CHAPITRE XVII
Une chaise au nègre.
J'ai parlé de la chasse au nègre dans le chapitre précédent, et j'ai dit que j'en raconterais les péripéties monstrueuses. Je suis d’autant plus à même de tenir ma parole, que j’ai pu recueillir sur place les détails qu'on va lire.
Quelques hommes ont fait de la chasse au nègre une profession et se disent franchement chasseurs de nègres marrons. On les connaît et on a recours à leurs services.
Ils ont des chiens dressés à ce genre de chasse; on poursuit les noirs, on les cerne, on les force, quelquefois même on les Lire.
Ce sont les mêmes péripéties, les mêmes émotions que pour les chasses ordinaires; il n’y manque que des sonneries spéciales de trompe comme il yen a pour la chasse au cerf.
Quelques années avant mon voyage aux États-Unis, une chasse au nègre fut organisée par deux de ces traqueurs d'hommes. Voici dans quelles conditions horribles et romanesques elle s’est accomplie.
C'était sur les bords du Mississipi, dans une plantation isolée dont le propriétaire passait à juste titre pour méchant et débauché.
Parmi les esclaves nés dans l'habitation se trouvait une jeune mulâtresse, qui devint en grandissant d’une beauté remarquable.
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