‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 46 sur 212 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

reprenaient leur course avec plus d'élan que jamais, pour raltraper le temps perdu, vers la maison incendiée dont les sinistres lueurs coloraient une partie du ciel.

— Qu'est-ce que cela? demandai-je à Arthur.

— Vous le voyez, me répondit-il de l'air le plus tranquille du monde, ce sont deux compagnies de pompiers qui, s'étant rencontrées, ont courtoisement échangé une volé oups de poing.

— Et pourqi change courtois, comme vous l'appelez ?

— Eh bien, est convenable aux États- Unis, quand deux «.,:p gnies de pompiers se rencontrent, qu’elles se saluent comme vous venez de les voir faire.

— Vous voulez rire, Arthur?

— Je parle sérieusement, et ce qui vous étonne, parce que vous êtes nouvellement débarqué d'Europe, vous paraîtra très-naturel quand vous vivrez depuis quelque temps en Amérique. Moi qui vous parle, je trouve très-bien que des pompiers se battent toutes les fois qu’étant pressés de se rendre au feu, ils se rencontrent, y allant.

— Mais d’où vient cet usage barbare ?

— Je vais vous le dire. Autrefois, au temps où les pompiers n'étaient pas comme aujourd’hui des volontaires désintéressés, éteignant les incendies pour le seul plaisir de les éteindre, et appartenant aux plus riches familles de la ville, pour stimuler leur ardeur, on avait établi une prime assez considérable en faveur de la compagnie qui, la première, se rendrait sur le lieu du sinistre. Quand deux compagnies se rencontraient, c'était naturellement à qui se dépasserait, et le plus souvent on en venait aux mains. Depuis longtemps, la raison de ces luttes a disparu; mais les luttes

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