FAUTEUIL. MUSEE VICTORIA ET ALBERT
le xvie siècle en a déjà connu une grande variété : chaises à double dossier, chaises tournantes, chaises à ciseaux qui s'ouvraient et se fermaient comme un gaufrier, chaises tournantes sur pivot, jusqu'à des "chaises à ressorts " qui paraissent bien avoir été les devancières de nos fauteuils mécaniques.
On appelait "caqueteuses" ou "caquetoires " une sorte de " chaise basse " ou fauteuil portatif, avec accoudoirs sur balustres, que les dames affectionnaient au cours de leurs visites. Le dictionnaire de Trévoux définit la caquetoire : " Chaise basse qui a le dos fort haut et qui n'a point de bras, où l'on babille à l'aise au coin du feu." La fabrication paraît en avoir été plus particulièrement une spécialité des ateliers Lyonnais. Parlant des caquetoires, Henri Estienne écrit : " A Paris, on avoit donné ce nom aux sièges sur lesquels les dames estans assises monstroient qu'elles n'avoient point le bec gelé." Ces sièges étaient généralement couverts d'étoffe. On lit dans l'inventaire des meubles de Catherine de Médicis : " Deux petites chaises caquetoires de tapisserie à gros poinct, garnies de franges de soye verte et crespines d'or." Et dans celui de Louise de Lorraine : " Deux couvertures de petites chaises caquetoires de soye de diverses couleurs rehaulsées d'or et d'argent, aussy sur canevas, estimées à raison de 40 sous pièce."
Nombre de ces sièges étaient tendus d'une bande de cuir ou d'étoffe entre leurs montants. On en a un exemple au Louvre, un autre à Carnavalet.
À peine est-il besoin d'ajouter que les boiseries des chaises, comme celles des autres meubles, étaient souvent peintes de vives couleurs, mettant leur note dans la polychromie générale de l'ameublement. D'autres fois ce sont des placages de marbres de couleur, des incrustations de nacre, dont l'harmonie reste dans la même gamme.
La collection Martin Le Roy à Paris possède quelques chaises de l'époque de la Renaissance qui peuvent être rangées parmi les plus belles qui soient venues jusqu'à nous.