APPLIQUE EN BRONZE DORE
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du siècle environ. Fouquet en avait neuf. Louis xiv, rapporte V Histoire amoureuse des Gaules, offrit à La Vallière un lustre en cristal de 2000 louis. Bussy Rabutin, pour une fête dont il faisait la galanterie à Mme de Sévigné, suspendait " cent chandeliers de cristal " aux arbres du jardin du Temple. Enfin la chambre du Trône, à V^ersailles, était ornée d'un monumental lustre de cristal en forme de couronne, à seize branches, haut de six pieds large de quatre, qu'on allumait les soirs de gala et qui se composait, dit l'Inventaire du 22 avril 1697, d'un " entablement sur lequel sont
posées huit consoles de cuivre doré garnies de pierreries, vases dessus, et boules de cristal par les côtés qui portent une couronne royale ; entre les huit consoles sont huit grosses pièces de cristal taillées en cœur, ledit entablement supporté par huit autres consoles et huit demiconsoles enrichies de cristaux, et au-dessous deux cercles dorés, garnis de pierreries et enrichis de belles boulles de cristal, dont une très grosse le termine." Qui sait le prix auquel était estimé alors le cristal de roche comprendra le luxe d'un pareil meuble. Sa valeur dépassait de beaucoup celle des autres lustres en cristal de Milan que nous révèlent un grand nombre d'Inventaires, et ces hautes girandoles que portaient dans tous les coins des salons des guéridons sculptés, — heureusement pour la clarté des pièces, car les lustres, pour beaux qu'ils fussent, éclairaient assez mal à cause de leurs larges bobèches qui interceptaient la lumière.
Enfin, un mot des lanternes. On sait qu'au moyen-âge, quand le verre était encore fort coûteux et rare, les vitres (si l'on peut dire) des lanternes étaient en corne très mince ou bien en papier et parchemin huilé, comme celles des fenêtres. Ces lanternes à
LLSTRE. PAR liuULLE.
L'AMEUBLEMENT LOUIS XIV
papier huilé restèrent très répandues pendant tout le xvii° siècle et même plus tard ; les marchands d'oubliés, les porte-falots chargés d'éclairer les passants la nuit, notamment, en usaient ; et aujourd'hui encore on s'en sert pour les illuminations. Mais les lanternes de luxe, pour les appartements, étaient en verre. En 1668 déjà, les Comptes des bâtiments nous en montrent huit dans la grande galerie du Louvre, et il en fut d'autres à Versailles. Quels que fussent d'ailleurs le luxe et la richesse de ces lanternes d'appartement, il faut observer qu'elles étaient toujours à verres plats, attendu que l'on ignorait encore l'art de bomber et de courber les vitres.
Il n'y a pas lieu de disserter beaucoup au sujet de ces pendules " de Boulle " si connues, posées sur des gaines ou sur des consoles, qui ornaient alors les logis, et dont d'innombrables imitations emplissent aujourd'hui nos maisons. On en pourra voir, à Londres, de fort belles dans la collection Wallace et de plus magnifiques encore à Paris : soit cette pendule provenant de l'abbaye de St. Victor qui se trouve actuellement à l'Arsenal, soit cette superbe horloge de notre Conservatoire des Arts et Métiers, malheureusement un peu gâtée par une restauration moderne, dont la base, triangulaire, est habillée de panneaux concaves en marqueterie de cuivre et d'écaillé, et dont le cadran tournant, sphérique, est supporté par deux figures en bronze doré d'Atlas et d'Hercule.
Mais cette étude de l'ameublement du Grand Siècle ne serait pas complète si nous ne parlions, si brièvement que ce fût, des bibelots de toutes sortes qui ornaient les pièces de Versailles.
Louis XIV ne semble pas avoir eu beaucoup de goût pour l'ivoire, mais il en eut un extrême, comme tous ses contemporains, pour le filigrane, goût qui s'explique si l'on songe que le filigrane se fabriquait alors beaucoup moins