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tous les jeunes compositeurs, particulièrement les grands prix de Rome. Il les regardait comme ses propres enfants. « Seulement, » me dit-il, « je vous engage à ajourner vos débuts. Le moment n’est pas opportun; j'ai en répétition des pièces dont le succès ne saurait être douteux. Il faut se montrer prudent, et quand on veut devenir compositeur, on doit savoir attendre. Attendez donc, cher grand prix de Rome, et ayez toute confiance en moi; je veille sur vos succès futurs. Dès que le moment me paraîtra favorable, je vous préviendrai.
— Voilà qui était gracieux et bien fait pour vous encourager, dit Léopold.
— En effet, reprit le grand prix de Rome, ces paroles me comblèrent de joie ; on ne m'avait pas dépeint les directeurs de l'Opéra-Comique sous des couleurs aussi riantes. J’attendis donc avec confiance un an, deux ans, trois ans, cinq ans. Puis je me décidai à renouveler ma visite auprès du directeur.
— Et quel accueil vous fit-il cette fois? demanda le sous-chef des Comanches.
— Il me reçut plus amicalement encore que la première fois, si c’est possible,
— C'était, en vérité, dit à son tour la lingère, un fort aimable homme que ce directeur.
— Seulement, continua le musicien, il me montra divers contrats passés avec des auleurs en vogue, et parut très-contrarié d’être obligé de leur céder la priorilé sur moi. Attendez, attendez encore, attendez toujours, me dit-il avec le plus gracieux sourire; la palience est la première vertu du compositeur de musique en France, où les auteurs sont éternellement jeunes, ct donnent à soixante ans de belles espérances. J’attendis donc encore cinq ans. Alors on me dit de chercher un poëme. Je passai trois ans pour en trouver un.
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