CHENONCEAUX
La partie inférieure de la chaire, celle qui était comprise entre ce que nous appelons les pieds, était souvent formée par un coffre garni de sa serrure, où l'on pouvait ranger des objets divers. Il en était ainsi notamment des chaires placées auprès du lit et dont Corrozet parle en son "blason." La chaire servait ainsi de fauteuil et de petite armoire tout à la fois, où Madame rangeait son linge de nuit. Quand la dame était souffrante ou fatiguée et, conformément à l'usage du temps, recevait ses amis en gardant le lit, cette chaire était la place de faveur réservée à la personne qu'elle voulait honorer spécialement. " En la chambre des dames, écrit Aliénor de Poitiers, doit avoir une chaire à dos emprès le chevet du lict, couverte de velours ou d'autre drap de soie, ne chault de quelle couleur il soit ; mais le velours est plus honorable qui se peut recouvrer ; et au plus près de la chaire y aura place où on peut mettre un petit banc sans appois, couvert d'un banquier (housse) et des carreaux de soye et autres, pour s'asseoir quand on vient voir la dame."
^^—^ Et il arrivait que cette précieuse
chaire servît encore de table de nuit, car le panneau du dossier était souvent disposé de façon que, se rabattant par des charnières, il se posât horizontalement sur les accoudoirs.
Les chaires à dossiers étaient faites pour être placées contre le mur, comme suffirait à l'indiquer le dossier lui-même dont la partie postérieure est toujours nue et privée de toute ornementation.
Nous avons dit que le fauteuil était un pliant, aussi, dans les inventaires du temps, l'appelle-t-on souvent "chaise brisée " ou " chaise à tenailles." Il est tendu de cuir ou d'étoffe, un meuble par conséquent où l'art du menuisier avait peu de champ où se déployer.
Quant aux chaises proprement dites,
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LES SIEGES