‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 36 sur 212 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de Jérusalem, patriarches d'Alexandrie, patriarches d’Antioche, nestoriens, georgiens, grecs de Russie !… Pardon, messieurs, ajouta , le plus simplement du monde, Arthur, si je borne là la nomenclature des sectes qui fleurissent à New-York; mais la mémoire me fait défaut en ce moment... Par où voulez-vous commencer ? | |

— C'est fort embarrassant, dit le colonel, et je crois que le micux est de nous en rapporter au hasard.

s— Réfléchissez, reprit Arthur.

— C'est tout réfléchi, dit le colonel ; marchons.

Le hasard nous servit à merveille. Nous entrâmes d’abord dans un temple appartenant à une des sectes dont on vient de lire les noms, ou à toute autre, car elles sont innombrables aux États-Unis, et voici ce que nous vimes : | |

Les fidèles assemblés étaient tous assis dans des stalles et paraissaient faire leur examen de conscience. Aucun prêtre n’était en scène d’aucune façon. Le silence était complet. Nous attendimes quelques minutes sans soupçonner ce qui allait arriver. Déjà le colonel s’impatientait et faisait mine de vouloir se retirer, lorsqu'un des sectaires se leva de dessus sa stalle en poussant un profond soupir. Presque aussitôt un autre adepte se ieva à son tour de dessus son siége et, comme le premier, se mit à pousser un long soupir. Puis ce fut au tour d’un autre, qui fut bientôt suivi de tous les sectaires debout et soupirant à qui mieux mieux. Aux soupirs succédèrent des plaintes qui se changèrent en véritables gémissements. Quelques-uns ajoutèrent à leurs gémi:scments en faisant des gestes de désespoir. Je crus à une assemblée le fous. Bientôt nourtant les plaintes et les soupirs s’apaisèrent. Les -ectaires se rassirent sur leur stalle respective. Le silence se rétablit

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