‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 141 sur 212 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

« Dans ces derniers temps, nous nous sommes livrés « dans l’intérieur de nos familles à la fabrication des ar- « ticles les plus nécessaires pour nous couvrir le corps « et pour nous habiller; ceux en coton peuvent entrer «à peu près en comparaison avec les tissus du « même genre, provenant des manufactures euro- « péennes, »

L'usage d’habiller sa farnille et ses esclaves avec le coton cultivé dans la plantalion se répandit chez tous les grands propriétaires et devint bientôt général dans tout le Sud. Cet heureux usage, en démontrant pratiquement l'excellente qualité du coton américain, fit plus pour la vulgarisation et le goût de sa culture, que toutes les théories des hotanistes et que tous les conseils des dignitaires de la nation.

Peu à peu le colon s’habitua à planter du coton, dont il trouva bientôt un débouché immédiat dans les fila- Lures établies par des étrangers, notammerit dans celle de Williamsburg, laquelle approvisionna de tissu toute la contrée adjacente. Alors commença à s'opérer dans ces États un mouvement sérieux en faveur du coton. Ce mouvement ne fit que s’accroître jusqu’au moment fatal où le Sud, en proie à un véritable accès de folie, voulut rompre les liens qui, en l’unissant au Nord par le pacte fédéral, avaient si grandement contribué à sa gloire en contribwant à sa prospérité.

En voyant le coton croître avec une prodigieuse facililé et faire rendre aux capitaux engagés des intérêts corsidérables, les planteurs furent conduits à penser que les États-Unis pourraient un jour, non-seulement fournir du coton en laine à toute l’Europe, mais encore le carder et le filer par des procédés mécaniques pour en fabriquer des éloffes. La réalisation suit de près la conception des projets chez ce peuple ambilieux et actif. Ils nommérent des délégués pour aller

cn Angleterre étudier les manufactures, el se procurer les machines nécessaires à l’accomplissement de leur projet.

Voulant favoriser les bonnes dispositions des planteurs, le congrès frappa d’un droit de trois pour cent par livre tous les cotons de provenance étrangère dont les États-Unis élaient alors approvisionnés, Les planteurs crièrent hurrah! et l’indigo, omnipotent jusquelà, céda partout, dans la Géorgie et dans la Caroline, la place au coton. Quelques années plus tard, le coton régnait en souverain dans le nouveau monde et exerçait une influence considérable dans l'ancien.

N’avais-je pas raison, en commençant, de dire que l'histoire de ce textile est une histoire remplie de merveilles!

Mais le coton, pas plus que tous les autres souverains parvenus, n’a atteint le summum de la puissance sans luttes, sans dangers et sans tätonnements. Les cultivateurs eurent un assez long apprentissage à faire pour rendre la cullure de ce textile aussi profitable qu’elle pouvait l’être. Il fallut apprendre à planter en grand le cotonnier et à en récolter la laine avec toute l’économie désirable. En s'inspirant des Indiens, les Américains se fussent épargné bien des essais; mais ils ne le firent pas, et ne s’instruisirent qu’à la rude école de l’expérience.

D'abord ils crurent utile de semer les cotonniers trèsespacés les uns des autres; l'expérience leur apprit qu'ils s'étaient trompés et que les cotonniers, plus rapprochés les uns des autres, produisaient autant et d'aussi belle matière. Dédaignant les engrais dans les premiers temps, ils ne tardèrent pas à se convaincre que cerlains engrais favorisent le développement de la plante et influent heureusement sur le coton. Ii fallut choisir un engrais, et l’analyse chimique de la

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