‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 148 sur 212 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ques-unes sont quatre fois plus considérables. Aux époques de la cueillette (on fait trois cueillettes de coton dans l’année), les plantations présentent le coup d'œil le plus pittoresque et le plus animé. Les nègres se rendent à la moisson munis de grands paniers dans lesquels ils mettent le duvet avec les graines.

Chaque nègre doit cueillir, suivant son âge, sa force, son degré d’habileté, de deux cents à trois cents livres de coton par jour. On cite des virtuoses en ce genre qui cuelilent jusqu’à six cents livres de laine végéiale depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. Geux-là travaillent réellement comme des nègres. Les enfants de huit à dix ans sont tenus de fournir, chaque jour, un panier pesant de trente à quarante livres. Après le coucher du soleil, les paniers remplis de coton sont portés dans l'habitation, où on les pèse.

La cueillette faite, les noirs s’emploient à séparer la graine du duvet. Dans les commencements, celle opération se faisait à la main, et il fallait une journée entière à chaque travailleur pour éplucher une livre de coton. Comme la graine dans une capsule pèse les deux tiers du poids général, on voit que le résultat obtenu n'était pas considérable. Aussi, pendant un assez long temps, n’a-t-on planté aux États-Unis que très peu de cotonniers, dans l'impossibilité où l’ôn se trouvait de séparer en temps ulile le duvet d'avec la graine.

La nécessité rend industrieux, et les Américains sont: doués du génie de la mécanique. Bientôt on fit usage d’un moulinet formé de deux à trois cylindres cannelés mis en mouvement par un mécanisme semblable à celui du rouet de la fileuse. Au moyen de ce moulinet, une personne pouvait éplucher soixante-cinq livres de coton par jour. C'était, comme on voit, un progrès considérable; mais ce progrès même ne’tarda pas à

tre dépassé par de grandes machines, mues, soit par des couran!s d’eau, soit par des chevaux ou par la vapeur. Une de ces machines nouvelles, mise en mouvement par un seul cheval et dirigée par trois ouvriers, fournit chaque jour neuf quintaux de coton épluché.

Nous sommes bien loin de l'épluchage à bras, et pourtant le “ernier mot n'est pas dit. En effet, le cotton-gin, inventé par un Américain de New-Haven, M. Élie Whaitnez, donne des résultats beaucoup plus avantageux encore. On se serl aujourd’hui du cotfon-gin dans toutes les plantations du Sud, mais on voit encore dans certains villages indiens, où l’on récolte du coton, éplucher ce produit avec la main, de même qu’on voit encore dans nos campagnes, en France, quelques bonnes vieilles femmes filer le lin à la quenouille.

Lorsque le coton est séparé de la graine, il subit une nouvelle opération qui achève de l’épurer. On vanne la laine végétale dans des tambours légers qui tournent rapidement sur eux-mêmes. Pendant que la matière est baltue dans cette machine, un courant d’air la traverse et balaye tous les résidus. Dégagé des matières pulvérulentes, le coton sort soyeux et du plus beau blanc.

Après le vannage, le coton est envoyé dans certains magasins pour y être mis en balles. On se sert pour cela de fortes presses qu’on fuit agir au moyen de grosses vis. Les balles faites, on attend un c'es bateaux à vapeur qui font sur le Mississipi l’office de transporter le coton des plantations, qui toutes sont baignées par le fleuve, jusque dans un entrepôt général près de la Nouvelle-Orléans.

Avant de les embarquer pour traverser la mer, les balles de coton sont soumises à une nouvelle et plus forte pression.

Rien n'était plus curieux, avant la guerre qui désolc

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