CHAPITRE
— Du côté de la barrière de la Roquelte.
… Et vous comptez y habiter, colonel?
— Oui, dit-il, je compte m'y fixer dans un mois.
— Ne trouvez-vous pas que ce quartier de Paris est un peu triste?
— Non.
— Je crafgnais que le voisinage du cimelière..
— J'aime les cimetières, dit sir James Clinton en m'interrompant d’un ton de voix qui me glaça.
Mon funèbre modèle étant, comme d'habitude, parti
pour visiter sa construction, j'eus la curiosité de demander quelques éclaircissements à ce sujet. - — Savez-vous au juste, dis-je au domestique qui m'aidait à remettre en ordre mes matériaux de peintre, après chaque séance, où se trouve situé le terrain sur lequel sir James Clinton fait construire sa maison de plaisance ?
— Oui, me répondit le domestique; ce lerrain est situé dans le cimetière du Père-Lachuise, et ce que vous appelez sa maison de plaisance n’est autre chose qu’un tombeau.
Le pinceau faillit s'échapper de mes mains, Je me rappelai les paroles du colonel concèrnant sa propriété : « Je compte m'y fixer dans un mois, » or un mois était précisément le temps qu'il m'avait accordé pour faire son portrait. Nul doute, pensai-je, le malheureux a l'intention de se tuer, et, en véritable Anglais, il pousse l’excentricité jusqu'à vouloir se faire construire une tombe suivant ses goûts; ailleurs il ne se trouverait pas bien!
Le lendemain, je me sentis très-mal à mon aise devant cet homme qui, possédant, et bien au delà, tout ce qu'il faut pour être heureux en ce monde, fortune, titres, etc., s'était volontairement condamné à mort, et avait fixé le jour de son exécution. Bientôt, la pitié
succédant à l’effroi, je conçus l’espoir de pénétrer la cause de ce dégoût de la vie, et de détourner cette âme malade d’un projel si criminel.
D'abord je voulus m’assurer d’une chose :
— Colonel, lui dis-je, votre intention est sans doute de n’aller demeurer dans votre nouvelle propriété que lorsque votre portrait sera entièrement achevé ?
— Oui, me répondit-il ; mais, vous le savez, je suis pressé, el je compte qu’il sera prêt dans le temps déterminé suivant nos conventions.
A partir de ce moment, je me fis un devoir de conscience de peindre comme Pénélope faisait de la tapisserie, c’est-à-dire que tous les jours je défaisais régulièrement, pendant que le colonel était absent, ce que j'avais fait durant sa présence, |
Je ne sais s’il s’en aperçut, mais un jour il me dit d’un ton de vif reproche que mon travail n'avançait pas, qu’il ne serait certainement pas terminé pour l’époque fixée, et que, si je ne déployais pas plus d'activité, il se verrait forcé de faire faire, moins bien peut-être, mais plus expéditivement, par un autre, la besogne dont il m'avait chargé,
— Il faut, ajouta-t-il, que celte peinture soit envoyée à ma nièce, en Angleterre, le jour même où je quitterai cet hôtel pour aller habiter.
— Votre propriété de la barrière de la Roquette, n'est-ce pas, colonel ?
— Oui.
— Dans l'habitation que vous avez fait bâtir et dont vous surveillez la construction avec tant d'intérêt ?
Sir James Clinton fit un signe de tête affirmatif.
— Mais, colonel, continuai-je, est-il donc indispensable que vous quittiez ce bel hôtel, si vaste, si bien aéré, si confortable, pour aller vivre dans... ou plutôt
pénétrer la Pr celle âme
sans doute opriété que evé ?
ez, je suis.
mps déter-.
ir de conde la tapisisais régunt, ce que
il me dit nçait pas, " l'époque clivité, il peut-être, besogne
tenvoyée quitterai
oquette,
bâtir et at d’in-
if,
dispen- ‘si bien 1 plutôt