‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 45 sur 212 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les pompiers, — Les pompes et les incendies.

Nous n'avions pas marché durant dix minutes dans la direction de Canal street, qui est aujourd’hui le centre de New-York, et qui était, i! y a peu d’années, un large marais où l’on chassait le canard sauvage, quand nous fûmes arrêtés par deux compagnies de pompiers qui débouchaient dans la même rue, au bruit infernal du roulement des engins et du commandement des chefs de pompe criant à s’égosiller dans des porte-voix pour exciter l’ardeur des firemen et avertir les passants de se mettre de côté.

Dès que ces deux compagnies se trouvèrent en présence, il s’éleva de toute part un bruit effrayant de cris et de vociférations. Les pompes s’arrêtèrent court, et les pompiers se précipitèrent les uns sur les autres à coups de poing et avec un enthousiasme qui aurait fait honneur à nos zouaves eux-mêmes. On entendait, à travers la voix des chefs respectifs dans les porte-voix et les hurlements de Ja foule excitée par la vue des combattants, les coups de poing résonner sur les poitrines comme la grêle sur le toit des maisons.

Après quelques minutes de ce combat dont je ne pouvais deviner la cause, on releva ceux qui étaient grièvement blessés d’un bras cassé ou d’une côte enfoncée, pendant que les plus favorisés, c’est-à-dire ceux qui n'avaient que le nez à moilié écrasé ou qu’un œil en capitolade, se remeltaient à leur pompe &t

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