CHAPITRE III
hattan^ et qui, dans le langage des sauvages, signifie l'endroit ou ils se sont tous enivrés.
Les Indiens ne furent pas longtemps h reconnaître que Henri ïludson n'était point un dieu, et ils revinrent à leurs manitous en bois et en pierre, qui sont les véritables manitous. Malgré celte désillusion, qui dut èlve cruelle pour beaucoup d'entre eux, le navigateur n'eut qu'à se louer des naturels du pays, généralement doux et naïfs.
Frappé des beautés de la rivière du Nord, qui encadre l'île avec la rivière de l'Est, il la remonta jusqu'à l'emplacementoùest aujourd'hui bâtie la ville d'Albany capitale de l'Élat. Partout, dans ce trajet, Hudson reçut des protestations d'amitié de la part des Indiens, qui firent avec lui des échanges de différents objets naturels et fabriqués.
En souvenir de cette exploration, la rivière du Nord prit le nom, qu'elle a conservé, de Hudson's River.
L'heureux navigateur anglais redescendit la rivière du nord et remit à la voile pour l'Europe, où il arriva sans accident notable peu de temps après son départ de la rive américaine.
Le rapport favorable qu'il fit en Hollande de sa découverte donna lieu à une expédition composée de deux navires qui mirent à la voile dans le courant de l'année 1614. Ces navires étaient commandés par Adrian Blocket Hendrict Christianse.
Ce fut sous les auspices de ces deux capitaines que furent construites les premières habitations européennes sur l'emplacement de New-York.
Ces habitations ne s'élevèrent d'abord qu'au nombre de quatre, protégées par une redoute qui fut bâtie l'année suivante.
Ils nommèrent ce petit groupe de maisons la Nouvelle-Amsterdam.
Pendant les premiers temps, ce ne fut pour les Hollandais qu'un simple poste commercial et militaire, ayant pour unique objet le trafic des fourrures.
Tout le monde sait ce qu'est devenu, en si peu d'années, le modeste poste des Hollandais, converti en une des plus grandes et des plus riches villes du monde. Mais on ignore généralement par quelle suite d'événements celte étonnante conversion s'est opérée. C'est ce que nous allons faire savoir en quelques mots.
L'île de Manhattan était un trop joli morceau pour ne pas être convoité. L'Angleterre le convoita, et fit si bien, qu'elle l'enlevaaux Hollandais en 1664, qui l'enlevèrent aux Anglais en 1673, qui l'enlevèrent de nouveau aux Hollandais un an plus tard, mettant ainsi en pratique, avec une persévérance remarquable, cette loi des nations conquérantes: « Ole-toi de là que je m'y mette. » Alors seulement les Anglais donnèrent à la Nouvelle-Amsterdam le nom de New- York, en l'honneur de James, duc d'York, à qui Charles II en avait fait présent. Si nous avions à faire ici une histoire de cette riche et magnifique cité, improvisée par la civilisation moderne qui a improvisé tant et de si belles choses, que de faits intéressants sous tous les rapports ne trouverions-nous pas à relater!
New-York, comme tout ce qui est grand et fort, ne s'est point élevé sans luttes. Tour à tour opprimé par des gouvernements despotiques qui agissaient sous l'impulsion de rois anglais superstitieux et ty ranniques , en proie aux dissensions intestines; envahi par les Français du Canada^ etc., etc., il n'a pris tout son essor qu'avec la liberté. De l'indépendance, en effets date sa double prospérité morale et matérielle, ainsi que celle de toutes les villes des États-Unis.
Toutefois, il convient d'être juste envers tout le monde, et nous ne saurions oublier les dates antérieu-