‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 34 sur 212 · CHAPITRE 1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1V

par un certain pelit sentier boisé, et il s'était mis en observation en cet endroit.

— Si je le vois venir, s'élait-il dit, je courrai lever les piéges; s’il ne vient pas, je les laisserai, et de cette manière je ne ferai rien d'inutile,

Ilse mit donc en observation, Son calcul avait été juste jusqu'à un certain point ; le colonel, en elfet, passa par ce pelit sentier boisé; seulement, quand Arthur le guettait venir d’un côté, le colonel arrivait du côté opposé. Ayant vu quelque chose remuer dans le fourré, sir James, qui, lui, dans cette occasion, ne réfléchit pas assez longtemps, crut à la présence d’un renard et lâcha son coup de fusil, Un cri perçant du pauvre Arthur avertit le colonel que ce n'était point un renard qu’il avait touché. Heu:eusement, sir James avait tiré de très-loin, et quelques plombs se rlement allèrent se loger dans les parlics charnues du pauvre

diable. Il en fut quitte pour garder ‘: chambre tres

L jours et pour prendre quelques pré‘aulions en s'as-

seyant pendant quelques jours encore. Pour cicatriser ses blessures légères, le colonel, toujours généreux, lui avait donné deux cents livres sterling, soit cinq mille francs. A ce prix, Arthur eût consenti volontiers à servir tous les quinze jours de renard au colonel. Arthur connaissait le quincaillier du village voisin de la propriété dans laquelle il était employé, et il avait toujours dit : « Si jamais la fortune, qui est aveugle, se trompe de porte et er!r: chez moi, je la supplierai de m'établir quincaillier, » La fortune s'étant, en effet, trompée de porte, on l’a vu, Arthur put réaliser ses espérances. Il prit congé de ses patrons, et s’embarqua pour New-York. Le lecteur sait le reste.

Voilà l’homme, d’ailleurs très-intelligent et ne manquant point d’une certaine instruction, quenous devions

avoir pour guide dans nos pérégrinations de tourisles, sir James et moi.

Le lendemain matin, en cffet, Arthur Lee venait nous prendre à l’hôtel Saint-Nicholas pour visiter la ville ; mais seulement en qualité de guide officieux, voulant réfléchir encore avant d'accepter le titre de guide officiel. | Nous commençâmes par les églises.

Durisies,

ait nous ville ; voulant

de offi- CHAPITRE V

Les églises à New-York. — Quelques maisons historiques. — Staten-Island.

Nous avions choisi les ézlises pour but de notre première visite dans la ville, parce que nous étions arrivés au dimanche et qu’on ne peut faire que trois choses le dimanche à New-York : aller aux oflices, enterrer ses amis et éteindre des incendies. Heureux les Vew- Yorkers qui peuvent, dans un même dimanche, remplir successivement ces trois importantes fonclions; comme Titus, mais à d’autres titres, ils n’ont pas perdu leur journée. Que deviendraient les habitants de la ville impériale, s'ils en étaient réduits aux seuls offices divins, et s'ils n'avaient pas, pour passer agréablement les heures laissées libres par les sept cent soixante-quinze temples'des sept cent soixante-quinze différentes sectes protestantes, l'enterrement de leurs amis et les maisons à éteindre! Mais ce serait à mourir d’ennui; car, on à beau dire, la lecture de la Bible, quand on ne lit que la Bible, finit par manquer d'agrément. Fort heureusement, les amis sont là pourse faire enterrer le dimanche, avec musique en tête ; et il y a toujours à New- York une ou plusieurs maisons à mettre sous la pompe les jours fériés aussi bien que les jours ouvrables. Avant huit heures du matin, sir James et moi nous étions sur pied. À huit heures le gong vint, par son roulement infernal, annoncer aux habitants de l'hôtel qu'ils devaient avoir faim. De tous les organes, l’esto-

mac étant certainement le pluscomplaisant, moi quine déjeunais jamais avant midi à Paris, je fis comme toui le monde à New-York cu mangeant à huit heures du matin. |

Comme au diner dela veille, je vis à table des dames en grande toilelte de bal. La manie des Américaines, comme celle des Anglaises, est de se montrer décolle- M tées. Pour faire admirer leurs blanches épaules, elles 1 profitent de loules les occasions, et se décolleteraient M sans occasion aucune, par amour de l’art. C’est peutêtre pousser un peu loin l'amour de l’art, mais ce n’est point à moi, un peintre, qu’il convient d’adresser un semblable reproche au beau sexe américain et anglais; aussi n’ai-je jamais songé à m’en plaindre.

Comme nous finissions de déjeuner, apparut Arthur.

— Eh bien, Arthur, lui dit le colonel, avez-vous commencé à réfléchir si vous deviez ou si vous ne deviez pas accepter d’être notre guide ?

— Certainement, sir James; j'y ai même beaucoup

réfléchi.

— Et qu'avez-vous décidé, mon garçon?

1 E — Que je devaisenrcre réfléchir avant de rien décider,

— C'est toujours cela de décidé en attendant une meilleure décision. Décidément, c’est une belle chose que la réflexion.

Nous descendimes de l'hôtel par le grand escalier. Sous le péristyle, des nègres, tenant à la main un balai en forme d’éventail, nous arrêtèrent au passage pour brosser ou, pour parler plus exactement, pour balayer nos habits. Je trouvai cette habilude assez originale. Quand nous fûmes dans le Broadway, qui est à la ville de New-York ce que le boulevard est à la ville de Paris, Arthur dit au colenel :

— Mais qui a bien aussi son mauvais côlé.

Arthur répondait à l’observation de sir James, qui

noi quine mme tout deures du

les dames ricaines,

décolleles, elles leteraient est peutis ce n’est esser un Langlais ;

t Arthur.

vez-vous s ne de-

eaucoup

décider, Jant une Ile chose

escalier.

un balai ige pour balayer riginale.

à la ville le Paris,

nes, qui

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