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d écaille, les meubles de marqueterie. Lt I humidité de je\n bérun
ruina vite ces fragiles merveilles, dont il ne reste rien aujourd'hui, si ce n'est peut-être ces deux grands coffres de mariage, qui faisaient autrefois partie des collections de San Donato et dont nous avons parlé plus haut. On pourra d'ailleurs se faire très aisément une idée des œuvres de Boulle, en visitant la galerie d'Apollon, au Louvre, où l'on a réuni des spécimens des principales formes qui sortaient des ateliers du célèbre ébéniste. Mais il faut penser que la plupart de ces meubles ont été très restaurés, que leur réunion est due au hasard, car ils n'avaient été faits ni pour être ensemble ni pour décorer la galerie d'Apollon, et qu'enfin plusieurs d'entre eux manquent de leurs supports et sont incomplets en partie.
Divers autres artistes ébénistes travaillaient en même temps que Boulle. Tels le marqueteur Pierre Poitou, des Gobelins, qui fit le parquet incrusté de cuivre et d'étain du Cabinet des Médailles ; Jacques Sommer, qui fit également plusieurs célèbres parquets marquetés ; Jean Armand, auteur de belles estrades en bois de rapport, notamment ; les Foulon, qui travaillèrent pour le Dauphin ; Percheron, dit Lochon, qui faisait de la marqueterie à la fois et ciselait le bronze comme Cucci ; le tapissier Boult, qui fournit en 1678 trente-six chaises de noyer pour l'Académie française, etc. Mais le principal de ces artistes, celui qui recevait des gages égaux à ceux de Boulle, c'était Alexandre-Jean Oppenord.
Né dans les Flandres en 1639, il vint s'établir à Paris, dans l'enclos du Temple, et reçut le titre d'ébéniste du Roi. Il fut naturalisé Français en 1679, et logé en 1684 au Louvre. Il eut trois enfants, dont le plus célèbre fut Gilles-Marie Oppenord (i 672-1742). Comme Boulle, il faisait toutes sortes de meubles et les décorait de bronze ; et il n'est guère possible, aujourd'hui, de distinguer ses œuvres de celles de son émule qu'il égalait sans doute en talent.
Lorsque les grands désastres de la fin du règne eurent fait prendre aux ouvrages d'orfèvrerie des Ballin, des Villers, des Delaunay le chemin du creuset de la Monnaie, on exécuta une quantité de sculptures sur bois pour les remplacer. A côté de Caffieri vieillissant, le principal dessinateur et sculpteur ornemaniste de la fin du règne fut Robert de Cotte (1636-1735). Pendant longtemps, il eut une situation analogue à celle qu'avait eue Le Brun : à partir de 1699, il dirigea les manufactures du Roi. C'est lui qui fut le principal artisan du style nouveau qui allait
L'AMEUBLEMENT LOUIS XIV
s'épanouir sous la Régence. Sur ses dessins furent exécutées les boiseries de Notre-Dame par Du Goulon (ou Des Goulons), Louis Marteau, Jean Nel, Belleau.
A côté de Robert de Cotte, il faut citer Pierre Le Paultre qui exécuta le banc d'œuvre de St. Eustache d'après les cartons de l'architecte Cartaud, et François Mercier qui fit le banc d'œuvre de St. Germain l'Auxerrois sur les dessins de Le Brun. Et cette liste serait facilement allongée ; mais nous n'avons voulu jeter qu'un coup d'œil sur le personnel qui exécuta le grand décor de la Monarchie.