‹ L'ameublement français sous la renaissanceChapitre 33 sur 36 · L'ART DÉCORATIF DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

L'ART DÉCORATIF DE LA RENAISSANCE

jour davantage, les cabinets d'essences exotiques, avec appliques de marbres ou d'essences précieuses, remplacent les vaillantes armoires en bois sculpté.

Avec Catherine de Médicis l'invasion Italienne avait reçu de nouveaux encouragements. Et voici que ce ne sont plus seulement des artistes de grande allure, comme ceux qu'on avait vus sous Charles vin, François Ier et Henri 11 ; mais des virtuoses au goût bizarre, aux conceptions lourdes et outrées, recherchant la décoration théâtrale, l'effet, l'apparat, ce qu'on appelle en style d'atelier "le coup de poing."

Il est vrai que, dans ce tumulte, quelques lignes plus calmes ne tardent pas à se dessiner. On en salue la bonne augure en des meubles d'ébène qui font leur apparition en ce début du xvne siècle, où l'on voit briller les premiers filets de cuivre. Le jeu des tons, le dessin des lignes et des arabesques d'or sur le bois noir remplace la beauté perdue que donnaient la différence des plans et les jeux d'ombre et de lumière du bois ouvragé. Le menuisier, comme nous venons de le dire, devient ébéniste, mais du moins, dans cette aurore encore indécise d'un art nouveau voit-on briller les premiers rayons sous lesquels naîtra l'art du Grand Siècle, l'art des Boulle et de leurs successeurs.

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