CHAPITRE III
res à la déclaration d'indépendance qui marquent une généreuse tendance du gouvernement anglais, ou un progrès accompli dans la colonie.
La première école gratuite de New-York fut fondée en 1702.
Le premier journal parut en 1795.
La première bibliothèque s’ouvrit au public en 1729, Elle se composait de seize cent vingt-quatre volumes qui arrivèrent directement de Londres.
Enfin la première académie fut fondée en 1732.
Un chiffre curieux à constater, parce qu’il prouve à quelle puissance commerciale était prédestinée la première ville de l'Union, est celui-ci : de 1749 à 1759, deux cent quatre-vingt-six navires quitlérent le port de New-York pour l’Europe, chargis de farines, de grains, d'huile de lin, de fourrures, de bois à différents usages, de fer, etc.
En grandissant et en devenant forte, la colonie anglaise voulut, ce qui est assez naturel, couper ses lisières, s'affranchir de protections gênantes, marcher seuie et libre dans ses droits ei dans ses inspirations.
Eu 1765, une assemblée de délégués eut lieu à New- York afin de rédiger un rapport contenant les griefs des colons et la déclaration de leurs droits,
Une loi, plus vexatoire pour les colons que profitable à l’Angleterre, la loi du timbre, devint l’occasion du soulèvement général des populations.
Ces soulèvements de colons furent pour l’Angleterre le commencement de la fin, comme aurait dit Tallcyrand.
En effet, ce qui n'avait paru d’abord aux Anglais qu'une simple émeute, facile à réprimer, n’était rien moins que le début de la guerre de l'indépendance, dont l’issue, comme on sait, fut la proclamation de la république des États-Unis le 4 juillet 1776.
Dix ans après cet acte à jamais mémotable, la population de New-York avait doublé.
Et pourtant que de terribles épreuves n’eut-elle pas à supporter pendant ce court laps de temps où la fièvre jaune causa de si terribles ravages !
Mais le marlyrologe de la ville ne faisait que commencer, Voyez plutôt.
En 1832, le choléra asiatique, qui fit son tour du monde, comme un compagnon de malheur, se dressa, à New-York, un reposoir orné de quatre mille trois cent soixante viclimes.
Après la peste, ce fut le tour de l’incendie.
En une nuit, six cents maisons devinrent la proie des flammes.
La perte matérielle fut évaluée à cent millions de francs. Quant aux hommes qui périrent dans les flammes, on n’en sut jamais le nombre exact. Il fallut faire une large part à ce vaste brasier qui menaçait de tout consumer. La mine joua, et.on démolit bon nombre de constructions intactes pour isoler le foyer de l’incendie, dont les flammes gigantesques s’apercevaient à plus de dix lieues en mer.
Après la peste ct l'incendie, et comme pour couronner cet édifice de malheur, se manifestèrent partoul les crises commerciales qui se produisirent dans les années 1836 et 1837, ébranlant si profondément le crédit public.
Puis un nouvel incendie éclata en 1845, moins terrible que le précédent, il est vrai, maïs qui ne se liquida pas à moins de trente-cinq millions de francs.
Il y aurait en là de quoi ruiner à tout jamais un peuple moins viable que le peuple américain.
Mais qu'est-ce que les pertes d'argent quand il s’agit d’une nalion jeune, vigoureuse, entreprenante jusqu’à la témérilé, active jusqu’à la passion, secondée dans
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