‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 157 sur 212 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Dans le Sud des États-Unis, les femmes sont déve-" loppées de bonne heure. Elle était âgée de douze ans lorsqu'elle inspira une passion violente à un jeune quarteron de la plantation. Il avait espéré se faire aimer de la jeune fille, et par suite obtenir de leur maitre commun la permission de l’épouser; mais celui-ci la vendit pour le service d’une famille demeurant aux environs de la Nouvelle-Orléans.

Désespéré, le pauvre amoureux supplia le planteur de le vendre à son tour pour cette même ville, afin qu’il pût au moins de temps à’ autre apercevoir celle pour laquelle il aurait donné sa vie.

Le planteur, pour toule réponse, appliqua une vigoureuse paire de soufflets au solliciteur; ce qui voulait dire : Non, je n‘y consens pas.

. Quelques planteurs ont l'habitude de répondre ainsi à certaines demandes de leurs esclaves. C'est bref, mais significatif. :

L'infortuné reçut les soufflets sans se plaindre.

Trois jours après, il avait disparu.

Pensant bien que l’amoureux prendrait tôt ou tard le chemin de la Nouvelle-Orléans, et qu'il saurait bien

- découvrir la demeure de celle qu'il aimait, le planteur

paya des hommes de la police pour faire le guet auprès de cette maison et s'emparer du fugitif.

L'aimant de l'amour ne tarda pas en effet à attirer le quarteron vers la demeure de la jeune fille, ainsi que l'avait prévu l’homme du Sud.

Un soir, après le coup de canon réglementaire qui ordonne à tous les noirs esclaves de rentrer chez leurs maîtres, comme la retraite commande aux troupes de rentrer dans leur caserne, les gens de la police virent une ombre glisser le long du mur de la maison signaliée. Bientôt l'ombre s’évanouit pour laisser apercevoir un homme qui parut écouter s’il n’entendait aucun

bruit, et qui regarda autour de lui s’il ne découvrail personne.

Les hommes de la police, comme des chats en embuscade, ne bougèrent pas et ne respirèrent qu’à demi. Le quarteron se crut seul. Alors, déroulant une corde à l’un des bouts de laquelle se trouvait un crochet en fer, il la lança dans la direction du balcon, et si heureusement que du premier coup l’anneau alla s'y fixer. L'amoureux s’en saisit et y grimpa à la force du poignet, avec une vigueur peu commune. Mais il fut aussitôt entouré par les hommes qui le guettaient. Se voyant pris, l’esclave infortuné eut un accès de désespoir.

— Betzy, dit-il en s'adressant à celle qu’il aimait, je meurs pour toi!

Au même moment, une croisée s'’ouvrit et la jeune mulâtresse apparut.

— James, fit-clle avec un accent déchirant, je t'aime.

— Oh! dit avec exallation le prisonnier, qu’on entame mes chairs, qu’on me couvre de fers, je puis mourir à cette heure.

Le fugitif fut conduit à la geéle, où on lui appliqua les vingt-cinq coups de fouet que la loi, dans sa sollicitude éclairée, accorde comme maximum au maître qui en fait la demande pour punir son esclave. Plus de vingt-cinq coups de fouet mettraient en danger la vie du nègre, et la loi ne veut pas la mort du pécheur dans les Élats où il y a du coton, de la canne à sucre etdu riz à culliver.

Le bourreau de la geôle est partout un gaillard solide qui fait consciencieusement son devoir. Le premier coup, lancé d’une main ferme, produit une large boursouflure violacée, qui se dessine comme une ceinture sur les reins dénudés du martyr. Le second coup, appliqué un peu au-dessous du premier (c’est le talent

CS. RS es ts -iit: bé Gune

uvrail

n emdemi.

corde et en heufixer.

1 poiaussioyant r.

ait, je

et la nt, je

n enpuis

)liqua bilicie qui us de la vie dans et du

d Soprelarge ceinoup, alent

Page 1