‹ L'ameublement français au grand siècleChapitre 7 sur 44 · MUSEE DES ARTS · texte numérisé non relu

MUSEE DES ARTS

le Mercure de septembre 1679 : lorsque la reine d'Espagne revint à Paris, elle trouva, nous dit-il, " tous les meubles de son appartement, qui estoient d'été quand elle partit pour Fontainebleau, changés en meubles d'hiver d'une magnificence extraordinaire." De la Cour, cette mode de varier les décors selon les saisons gagna la Ville, puis la province. Et si elle était coûteuse, du moins faut-il avouer qu'elle était charmante.

A la fin du XVI* siècle, sous l'influence du goût italien qu'avait tant contribué à répandre Catherine de Médicis, commence une sorte de révolution dans la conception du meuble. Depuis Henri IV surtout, on accorde désormais à la richesse de la matière une attention que le xvi" siècle, au goût si pur et si fin, n'avait guère donné qu'à la qualité de l'exécution. Jusque-là nos bois français, le poirier, le noyer avaient suffi à contenter. Désormais, ces bois vulgaires sont méprisés : l'ébène apparaît d'abord, bientôt suivi par les bois rares et exotiques, posés en placage, qu'on incruste d'ivoire, puis d'écaillé, de bronze, de toutes les matières les plus précieuses, de pierreries même. C'est ainsi qu'aux buffets et aux coffres en matière commune dont la sculpture faisait tout le prix se substituent les somptueux et fragiles " cabinets " : l'ébénisterie est inventée ; l'ébéniste remplacera désormais le huchier.

Ainsi ce qui, à première vue, caractérise le mobilier du xvii* siècle, c'est cette richesse purement matérielle. Sous Louis xiv, elle sera égalée par la qualité du travail et de l'exécution ; ainsi l'équilibre s'établira. Toutefois il reste qu'on n'estimera plus désormais un meuble comme très beau que pour autant qu'il sera excessivement riche.

Et on retrouve dans tout l'ameublement et, à y regarder de près, jusque dans le dessin d'ornement qui caractérise si bien les styles, ce goût pour l'opulence matérielle.

Sous Louis XIII, le style de la Renaissance règne toujours dans la décoration, mais il a perdu cette grâce pure, cette souple et juvénile élégance qu'il avait ; en revanche il s'est alourdi et considérablement enrichi.

Ce qui caractérise le mieux la sculpture ornementale de cette époque, c'est l'emploi de la plante naturelle : on a renoncé aux fleurs stylisées, aux sobres, secs et nerveux rinceaux ; les figures

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