‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 33 sur 212 · CHAPITRE 1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1V

point attendu, soyez-en bien persuadé. Si j'ai un conseil à vous donner, c’est de vous débarrasser de vos moustaches qui vous gênent beaucoup et d'attendre le plus philosophiquement possible que vos cheveux aient repris leur couleur naturelle.

— Mais que deviendrai-je à cette heure sans aucune ressource ?

— Restez avec nous. Notre intention à monsieur et à moi (mon cher monsieur Marcel Bonneau, je vous présente M. Arthur Lee... — Je saluai M. Arthur, qui me rendit mon salut), notre intention est de voyager un peu partout aux États-Unis, jusqu’à ce que l'envie nous reprenne de relourner en Europe. Voulez-vous être du voyage en ‘qualité de guide? Acceptez, et nous en serons heureux.

— Certes, répondit Arthur, j'ai assez traversé l’Amérique en tous sens, el je connais assez tout ce qui est de nature à offrir de l'intérêt aux étrangers pour pouvoir remplir convenablement les fonctions de guide ; mais dois-je abandonner ainsi brusquement l'espoir d'une capture si longuement méditée ?.. J'y réfléchirai.

— Je vous donne huit jours pour le faire, dit sir James.

— Huit jour:, c’est bien peu, répliqua Arthur.

Arthur Lee Gtait un type. Chez lui, le premier mouvement n'avait jamais rien que de sensé, mais il gàtait toujours tout par la réflexion, 11 avait la maladie de la réflexion. A force de peser le pour et le contre de chaque chose, il ne se décidait à rien, et, quand enfin il lui fallait prendre un parti, c'était toujours en regretlant de n’avoir pas eu assez de temps pour y réfléchir. L’âne de Buridan n’était pas plus hésitant, et je crois qu’Arthur serait mort comme lui à sa place. Dans la conversation il répondait souvent à une ré-

flexion émise un quart d'heure après et quand les

esprits avaient pris un cours tout différent. De sorte A qu’on ne savait pas ce qu'il voulait dire. Il avait réflé. as chi, Le chargeait-on d’une commission, au lieu de la les p faire simplement et promptement, il réfléchissait sur mani

les ordres qu'on lui avait donnés et ne manquait jamais Il < d'y trouver des inconvénients. II modifiuit de lui-même juste ces ordres, et comme, dans les modifications qu'il ap- pass portait, de nouveaux inconvénients se présentaientà À Arth

son esprit, il réfléchissait de nouveau, modifiait encore du cd ct prenait toujours une décision aussi tardive qu’extra- le fo vagante, quand toutefois il en prenait une. réflé

C'est ainsi qu’étant employé, en Écosse, dans une rena propriété où sir James devait chasser le renard, cette pauv malheureuse manie de la réflexion toujours et quand rena même faillit lui coûter la vie, On lui avait dit : avait

Le colonel sir James Clinton passera probablement allèr dans cette propriété aujourd'hui pour chasser le re- diab nard. Allez lever les piéges qui se trouvent tendus sur jours la route qu'il doit parcourir afin de prévenir tout acci-

seyai dent, et revenez. ses | Rien de plus simple et de plus naturel qu'une pa- lui a reille mesure, et il semblait qu’Arthur dût exécuter sa mille mission sans commentaires celte fois. Eh bien non, il à se se prit à réfléchir, suivant sa déplorable habitude, et Arth voici quel fut son raisonnement : la pt — Le colonel passera probablement par ici au- touj( jourd’hui, m'a-t-on dit. Probablement cela ne signifie se ti pas sûrement. Or, si le colonel ne vient pas, pourquoi plier enlever ces piéges? Il est vrai que, s’il vient, il est ur- tant, gent qu'ils soient enlevés, nos piéges n’élant point des ? put piéges à colonels. Que faire ? D tron Et Arthur se mit à réfléchir pendant deux heures. Au (+ lere bout de ce temps il trouva, comme toujours, un moyen * Ve

détestabie. Il avait calculé que le colonel devaitarriver 2% qua

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