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donne, vient puiser des forces nouvelles pour pouvoir | achever son quart. %
Nous en avons dit assez pour faire comprendre le travail de la machine.
Revenons sur le pont.
La traversée est souvent marquée par quelque inci- |! dent comique ou funèbre. | L
Celui qui marqua le quatrième jour de notre départ fut à la fois funèbre et comique. :
Le mari d'une vieille Anglaise, épuisé par une rnaladie dont il était atteint depuis longtemps, et par le mal de mer, mourut ce jour-là. L'usage invariable en pareil cas est de jeter le cadavre à la mer, après lui avoir altaché au pied un boulet de canon et avoir dit, sans pompe aucune, une prière pour le repos de son âme. Mais la pauvre veuve, qui voulait avoir la suprême consolation de pleurer sur la tombe du défunt, supplia d’une manière si pathétique le capitaine de conserver le corps de son mari jusqu'à l’arrivée, qu'il céda à ses instances.
Le corps ne fut donc pas jeté à la mer.
Mais quel moyen allait-on prendre pour combattre la décomposition à cette époque de l’année où la chaleur était grande ? Voilà ce que chacun se demandait, lorsqu'un loustic (il y en a à bord de tous les navires, comme dans toutes les casernes) s’avisa de dire que le mort était conservé dans la soute à la glace, et qu’il avait pu s’en assurer malgré les précaulions prises pour cacher cet horrible mystère. Or, comme tout le monde faisait un usage constant de glace pour rafratchir les boissons, et que l’eau même qu'on buvait n’était autre que de la glace fondue et tirée de cetie même soute où le mari de l’Anglaise, disait-on, se conservait pieusement à son amour matrimonial, ce fut parmi les passagers un cri d'indignation général.
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