmin à
die B prouvé qu'il était obtenu par la cuisson, car, il n'a réussi à l'enleditres, 8 er, ni par l'esprit-de-vin, ni par l'essence, ar des Les vases élaient moulés en deux morceaux et soudés avant la
puver BR cuisson ; aussi ont-ils constamment un bourrelet au point de jonc-
Aer,
invor- “dans oui
il lu uissent ion, le ‘ous les
la faci-
il dec
dames,
‘ation,
polivr 8
Fig. 182, — Vase funéraire provenant Fig, 183, — Vaso péruvien représentant
à bon é d'un huaca du Pérou. un homme accroupi, S l'eni- 8 “colo. 8 lon. La forme était souvent ovoïde (fig. 176) etun pied spécial était
ut des 8 indispensable pour les poser. L'ornementation présente une ori- 4] , à aie . M . ‘ , autres, #4 ginalité particulière ; elle est moins simple, plus contournée que
formes #4 celle des poteries mexicaines. en est cependant qui sont ornées
pelant #4 de grecques, de losanges, de chevrons, de spirales ou de cereles
‘ellent 3 1) Desjardins, £ e., p. 171. — Wioner, Pérou et Bolivie, p. 620 et s.
Vie cu- 8 2) Demmin, Guide de l'amateur de fuiences où de porcelaines, 3° éd. Paris, 1867 F — Barnard Davis, Auth, Institute of Great Britain, april 1873. A 3) Bollaërt dit (£. e., p. 210) que la poterie était cuite au soleil et que l'usage du
four était inconnu, C'est là une erreur évidente.
be
concentriques (fig, 174, 175, 182), Le Louvre possède une pivce à qe, dont remarquable d'origine péruvienne, malheureusement entouie de. jet si Frédq musée €
ls, démesu urmontée «
Fig. 184. — Vaso péruvien, Fig, 185, — Poterie péruvienne représentant un lama £ l
puis longues années dans les réserves (1). Les ornements témoignent de rapports évidents entre l'art grec et l'art américain, Ces
portent certa lion péruvier
Fig. 184. — Doivrie pé.uvienne, . 1) Schôbel, À hurg. Cong. des
mèmes réserves renferment une autre poterie des côtes du Paci- 1? La collectio nait de nombreu dEthnographie (1
Æ dde récls (1) Demmin, £ e., p. 13%, — Birch, Ancient Potlery, t. WE, p. 253. F dre de réels servi
rt gb 2
F: ique, dont le dessin rappelle Hereule luttant contre un poisson, jet si fréquemment reproduit par les Étrusques, On peut voir uw musée ethnographique de Saint-Pétersbourg une figure accoupie de quarante centimetres environ de hauteur; si les oreil.
piece
Hude.
Eù
ls, démesurément grandes, rappellent les Orejones, la tête est urmontée d'une couronne murale, semblable aux couronnes que
u lama
temoiin, Ces
Fig. 187. — Vaso trouvé à Chimboto,
portent certaines statues antiques (1). I n'est guère de collecion péruvienne, publique ou privée (2), qui ne renferme des types
1) Schôbel, Antiquités Américaines du Musée Ethnographique de Saint-Pétersbourg. Cong. des Amerie, Nancy, 1875, t, HE, p. 273,
Paci- 2 ?) La collection Macedo, récemment acquise par le gouvernement prussien, renfer-
nait de nombreux types d'animaux. Plusieurs sont reproduits dans la Nouvelle Revue
À d'Ethnographie (1882, n° 1) qui, sous l'habile direction du D' Hamy, est appelée à ren-
dre de réels services à la science, Notre Musée du Louvre possède aussi dans ses salles
se rappi whant curicusement de COUnx que nous pensions jusqu es l'apanage exelusif de Fancien continent, D faut noter ces faits peut-être permettront.ils, un jour, des conclusions qui nous som bent aujourd'hui prématurces,
De nombreuses poteries figurent des hommes (His, ENCEINTE des animaux dans des postures familières (fig, LS5, ENG, du bar, pur
esemple, mangeantun épi de mais,
Le Peabody Muséum possède cinquante et une pivees pros
nant de la collection Agassis, parmi elles, plosieurs représenta
Fiz, INN, — Vase en terre cuite Fig, 189, — Silvador, trouvé sous un huaca auprès de Santa,
tions de singes et trois figures humaines, variant de F4 17 pouces de hauteur, Deux vases trouvés Fun à Chimbote (fig, 190), Fautre sous un huaca auprès de Santa (fig. 188) sont remarquables: le premier est dû aux Chimus et remonte aux temps de la domination des Incas, car les oreilles sont distendues par un ornement qui date de cette époque : le second est une figure humaine en argile rouge, d'un type très caractérisé,
publiques, une collection précieuse de figurines d'hommes et d'animaux (De Longpérior Notice des monuments erposés dans la salle des À ntiquilés Américaines, n°658 cts,
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LE PEROU. 417 Le silvador (fig, NO), tel est Le nom donné à une pivee conser. au musée du Trocadéro, mérite une mention spéciale, ne Lee qu'i raison de son originalité, Fse compose de deux vases goulots communiquant entre eux (D, Un seul des goulots est
Vig. 190, — Poterie peinte, représentant un chasseur de Vigognes.
libre et quand on y verse un liquide, Fair comprimé dans hutre, s'échappe avec un sifflement particulier ; par une habile 4. Bertillon, Nafure, 10 juin 1882, M. Wiener reproduit un certain nombre de
“hadors ; ils rappellent les nasilernes étrusques, mieux encore les jarres jumelles qui ‘ Hbriquent aujourd'hui encore en Kabylie,
disposition, les sons se modifient et imitent les cris des divers animaux et mème Ja voix humaine, Sur le goulot d'un des
Fig. 191 et 192. — Disques destinés à servir de pendants d'orcilles,
vases, dont nous donnons la gravure, on à posé une pelile figure, d'une assez bonne exécution, qui représente un homme portant
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LE PÉROU. 449 un casse-tête, l'arme la plus redoutable des anciens Péru- \iens.
Certaines poteries sont ornées de sujets d'une exécution en wnéral tres médiocre : on se demande mème si le chasseur de igognes (fig. 190) n'est pas une véritable caricature, Quelquesmes de ces peintures sont certainement symboliques, mais kur interprétation est purement conjecturale; d'autres sont des dus obseenes (1), et par une association assez étrange, plusieurs lentre eiles ont été recueillies sous des huacas, mèlées à des sements humains.
Comme les Mexicains, les Péruviens façonnaient en terre uite des instruments de musique, des flûtes de Pan ou des rmpettes, des ornements de tout genre, surtout ces lourds isques (fig. 191, 192), nous ne savons quel autre nom leur bnner, destinés à ètre fixés aux oreilles et à amener par leur wids la forme bizarre, imposée aux sujets des Incas.
Nal peuple américain n'a surpassé les Péruviens pour la
hhication des étoffes. Le coton qu'ils cultivaient dans les”
allées chaudes et humides, la laine des iamas, des alpacas ou ks vigognes fournissaient d'excellents matériaux, ils connaisaient l'art de la teinture ; souvent l'étoffe était tissée en laine de auteurs différentes etlon obtenait ainsi, dans la trame, les dessins ls plus variés (fig. 193). Les toiles de coton, en général d'une ande finesse, étaient teintes en couleurs diverses et les ouvriers «aient, par des combinaisons d'ornements ou de figures, ohnie Les effets les plus heureux. Is se servaient pour cela de wrilables planches tantôten écorce, tantôt en terre cuite (fig. 194 “ajoutait aussi des plumes au brillant coloris, nuancées avec sit, et les vêtements des Incas ou des Curacas excitérent, par rs reflets chatoyants, l'enthousiasme des premiers chronileurs espagnols.
Bollaërt a rapporté, il y a de longues années déjà, au musée iannique, d'intéressants spécimens des étolfes péruviennes.
lu From the North of Peru, } have seen clay figures characterised by a prurient
L uiecenoy. » Bollaërt, /. e., p. 211.
DE NavaiLLAC, Amérique. 20
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Fig, 193. — Étoffe péruvienne.
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peut également voir, aux musées du Louvre et du Trocadéro, ls fragments remarquables par la variété des combinaisons et goût naturel des ouvriers. On est vraiment frappé du résultat iquel ils avaient su arriver, malgré les obstacles que devait
Fig, 194. — Planche pour l'impression des étoffes,
poser à toute industrie Le régime social auquel ils étaient
simis,
Les riches mines du Pérou, celles surtout si célèbres de Paseo,
servent les traces d'anciennes exploitations, dont ilest diffi-
kde préciser l'époque, Une seule chose est certaine : les ou-
ds qui travaillaient les métaux précieux avaient acquis cette hit que le temps seul peut donner. Bien qu'un nombre conble d'objets ait disparu dans le creuset, il reste cependant Mur assez de bracelets, d'épingles, L'épiloirs, de vases portant “ornements en relief (fig. 196), pour apprécier le talent des or-
es, Les figurines sont plus remarquables encore, ce sont des
ms des serpents (fig. 197), des singes, des oiseaux avec leurs
‘nes, des poissons avec leurs écailles, des arbres avec leurs