‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 103 sur 276 · ABEL · texte numérisé non relu

ABEL

^ E petit Abel, à peine âgé de huit ans, venait de perdre sa •^ mère. Il en fut si affligé, que rien ne pouvait lui rendre la gaîté si naturelle à son âge. Sa tante fut obligée de le prendre chez elle, de peur qu'il n'aigrît encore , par sa tristesse, la douleur inconsolable de son père. Ils allaient cependant le voir quelquefois. Abel quittait alors ses habits de deuil; et quoiqu'il eût le chagrin dans le cœur, il s'efforçait de prendre une figure joyeuse. M. Du- ^^^^M-^"*^ ^'^1 ^tait sensible à cette attention délicate de son fils ; mais il n'en ressentait qu'avec plus d'amertume le mal- ^é\Ll'>^^>^. heur d'avoir perdu la mère de cet aimable enfant ; et son désespoir le poussait à grands pas vers le tombeau.

Il y avait près de quinze jours qu'Abel n'était allé le voir. Sa tante, sous différents prétextes, avait toujours éludé ses instances. M. Duval était dangereusement malade. Il n'osait demander à embrasser son fils , craignant de lui porter un coup trop douloureux par le spectacle de son état. Ces combats paternels, joints à la violence de ses regrets, abattirent tellement ses forces, que bientôt il ne resta plus aucune espérance de guérison. Il mourut en effet le dernier jour de l'année. Le lendemain Abel s'était éveillé de bonne heure, et il tourmentait sa tante , pour qu'elle le menât souliaiter la bonne année à son père. Il vit qu'on lui faisait reprendre ses habits de deuil.

ABEL. Pourquoi ce vilain noir aujourd'hui que nous allons chez mou papa? Qui est donc mort encore? Sa tante était si affligée qu'elle n'eut pas la force de lui répoudre.

ABEL. Eh bien ! si vous ne voulez pas me le dire, je le demanderai à mon papa. La bonne dame ne put pas y tenir plus longtemps; et laissant éclater sa douleur : C'est lui, c'est lui qui est mort, dit-elle.

ABEL. Il est mort ! 0 mon Dieu, ayez pitié de moi 1 C'est d'abord maman, et ensuite mon papa! Pauvre petit enfant abandonné que je suis, sans père ni mère! 0 .mon papa! 0 maman! Abel, à ces mots, tomba évanoui dans les bras de sa taule, qui eut beaucoup de peine à le faire

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