‹ L'Amérique telle qu'elle estChapitre 89 sur 188 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nous l'avons mangé tout entier, malgré certains défauts que je vous ai signalés, mais que nous lui avons pardonnés en faveur de ses bonnes intentions.

Hélas ! que d'infortunés martyrs de la foi ont eu une fin aussi tragique que celle du révérend P. Antonio Galvez !

Nous ne restâmes que peu de jours à Saratoga. Les plaisirs trop renouvelés d'une société par trop bruyante fatiguèrent promptement le colonel, qui d'ailleurs ne se sentait pas très-bien portant. Il proposa de repartir pour New -York, afin de prendre un repos devenu nécessaire, se réservant de continuer le cours de nos pérégrinations, dès que le moment paraîtrait favorable.

Nous nous mîmes donc en route pour la ville Impériale, Arthur réfléchissant toujours à de nouveaux moyens infaillibles pour s'emparer de son ex-associé. En rentrant à l'hôtel Saint-Nicholas, nous vîmes un couple de nouveaux mariés, qui, suivant un usage assez curieux, venaient faire parade de leur bonheur, en prenant possession de ce qu'on appelle dans les hôtels américains la chambre delà mariée. Cette chambre où vient s'abriter l'amour vaniteux, se loue à raison de trois cents francs par jour. Là, le velours, la soie et l'or sont prodigués, et la jeune mariée, avec un peu d'imagination, peut se croire l'heureuse épouse de quelque prince Charmant. Mais l'illusion est de courte durée, et les quartiers de la lune de miel se succèdent aussi rapidement en Amérique qu'en Europe.

Le lendemain les oiseaux amoureux avaient abandonné leur cage dorée, pour une cage plus modeste. S'y sont-ils trouvés moins bien? S'ils s'aimaient réellement, certainement non.

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