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des traces de carie. La tête est surtout déprimée du côté droit |
Cette dépression artificielle, qui varie selon les tribus et probablement aussi selon la mode du moment, est un des caractores typiques de la race américaine.
Nous avons précédemment raconté les mounds élevés dans la région des grands lacs, et nous avons dit qu'ils étaient dus à la race qui avait couvert de ses terrassements les vallées de l'Ohio et du Mississipi (1). Nous citerons le grand mound de la Rivicre-Rouge où il a été trouvé les fragments d'un crâne en mauvais état rappe-
lant par ses formes massives le crâne de Neanderthal et le mound
circulaire auprès de la rivière Détroit. Ce dernier a donné onze squelettes et à côté d'eux des vases funéraires, des haches, des pointes de lance, des ciseaux, des percçoirs en pierre, des pipes, des
ornements en coquilles (2). On à également recueilli des objets en |
cuivre provenant sans doute du lac Supérieur, une aiguille lon-
gue de plusieurs pouces et un collier formé de grains enfilés sur @ une corde faite avec des filaments d'écorce. Tous ces objets fai- @
saient-ils partie du mobilier funéraire ? IL est permis d'en douter, car on rencontre aussi les cendres du foyer et on peut présumer que l'habitation du vivant avait remplacé 14 dernière demeure du mort. Cette habitation devait être fort ancienne; en effet, les habitants actuels du pays se rappellent avoir vu le mound couvert de vieux arbres, que les besoins de la population ont successivement fait disparaître.
Un des crânes provenant de ces dernières fouilles, déposé au Peabody Museum offre des particularités importantes. IL est singulièrement bas et long, et bien qu'il soit celui d'un adulie, car la suture sagittale est soudée, sa capacité égale à peine 56 pouces cubes, soit 917 ce. ec. Selon les tables de Morton la capacité moyenne d’un crâne Indien est de 84 p. ec; et la capacité
(1) Gillman, The Ancient Men of the Great Lakes. — Am. Ass. Détroit, 1879. — Cong. des Am. Luxembourg, 1877, p. 65.
(2) Les crânes sont pour la plupart en mauvais état. Un crâne de Cireular Mound
donne comme indice céphalique 74,1, un du Western Mound 36,7, un autre du Fort Wayne 77,3.
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La différence est sensible, et ce crâne est certainement un des plus petits connus. Une autre particularité n’est pas moins importante ; la distance entre les arcades temporales des deux cotes du front, varie presque toujours entre trois et quatre pouces. Le minimum connu jusqu'à ce jour est de deux pouces; dans le crâne de Détroit, il n'est plus que de trois quarts de pouce. C'est là assurément un caractère simien très prononcé et tel qu'il se trouve, chez le chimpanzé par exemple. Le pro-
Fig. 210. — Crâne provenant d’un Fig. 211. — Crâne provenant d'un mound mound du Tennessee. du Missouri.
| fesseur Wyman qui a examiné ce crâne avec soin, affirme qu'il n'a subi aucune déformation artificielle. Nous avons donc là un fait curieux; mais il est impossible de tirer une conclusion sérieuse d’un cas de variation extrême, variation exceptionnelle, puisqu'elle ne se trouve sur aucun des autres crânes de la même provenance (1).
Si les crânes que l’on peut attribuer avec quelque certitude aux Mound-Builders, sont en général brachycéphales (2), il est
(1) Report Peabody Mus., 1873, p. 12. — Americ. Ass. Buffalo, 1876.
(2) On appelle brachycéphales les crânes où l'indice céphalique est de 80 ct au-
dessus, orthocéphales, ceux où l'indice varie de 74 à 79, dolichocéphales enfin quand il est au-dessous de 74. Voy. Les Premiers Hommes, t. II, p. 156.
de nombreuses exceptions, et souvent, sous ie même mound, il a été trouvé des crânes qui paraissent remonter à la mème époque et qui affectent des formes différentes ; de nombreuses fouilles ont constaté des faits semblables sur l'ancien continent, ce qui naturellement diminue l'importance que l'on peut être disposé à attribuer à ces formes.
Quelques exemples éclairciront mieux la question ; M. Putnam cite deux crânes, l'un brachyeéphale, l'autre dolichocéphale gisant dans la même sépulture (1). Sur huit crânes provenant du grand mound de la Rivière-Rouge, trois seulement sont brachvcéphales. En revanche, sur quatre crânes trouvés à Chambers Island (Wisconsin), trois sont franchement brachyeéphales, Dix crânes ont été recueillis sous un mound sépulcral à Fort-Wayne, un est dolichocéphale, les autres sont orthocéphales où brachyeéphales avee un indice céphalique variant de 77 à 82 pour ceux qu'il a été possible de mesurer. Le front est fuyant, les arcades sourcilières proëéminentes, l'épaisseur des os moyenne. Ces mêmes caractères se montrent sur tous les crânes, bien qu'ici l'ensevelissement paraisse remonter à des époques différentes. Dans le Michigan, les cernes trouvés sous les mounds sont dolichocéphales et les tibias platyenémiques (2).
Le D'Earquharson a opéré sur vingt-cinq crânes recueillis sous divers mounds (3), l'indice céphalique donne une movenne de 75,8, soit une forme légèrement dolichocéphalique. M. Carr
a examiné soixante-sept crânes provenant des Stone Graves du Tennessee, vingt-neuf sont brachycéphales, cinq seulement dolichocéphales, dix-huit orthocéphales, et quinze artificiellement déprimés (4). M. Jones, après l'étude de vingt et un crûnes trouvés également dans les Stone Graves du Tennessée, est arrivé à un résultat peu différent. Il n’a trouvé aucun crâne dolicho-
(1) Report Peabody Museum, 1878, t. II, p. 316.
(2) Hubbard, 4m. Ant. March., 1880.
(3) Observations on the Crania from the Stone Graves in Tennessee. Report Peabody Mus.,t. Il, p. 361.
(4) Recent Explorations of Mounds near Davenport Iowa. Am, Ass, Detroit, 1875.
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Dans le Missouri on a constaté deux catégories de crânes différant autant entre eux, que ceux des Caucasiens ou des Négroïdes Mu par exemple (2). Les squelettes sont dans la mème position. Les mêmes vases, les mêmes armes, les mêmes outils ont été déposés auprès des uns et des autres; il est difficile de supposer qu'ils n'appartiennent pas à la même race, ou qu'ils ne datent pas de la …. mème époque.
Les variations individuelles sont considérables. On cite le crâne d'un enfant provenant d'Atacama, où l'indice céphalique M n'est que de 66 ; etun autre trouvé sous un mound de l'Alabama, où il s'élève à 111,8. Sauf peut-être des limites aussi extrèmes (3),
nous constatons les mêmes faits en Europe durant les temps pré-
historiques et ils se sont perpétués jusqu'à nous. Devons-nous voir là le résultat du mélange très ancien des races, des exemples d'atavisme, ou bien le genre de vie, la différence des occupations prolongée pendant des siècles, peuvent-ils exercer une influence notable ? Quelles que soient les causes de ces modifications, il est certain qu'elles existent et il faut bien reconnaître que la forme du crâne prise pour type unique d'une race, donne des résultats aussi peu satisfaisants dans le nouveau monde que dans
D | l'ancien.
Nous sommes loin de la théorie de Morton qui avait constamment professé l'unité de type chez tous les habitants des deux Amériques (4) à la seule exception des Esquimaux (5). Pour lui, les crânes longs des Péruviens ne différaient des crânes ronds des
(1) Antiquilies of Tennessee.
(2) Conant, Foot Prints of Vanished Races.
(3) « Dans aucune autre partie du monde, disait Retzius, la morphologie crânienne ne montre des différences aussi bien définies ni des extrèmes plus exagérés. » Ethnol. Schriften, p. 31, 98.
(4) Crania Americana, or a Comparative View of the Skulls of various Aboriginal Nations of North and South America. Philadelphia, 1839.
(5) MM. de Quatrefages et Hamy dans les Crania Ethnica, rattachent les Esquimaux au groupe Mongolique parce qu'ils leur paraissent, comme à Morton, plus voisins du type jaune que du type américain, Les Esquimaux sont en général dolichocéphales.
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Indiens, qu'à raison de la pression exercée durant l'enfance, et dont le résultat avait été de modifier la forme primitive, [| ajoutait que chez toutes ces races, on trouvait le même mode d'ensevelissement et que depuis le Canada jusqu'à la Patagonie, les morts étaient placés dans une position assise, Nous avons déjà montré combien cette dernière assertion était peu fondée, La première (1) est aussi complètement abandonnée et des découvertes chaque jour plus importantes ne permettent plus de h défendre.
Cette conclusion toute négative est la seule que l'on puisse encore formuler. La différence d'opinion parmi les anthropologistes les plus éminents vient ajouter aux difficultés déjà si grandes par elles-mêmes. Prenons pour exemple le crâne de Scioto, découvert sous un mound auprès de Chilicothe. Cecrâne remarquable par son développement vertical et transversal et par la forme tronquée de sa partie postérieure a été longtemps considéré, comme offrant le type le plus complet des Mound- Builders (2). MM. de Quatrefages et Hamy dans le magnifique ouvrage (3) qui reste un des monuments de la science française au dix-neuvième siècle, nous disent: «que les orbites sont larges et quadrangulaires, le nez proéminent, les maxillaires hauts, lourds, massifs et quelque peu proëminents. » Le D' Wilson décrit le crâne comme franchement brachycéphale ; selon lui, le front est large et élevé et la dépression que l'on constate est artificielle (4). Morton donne une description différente et le D Foster ne veut voir dans le crâne de Scioto, que celui d’un Indien moderne, Ces contradictions montrent l'inconvénient dans l'état actuel de la science de théories trop absolues. On prétend ramener tous les crânes d'une race à un type unique, sans se préoccuper de
(1) Elle avait cependant été acceptée par des savants, tels qu'Agassiz, Nott, Meigs ct bien d’autres,
(2) Squier et Davis, Anc. Mon, of the Mississipi Valley. Smith. Cont., t. I, pl. XLVII et XLVIIT,
(3) Crania Ethnica, p. 464.
(4) Prehistoric Man., t. 1, p. 127. M. L. Carr a publié aussi dans les rapports du Peabody Museum un excellent article sur la question, Observations on the Crania from the Stone Graves of Tennessee.
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LES HOMMES DE L'AMÉRIQUE. 493 ifance, 4 l'immense territoire habité par cette race, ni des conditions tive, fl À biologiques au milieu desquelles elle a vécu. » mode 4 Ce qui parait démontré c’est la faible capacité crânienne Capacité erdigonie, les Mound-Builders qui se retrouve chez les diverses races de ns déjà @N l'Amérique et qui s'est même perpétuée jusqu'à nous. Quelques lée, La NU mesures permettront mieux d'en juger.
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