CHAPITRE XVI
d’étoffes de coton, dont il rapporta des échantillons en Espagne.
Après Colomb, tous les autres navigateurs, à l’exception d’un seul, peut-être, de Cook, constatèrent que la fabricalion des tissus en colon était déjà parvenue en Amérique à un haut degré de perfection.
Les Mexicains, à i'époque où Fernand Cortez découvrit et conquit le Mexique, dédaignaient le lin, qui pourtant pousse naturellement partout sous celte latitude, pour s‘habiller exclusivement d’étoffes en coton d’une admirable finesse. Parmi les nombreux présents envoyés à Charles-Quint par Cortez, figuraient des manteaux, des vestes, des mouchoirs de poche en coton, teints de différentes couleurs, et d’un tissu si beau, qu’il soutenait la comparaison avec la plus fine toile de Hollande. Les anciens Mexicains qui avaient, avant nous, découvert le papier, le fabriquaient avec du coton. En outre, plusieurs catégories de pièces de leur monnaie étaient en coton façonné d’une certaine manière.
Si nous passons du Mexique dans l’empire du Brésil, nous voyons le coton employé également à la confection des étoffes dont se servaient généralement les aborigènes de cette vaste contrée. En Afrique, les Cafres ne s’habillaient que de coionnade. Magellan, ce Portugais d’un génie supérieur, ayant conjecturé que la mer devait être ouverte à l’extrémilé de l’Amérique, voulut vérifier si ses présomptions étaient fondées. S'étant embarqué de Séville avec cinq vaisseaux, il alla relâcher sur la côte déserte de l’Amérique, s’étendant du port Saint-Julien jusqu'à l'embouchure du détroit qui porte son nom. Que vit-il dans cette partie du globe jusqu'alors inconnue des Européens? Des hommes d’une haute stature qu’il nomma Patagons, parce que, ayant enveloppé leurs pieds et leurs jambes d’une
grossière éloffe de cotonteint en brun, ils ressemblaient à des animaux.
Enfin, et pour combattre par des faits l'opinion de Cook, qui a dit que le coton ne poussait pas naturellement en Amérique, nous ajoulerons que les premiers explorateurs du Mississipi trouvèrent partout le long de ce fleuve du coton en grande abondance,
La culture du coton, qui a fait la fortune du Sud des États-Unis et n’a pas peu contribué, il faut l'avouer, à la puissance de la grande république américaine tout entière, a été pendant longtemps l’objet d’une opposition systématique de la part des planteurs de cette contrée. Entêtés et ignorants, ils méprisaient les conscils qui leur étaient donnés par le: homme ompétents, de se livrer à la culture de cette : 2, Ces hommes compétents affirmaient, et ils 1: se trompaient pas, que toutes les conditions de sol et de température se trouvaient réunies en Géorgie et dans la Caroline pour faire de ces pays les plus riches cotonneries du monde entier. Les conseils de Ja science étant méconnus, le premier congrès provincial, qui eut lieu en 1775, crut être plus heureux que les savants, en engageant solennellement les planteurs à se livrer à celte culture.
La routine, l’apathie et l'ignorance résistèrent à tous ces avis combinés, et le coton fut rejeté.
Quelques années s'étaient écoulées lorsqu'un certain nombre de propriétaires d'habitations, vonlant tenter l'aventure, firent différents essais qui réussirent on ne peut mieux. Rien n’encourage comme le succès, aussi bien en deçà qu’au delà de l’Attlantique. Encouragés par la réussite, ces propriétaires d’habitations étendirent leur culture et d’autres les imitèrent. C’est ainsi qu’on peut lire dans les Motes sur la Virginie ces lignes écriles par Jefferson em #781 :
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