‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 59 sur 212 · Ne pas tuer d'animaux · texte numérisé non relu

Ne pas tuer d'animaux

2. Ne pas manger de viande ni rien de ce qui provient des animaux.

(Toutefois les légumisiles veulent bien autoriser le lait en faveur des nouveau-nés. Et même il est quelques dissidents qui se le permettent à eux-mêmes, disant que le lait n’a rien de commun avec la chair.)

3. N’ajouter aux mets dont on fait usage ni sel ni épices d'aucune sorte;

4, Ne jamais, et sous aucun prétexte, séparer le son de la farine pour faire le pain ;

5. S'abstenir, en dehors de l’eau pure, de boisson de quelque nature qu'elle soit, même du thé et du café.

Nota. Les exercices corporels marchant de pair avec la régénération morale, les membres du club des légumistes sont invités à faire de la gymnastique, à monter à cheval, à se baigner, etc. En outre, ils doivent porter des vêtements simples, conformes à la nature, et non souris aux caprices de la mode.

Cette sociélé cite parmi les tempérants illustres, dans l'antiquité, Pythagore, Porphyre, Plutarque; au moyen âge, Th. Tryon; dans le milieu du dix-huilième siècle, le docteur Cheyne; parmi les modernes, Linné, Bernardin de Saint-Pierre, Franklin, etc. Ce club fonde tout son système sur la constitution anatomique de l’homme, qui, disent les membres de cette association, est fait pour se nourrir de végétaux.

La conslitution de l’homme indique toul le contraire, et les hommes qui mangent de la viande sont plus vigoureux et vivent plus longtemps que ceux qui s’en privent. Mais les hommes voient toujours ce qu’ils seulent voir, et bien rarement ce qui est.

Des associations sérieuses, des institutions philanthropiques libres, comme toutes les sociétés aux États- Unis, viennent corriger ce qu'il y a d’extravagant et d'inutile dans certains clubs. Ajoutons que la charité trouve parfois des moyens ingénieux pour venir en aide aux nécessiteux.

J'ai assisté à un grand bal donné ou profit des pauvres par une dame gracieuse autant que spirituelle et bonne, qui avait imposé à ses nombreux invités les conditions suivantes :

Les messieurs étaient tenus de porter un pantalon noir ou de couleur foncée, d’une bonne et chaude étoffe, un gilet de soie noire, des bottes et un paletot qu’ils avaient le droit de quitter, avant d'entrer au salon.

Les dames devaient se parer simplement d’une robe | de laine à corsage montant, d’un chapeau de ville et de brodequins.

Le lendemain du bal, tous les invités devaient envoyer à la maîtresse de la maison les robes, les habits et toute la défroque pour être distribués par elle aux malheureux qui souffraient de la rigueur excessive de l'hiver.

Le bal eut lieu conformément au programme. Sans doute il ne présenta pas un aussi beau coup d'œil que si on eût laissé chacun libre du choix de sa toilette et de toute sa parure; mais on ne se divertit pas moins pour cela, et les pauvres familles de New-York gagnèrent à ce bal, outre une certaine somme d'argent, pro- . duit d’une collecte, trois cents excellentes robes, autant de pantalons, de gilets, de paletots, de chapeaux d'hommes et de femmes, de cravates, de paires de brodequins et de bottes, de mouchoirs de poche, et le double de paires de gants.

Beaucoup de gens s’imaginent que la misère est le

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